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B.B. KING - Blues On The Bayou (1998)
Par LE KINGBEE le 17 Septembre 2017          Consultée 293 fois

Nous sommes en 1998, B.B. KING, l’une des dernières légendes du Blues, décide pour la première fois de produire un disque. Le bonhomme a tout de même 73 balais au compteur, se produit encore près de 270 fois par an. Le gars est sur la route par monts et par vaux, qu’il neige ou qu’il vente.
Le septuagénaire est toujours au sommet de sa forme, il a enregistré un an auparavant « Deuces Wild » où il se frottait aux grands noms du Rock et de la Country, album de duos qui a connu un gros succès auprès du public international. Le guitariste très porté sur la religion a même rencontré le Pape Jean-Paul II. En 1998, B.B. KING est la star incontestée du Blues.
Mais notre icône veut revenir aux sources, aller à l’essentiel avec un album à l’ancienne. Il emmène sa troupe de musiciens, pratiquement ceux avec lesquels il joue depuis dix ans, au Dockside Studio à Maurice, une bourgade au sud de Lafayette en Louisiane. Pendant quatre jours, la joyeuse troupe va enregistrer, se tournant résolument vers les basiques du Blues. Ici, pas de rock star en guest, mais du brut !

« Blues On The Bayou » propose un amalgame d’anciennes chansons et de nouveaux titres interprétés comme on le faisait encore à la fin des années 70. Si le bonhomme est devenu une star internationale, ne cessant de parcourir le monde afin de donner des concerts devant des salles combles, il est bien décidé à reprendre certains de ses vieux titres parfois inusités en les remodelant totalement. Enfermé quatre jours durant au Dockside Studio, la troupe met en boîte 15 titres sous la présence de l’ingé-son Tony Daigle, un gage de qualité et de pertinence.
L’instrumental « Blues Boy’s Tune » ouvre les débats avec une intro d’orgue qui nous renverrait presque sur le banc d’une église. Le guitariste ne tarde pas à se charger du chant sur « Bad Case Of Love ». Là, on se retrouve à mi-chemin entre l’église du coin et la route, plus tentatrice, du diable. Tout y est: Lucille, la célèbre guitare de B.B. KING ronronne merveilleusement, le chant est profond et expressif, la basse bien ronde se permet un petit solo tandis que l’orgue vient napper le tout. KING nous délivre deux pépites de slow blues à caractère plus ou moins autobiographique avec « I’ll Survive » et « Blues Man ». « Mean Ole’World » fait office de shuffle old time porté par le piano de James Sells Toney (mort en 2007). Le chant se fait plus puissant sur « Broken Promise », titre dans lequel le KING assène une démonstration de guitare-blues enveloppée par l’orgue de son vieux complice. Il revisite « Shake It Up And Go », un standard gravé en 1952 pour RPM, dont on apprécie au passage l’ironie des paroles: « You might be old, about 90 years - But you ain't too old to shift them gears- You can shake it up and go ». Comme quoi, le septuagénaire a encore de belles années devant lui. L’instrumental «Blues We Like » dévoile une symbiose entre la guitare et le piano qui semble lui répondre. Autre grand moment avec « I Got Some Outside Help I Don’t Need », morceau des années 70 figurant sur l’album « L.A. Midnight », se retrouve ici complètement transfiguré. Le vieux grigou nous offre une bonne nouveauté avec « Blues In « G » », une pièce fluide et limpide comme de l’eau de roche et termine sa visite des bayous avec un instrumental « If That Ain’t It I Quit » sans fioritures.

Avec ce nouvel opus plus personnel, le guitariste qui, depuis des années, avait accumulé les albums pour public lamda, avec de grosses productions parfois intempestives et des invités pour faire vendre, revenait à des schémas plus traditionnels et respectueux. Ici, pas d’overdub ni de synthétiseur mais un disque sans retouche qui décroche un Grammy Award en 2000. Peut-être le meilleur disque de BB KING (son 36ème album studio si mes comptes sont bons) pour la décennie 90. Un disque sans la moindre pièce faible.

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   LE KINGBEE

 
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- B.b. King (chant, guitare)
- Leon Warren (guitare rythmique)
- James Sells Toney (claviers, piano)
- Michael Doster (basse)
- Tony Coleman (percussions)
- Calep Emphrey Jr. (batterie)
- James Bolden (trompette)
- Stanley Abernathy (trompette)
- Melvin Jackson (saxophone)


1. Blues Boys Tune.
2. Bad Case Of Love.
3. I'll Survive.
4. Mean Ole'world.
5. Blues Man.
6. Broken Promise.
7. Darlin' What Happened.
8. Shake It Up And Go.
9. Blues We Like.
10. Good Man Gone Bad.
11. If I Lost You.
12. Tell Me Baby.
13. I Got Some Outside Help I Don't Need.
14. Blues In 'g'.
15. If That Ain't It I Quit.



             



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