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POST-PUNK EXPéRIMENTAL  |  STUDIO

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THIS HEAT - Deceit (1981)
Par ONCLE VIANDE le 9 Décembre 2007          Consultée 3740 fois

This Heat n’a publié que deux albums en quatre ans. Ce vide discographique est aujourd’hui comblé grâce au coffret « Out of cold storage » qui exhume des bandes live enregistrées en 1980/81 et réédite le simple « Health and efficiency ». « Deceit » frappe par son urgence et son intensité. Il montre un groupe métamorphosé qui joue du rock et délaisse les expérimentations ambient. Les Peel sessions de 1977 dévoilaient déjà une partie de ce matériel et montrent que la musique du trio fut façonnée d’une pièce avant d’être déclinée sur disque. « This Heat » et « Deceit » ne sont pas deux étapes mais deux faces d’un même médaillon.

Ce que le post-punk n’offre plus tout à fait en 1981, This Heat en propose une approche expérimentale qui limitera son public. Les chansons sont incisives mais n’en demeurent pas moins très réfléchies et difficiles à apprivoiser. Cette musique ne va jamais là où on l’attend. Elle ne lâche rien, fuit le conformisme et impose ses propres valeurs. Avec le recul, elle parvient à échapper à l’écueil des modes tout en restant un manifeste brûlant de son époque. Le son est brut, sans apparat, l’écriture sans effusion, le chant flottant et les mélodies fatiguées. Chaque musicien est équipé d’un magnétophone avec lequel il multiplie les possibilités de son instrument, pratiquant l’overdub en temps réel, les traitements à la volée ou l’improvisation sur bande pré-enregitrée. Un matériel de fortune qu’il emmènera sur scène et dont l’album garde quelques traces (Paper hats).
« Deceit » est faussement simple. Derrière le brûlot, un disque insaisissable maniant l’art du contre-pied et de l’inachevé ; « Sleep » se termine en queue de poisson, « Radio Prague » reste au stade du brouillon et « A new kind of water » sombre dans un profond coma au plus mauvais moment. « Deceit » est surtout un disque engagé. Il prolonge les thèmes latents du premier album et passe au vitriole la politique étrangère de l’occident ; le Vietnam (Independence), Zanzibar (Makeshift Swahili), le nucléaire (« A new kind of water », « Hi, baku, shyo ») ou des allusions à la guerre (Triumph, Cenotaph). Le masque ensanglanté orné d’un drapeau américain est tout à fait éloquent, tout comme les carabines du verso.

Au fil des écoutes, ce disque distant dévoile ses richesses et la diversité laisse place au foisonnement. New wave énergique (S.P.Q.R), pop mortuaire (Cenotaph), musique concrète (Radio Prague, Hi-baku-shyo), tuerie organisée (Makeshift Swahili), post-punk progressif (Paper Hats, A new kind of water) ou musiques africaine et asiatique (Sleep, Shrink wrap, Independance). On pensera à XTC, PiL, Faust, Can, King Crimson ou aux Talking heads, ou plutôt, à tout ce qu’ils ne sont pas, tant cette musique semble remplir les espaces vides entre ces groupes. Aucunement une tromperie ; un chemin de traverse. Une énigme.

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- Charles Bullen (chant, guitare, clarinette, batterie, bandes)
- Charles Hayward (chant, batterie, claviers, guitare, basse, bandes)
- Gareth Williams (chant, basse, claviers, bandes, masque)


1. Sleep
2. Paper Hats
3. Triumph
4. S.p.q.r.
5. Cenotaph
6. Shrink Wrap
7. Radio Prague
8. Makeshift Swahili
9. Independence
10. A New Kind Of Water
11. Hi – Suffer, Baku – Bomb, Shyo – Disease



             



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