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DEATH ROCK  |  STUDIO

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CHRISTIAN DEATH - Only Theatre Of Pain (1982)
Par NOSFERATU le 8 Janvier 2015          Consultée 1153 fois

Pomona dans les alentours de Los Angeles 1979… La vague hardcore punk bat son plein, l’époque est à la vitesse supersonique et au discours libertaire. Seuls quelques ados refusent de suivre le mouvement, opérant une véritable scission quasi idéologique… Ainsi, un certain ROZZ WILLIAMS promène son « spleen baudelairien », ne croit en aucune révolution et préfère explorer les ténèbres de l’âme humaine. Là où d’autres crient « Fuck the police », il préfère se créer un univers noir partagé entre des lectures de BRETON, le mentor des surréalistes français, de LAUTREAMONT, de JEAN LORRAIN , d’autres écrivains « goths » anglais du 18ème siècle, et des gouts musicaux tournant autour du BOWIE époque ZIGGY STARDUST, de KISS, d’ALICE COOPER et de JOY DIVISION. Avec quelques individus franchement attirés par la face occulte de l’homme, il va former une secte musicale plutôt inquiétante, les redoutables CHRISTIAN DEATH après l’éphémère (j’allais dire précoce !!)PREMATURE EJACULATION.

« Only Theatre of Pain » , leur première œuvre au noir datant de 82, se démarque ainsi nettement des combos hardcores de l’époque. A travers ce disque, CHRISTIAN DEATH va devenir une réponse plus « grand guignol » à leurs compatriotes du GUN CLUB, eux aussi venant de la Californie et analysant, à la même époque, la noirceur de l'homme mais en renouant avec l’esprit du blues satanique d’un ROBERT JOHNSON. Pas la même substance musicale donc, mais dans les deux cas, la même finalité sombrissime….
La production est très aléatoire, faisant ressortir le coté glauque de l’ensemble. Le CD propose aussi des titres enregistrés visiblement dans une crypte ou une chapelle abandonnée (vu le son !) avant et après ce disque maléfique.

Une cloche annonce la cérémonie néo-païenne sur le premier psaume « Cavity », une batterie martiale puis une guitare annoncent la couleur, ou plutôt l’absence de couleur. La voix de Rozz y est larmoyante, plaintive, désespérée… On dirait une sorte de ROBERT SMITH qui aurait trop vu « Suspiria ». Un orgue à la fin accentue le caractère suffocant du titre. Le timbre de voix est plus « bowien » sur « Figurative Theatre » (de la cruauté ?) avec les chœurs de la sorcière EVA O, la guitare est quasi metal et la basse lourde. Le groupe invente, en effet, un sous genre : le DEATH ROCK, un PUNK ROCK mais qui en aurait des aspects glaciales… Le coté foncièrement PUNK ressort surtout sur un titre comme « Spiritual cramp ». On sent, par contre, l’influence de BAUHAUS sur le très dark « Burnt offerings ». La basse est inquiétante sur « Mysterium inquitatis », les vocaux de Rozz sont à la fois comateux et hystériques, la litanie est jouée à l’envers, et on entend toujours ces carillons de l’enfer… « Stairs » a un coté tribal et orientalisant, une sorte de « Kashmir » qui serait joué par des démoniaques djinns du désert…

Et puis il y a l’hymne appelant au sabbat, « Romeo’s Distress », souvent joué dans les soirées « Batcaves » qui se respectent… « Ressurection » (de l’antéchrist ?) est particulièrement féroce au niveau du refrain et ses roulements de tambour transmutent le titre en une sorte de procession ; on se croirait à l’époque de la peste noire !! Tout simplement un appel à la flagellation… Dans l’effrayant « Prayer », on y entend de RÉELLES voix d’outre tombe (ou de goules, les spécialistes du paranormal n’arrivent pas à trancher !), avec le prêtre Rozz psalmodiant des vers, un orgue apparait à la fin donnant une connotation presque éthérée (j’ai failli écrire paradisiaque mais il ne faudrait pas pousser quand même !). « Deathwish » est heavy à souhait, annonçant la future période metal (pas toujours riche d’ailleurs) de CHRISTIAN DEATH orchestré par le moine inquisiteur VALOR. Les incantations morbides de « Desperate hell » rappellent les anciennes messes (forcément noires) d’Anton la Vey. Prête pour le sacrifice, baby ?
Un certain MARILYN MANSON en 96 retiendra la leçon de cette œuvre d’un désespoir abyssal avec le rock Sgothique, version hollywoodienne, d’« Antechrist Superstar »…

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- Rozz Williams (vocaux)
- James Mcgearty (basse)
- Rikk Agnew (guitare)
- George Belanger (batterie)
- Eva O (chœurs)


- Cavity First Communion
- Figurative Theatre
- Burnt Offerings
- Mysterium Inquitatis
- Dream For Mother
- Stairs Uncertain Journey
- Spiritual Cramp
- Romeo's Distress
- Ressurectio Sixth Communion
- Prayer
- Deathwish



             



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