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ART POP MINIMALISTE  |  STUDIO

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David SYLVIAN - Secrets Of The Beehive (1987)
Par WALTERSMOKE le 2 Mars 2015          Consultée 1202 fois

Que pouvait bien faire David SYLVIAN après Gone to Earth ? Le chanteur, devenu multi-instrumentiste, a atteint une véritable apogée avec son troisième album solo, qui se doit d'être imposé comme une pièce maîtresse de l'art pop et des années 80 haut la main. Sauf que bien des gens vont alors agiter un autre disque, consacré comme le véritable pinacle de l'Anglais, j'ai nommé Secrets of the Beehive. À en juger par les nombreux avis sur le net, il s'agit même de son album le plus connu et apprécié. Est-ce mérité, ou bien Secrets of the Beehive devrait céder la place à son prédécesseur dans le coeur des amateurs ?

La réponse est tout simplement complexe. SYLVIAN pousse encore plus loin sa préciosité un peu snob et classique (soyons honnêtes), et se décide également à produire une musique encore plus intimiste et lénifiante. Conséquence, le cercle de musiciens invités en studio diminue. Exit ainsi Fripp, Bill Nelson ou Richard Barbieri, entre autres. En revanche, si Steve Jansen reste fidèle au poste, c'est un autre ami de Sylvian, Ryuichi Sakamoto, qui vient ici apporter sa science des claviers. D'aucuns pouvaient pleurer son absence sur Gone to Earth, les voilà contentés.

Secrets of the Beehive, donc, est encore plus calme et précieux. Inutile de chercher un morceau rythmé ou puissant, tout se fait en finesse et douceur. SYLVIAN fait se déployer des arrangements de cordes et des pianos des plus mélancoliques afin de servir ses compositions. Est-ce que ça marche ? Oui, au point de saisir l'auditeur dès l'intro d'une minute qu'est "September". Ce morceau attire l'attention (c'est le but), comme s'il prévenait ce que sera la suite. Elle arrive avec "The Boy with the Gun", qui interpelle cependant par son côté déjà entendu. En effet, n'est-ce pas là un vague clone de "The Ink in the Well", présent sur Brilliant Trees ? le signe le plus frappant étant la guitare acoustique. Il serait malvenu toutefois d'accuser SYLVIAN de paresse, le musicien présentant ainsi des améliorations nettes en 3 ans de carrière solo. Et quitte à choisir, "The Boy with the Gun" est meilleur (de pas loin, mais quand même !). Aussi, et pour être franc, il n'y a pas de mauvais morceau sur Secrets of the Beehive, surtout si l'on aime déjà ce qu'a fait SYLVIAN par le passé.

La question se pose alors de savoir pourquoi Secrets of the Beehive n'est pas l'Everest de David SYLVIAN. Il y a deux raisons majeures pour l'expliquer. La musique en elle-même est belle et mélancolique, et doublée d'une finesse exquise... mais elle est aussi très dépouillée. Les arrangements ne sont pas pour ainsi dire florissants, et flirtent même avec le minimalisme par moments ("Waterfront", "The Devil's Own"). « Less is more », diront certains, mais il faut avouer que le rendu est assez sec et froid. Ajoutez à cela la prétention vocale de SYLVIAN, et Secrets of the Beehive devient un album peu facile d'accès. Ensuite, le manque de vitalité de l'ensemble fait que ce dernier semble s'éterniser un peu, malgré ses 35 minutes en contradiction avec les 90 de Gone to Earth. Encore que pour les fans de l'album, cela peut passer pour un point positif.

Allez, Secrets of the Beehive ne mérite pas d'être cloué au pilori, inutile de se répandre en fiel dopé à la mauvaise foi. Le quatrième album de SYLVIAN fait clairement partie de ceux qui sont appelés à rester dans les annales de la Musique, ou du moins qui sont à conseiller au plus grand nombre. Attention à ne pas s'attendre à une folie musicale ni à de la modestie, mais rien ne dit que ça et la qualité sont forcément incompatibles.

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(+ 2 kros-express)

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- David Sylvian (chant, guitare, claviers)
- Ryuichi Sakamoto (claviers, arrangements)
- Steve Jansen (batterie)
- David Torn (guitare)
- Danny Thompson (contrebasse)
- Danny Cummings (percussions)
- Phil Palmer (slide guitar, guitare acoustique)
- Mark Isham (bugle, trompette)
- Brian Gascoigne (arrangements des cordes)
- Ann O'deil (arrangements des cordes)


1. September
2. The Boy With The Gun
3. Maria
4. Orpheus
5. The Devil's Own
6. When The Poets Dreamed Of Angels
7. Mother And Child
8. Let The Happiness In
9. Waterfront



             



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