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Thorbjorn RISAGER & THE BLACK - Change My Game (2017)
Par LE KINGBEE le 11 Août 2017          Consultée 124 fois

On ne peut pas dire que la pochette de « Change My Game » renseigne beaucoup sur son contenu. Tout ce qu’elle pourrait nous laisser supposer c’est qu’on a peut-être à faire à un groupe américain, vu les escaliers de secours qui jalonnent les deux côtés de cette rue sombre, brumeuse et peu accueillante. Tout faux ! ThorbjØrn Risager vient du Danemark et nous propose un Blues particulièrement rutilant.

Alors que certains musiciens noirs se complaisent depuis une dizaine d’années dans un Blues Rock plus proche du Hard que des racines (il n’y a qu’à voir les dernières productions de Buddy Guy sur les scènes européennes), certains musiciens européens se démarquent, donnant parfois l’impression d’avoir passé leur enfance dans les champs de coton. Ce constat est bien sûr un brin exagéré et réducteur mais reflète toutefois une partie du puzzle.

Alors ce Risager n’est pas totalement un inconnu, il tourne dans le milieu du Blues depuis près d’une quinzaine d’années, a entamé sa discographie en 2004 avec un album Live, il a été programmé dans plus de 200 festivals et s’est produit près de 800 fois en concert. Ah... « Change My Game » est le dixième album du groupe et nombre d’entre eux ont été salués par la presse dite spécialisée. Voilà en quelques lignes de quoi replacer le bonhomme sur la carte de l’industrie du disque.

Risager dispose d’une autre particularité, outre le fait d’avoir étudié au Rytmisk Musikkonservatorium (le Conservatoire de Copenhague), il est épaulé depuis des lustres par un septet de virtuoses scandinaves navigant entre Soul Pop, Blues, Soul Vintage et Rock pour un amalgame sans cesse renouvelé. La cohésion et la mise en place entre les différents musiciens sont ici clairement évidentes, d’autant plus que le groupe cultive un fort penchant pour les changements de sonorités et un éclectisme judicieux.

Ce dixième opus du Danois nous propose une large palette de couleurs. « I Used To Love You », une ballade Pop Soul mélancolique portée par un chant aussi puissant que grave et une guitare qui touche à chaque note, ouvre les débats. Les Danois nous offrent un second moment de répit avec « Hard Time », une combinaison de ballade folk rock dans laquelle le chant monte crescendo, juste entrecoupé d’une slide veloutée et de nappages d’orgues.
La formation se révèle efficace et redoutable sur des tempos plus enlevés. « Dreamland », avec ses riffs énergiques, une basse lourde et ronde, des cuivres grondants et des volutes menaçants d’orgue pourraient presque faire office d’Heavy Blues aux confins du Hard. Du Rock justement, il suffisait d’en redemander. « Hold My Lover Tight » évoquerait plus Ted Nugent qu’un bluesman cueillant le coton. Même impression (en plus soft) avec « Maybe It’s Alright » digne des accès les plus rageurs du Creedence Clearwater Revival. Autre passage à ranger dans la case Rock, l’excellent « City Of Love » avec sa guitare à résonateur, un rythme évocateur de ZZ Top et un vocal toujours aussi viril.
Curieux me direz-vous, le chroniqueur présente cette Tornade Noire comme une formation de Blues et ne parle que de ballades à la sauce Soul ou de Rock. « Holler N Moan » avec son intro au dobro, un chant incantatoire, une basse entêtante et pleine de rondeurs, une rythmique presque tribale nous expédie entre les rives du Delta et les marécages des bayous. S’il avait été placé avant, « Train » aurait pu lancer le disque sur de bons rails (je plaisante) mais s’avère comme une fusion entre blues urbain et blues terrien se terminant comme une tornade rugissante. Rajoutons à ce chapitre Blues le surprenant « Change My Game », pièce donnant son nom à l’album avec une guitare funk, une basse freaky, un chant volontaire et un refrain dans lequel les chœurs viennent apporter leur écho (au propre comme au figuré).

Pour un peu, on dirait presque que c’est comme dans le cochon, tout est bon. La ballade crépusculaire « Lay My Burden Down » avec son intro baroque, un accompagnement piano plus propice à la tristesse qu’à la joie, risque de mettre plus d’un auditeur mal à l’aise. Le morceau est peut-être beau, mais terriblement ennuyeux et morose, c’est du moins comme cela que je l’ai ressenti. Ajoutons-y une production soignée, un éclectisme bienvenu et un talent d’écriture imparable. Une note de 3,5 qui sera ramenée à 3 tout simplement parce que le disque paraît moins impressionnant que les récentes productions scéniques du septet (mais c’est là un avis personnel).

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   LE KINGBEE

 
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- Thorbjorn Risager (chant, guitare)
- Peter Skjerning (guitare, canjo)
- Soren Bojgaard (basse, guitare, synthétiseur, percussions)
- Martin Seidelin (batterie, percussions)
- Emil Balsgaard (piano, orgue, mellotron)
- Peter W. Kehl (trompette, trombone, sousaphone)
- Kasper Wagner (saxophone)
- Hans Nybo (saxophone)


1. I Used To Love You.
2. Dreamland.
3. Change My Game.
4. Holler 'n' Moan.
5. Hard Time.
6. Long Gone.
7. Hold My Lover Tight.
8. Maybe It's Alright.
9. Train.
10. Lay My Burden Down.
11. City Of Love.



             



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