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- Style : Yes, Tangerine Dream, Emerson, Lake & Palmer, Gentle Giant

NEKTAR - Remember The Future (1973)
Par LE KINGBEE le 14 Septembre 2017          Consultée 1363 fois

Les origines et les parcours de différents membres de NEKTAR en font probablement l’un des groupes les plus singuliers du genre Rock Prog tendance Cosmic. Contrairement à l’idée largement répandue, NEKTAR est bel et bien un quatuor anglais.
Installés dès le milieu des sixties à Hambourg, le claviériste Allan « Taff » Freeman et ses potes Ron Howden (batterie) et Derek « Mo » Moore jouent au sein de Prophecy, un petit groupe alliant Rock Prog et Beatlesmania et se produisant en semaine au célèbre Star Club. C’est là que les trois Anglais font la rencontre de leur compatriote Roye Albrighton alors guitariste des Rainbows, un obscur groupe local.
Entre quelques pintes de bière allemande, on peut imaginer le plaisir que prennent les quatre rosbeef à se remémorer les souvenirs de leur Perfide Albion et accessoirement leurs rêves de musiques. C’est ainsi qu’en 1969 nait NEKTAR, des suites d’une rencontre entre quatre musiciens anglais rompus aux scènes locales et éloignés de leur terre natale.

Si les quatre musiciens jouent du Rock et sont plus ou moins influencés par les BEATLES, ils s’intéressent également à un répertoire conjuguant Prog et musique expérimentale, registre qu’ils connaissent de par de nombreuses formations teutonnes. Nos quatre Anglais s’adjoignent très vite les services de Mick Brockett (ex éclairagiste des PINK FLOYD), un technicien spécialiste en jeux de scènes et lumière qui bossait pour Prophecy. Si le groupe n’a pas de maison de disques, il se produit beaucoup et les jeux de lumière de Brockett contribuent à magnifier leurs shows. La qualité de leurs spectacles attire l’attention de Peter Hauke et Dieter Dierks, patrons de Bacilius Records, une petite maison de disques spécialisée dans le Prog et le Krautrock qui les signe en 1971.
Après un premier disque mis en boîte dès leur signature mêlant Prog et Heavy Rock, le groupe enregistre l’album concept « A Tab In The Ocean », mais ce sont toujours leurs concerts agencés par Brockett, qui fait désormais partie intégrante du groupe, qui frappent les esprits. L’aventure aurait pu s’arrêter là : Belicious suite à des problèmes de trésorerie tombe en faillite puis dans l’escarcelle de Bellaphon Records qui décide de garder le groupe sous contrat. En 1973, NEKTAR enregistre « …Sounds Like This », disque enregistré en studio live qui est enfin distribué dans leur pays d’origine. La formation passe alors à la télé sur la BBC au cours de l’émission « The Old Grey Whistle Test ».

Mais ce n’est que l’année suivante que NEKTAR parvient à décrocher ses premiers galons de groupe vedette avec la sortie de « Remember The Future »*. Si le groupe n’a subi aucun changement de line-up, Peter Hauke se joint au groupe pour produire leur quatrième disque. Les fondations du groupe demeurent ainsi inchangées. Bellaphon décide de les envoyer au Chipping Norton Recording Studio à Oxford, là où Gerry Rafferty enregistrera « Baker Street ». NEKTAR propose alors un second album concept avec deux longues chansons dépassant toutes deux les 16 minutes. Ces deux titres sont subdivisés en plusieurs chapitres plus ou moins distincts. La recette n’est pas nouvelle, YES vient de s’y essayer avec le double « Tales From Topographic Ocean ». Si YES est alors au sommet de sa gloire, la formation de Jon Anderson n’a pu échapper à un résultat discutable, le double ne s’imposait peut-être pas, le second disque étant un pavé trop long et trop lourd à digérer. NEKTAR ne fera pas la même erreur, se contentant de deux uniques titres pleins de nuances.

« Remember The Future (Part 1) » d’une longueur appréciable de 16 minutes et des broutilles débute sous une délicate volute d’orgue remplacée très rapidement par une guitare fuzz qui prend presque des airs funky, une ligne de basse bien ronde imprimant tempo et mélodie, baguettes d’orfèvre voix aussi efficace qu’intransigeante. Divisé en quatre chapitres, cette partie 1 pleine de nuances propose un beau mélange de genres. On a parfois l’impression d’écouter des passages d’Emerson, Lake & Palmer, de YES. Les quatre volets « Image Of The Past », Wheel Of Time », « Remember The Future » et « Confusion » ne tombent jamais dans la facilité et bénéficient d’une mélodie imparable malgré sa longueur et de tempos pleins de nuances dans lesquels les claviers et la guitare viennent s’engouffrer avec délectation. L’intro de guitare toute en pizzicato sur « Confusion » et les nappages d’orgues et de guitare fuzz qui s’ensuivent mélangent tour à tour GONG, STYX et une ambiance sonore que ne renierait pas le cinéaste Dario Argento.

« Remember The Futur (part 2) », long de 19 minutes, débute sur un rythme plus doux et mélodieux dans lequel guitare et claviers se livrent un duel intense et complice. Le second chapitre « Questions And Answers » propose une palette différente, la stratocaster sonnant comme une guitare espagnole digne du grand maître Sabicas. On appréciera également les chœurs sur la troisième section « Tomorrow Never Comes » où les demi-teintes sont aussi nombreuses que délicates et subtiles. « Path Of Light » avec une guitare cristalline nous renvoie carrément vers les FLOYD, entre « Meddle » et « Dark Side Of The Moon ». La difficulté de ce genre de disque réside dans sa finalité. Le sixième volet de cette seconde partie, « Let It Grow », prend tour à tour une coloration Prog Opera, Heavy Rock allant jusqu’à un tempo pas éloigné de la Soul Prog du meilleur effet.

Bénéficiant d’une excellente production, d’une bonne qualité sonore, d’un mixage bien ciselé de la part de Dieter Derks (futur producteur de SCORPIONS) effectué dans son studio de Cologne et de bonnes compositions et de virtuoses, « Remember The Future » devient disque d’or aux Etats-Unis et grimpe à la 19ème place du Hot 200. Ce disque a permis au groupe de se produire dans toute l’Europe en ouverture de ZAPPA et de faire une première tournée triomphale aux Etats-Unis, pays où le groupe était inconnu un an avant. Un excellent album bien écrit et dans lequel le chant ne dépasse pas les 75% du disque.

*Ce disque réédité une cinquantaine de fois a fait l’objet de publications sous forme de CD peu conseillées. En 1987, Bellaphon proposait une version CD intégrant de mauvais masters. Cette chronique provient du LP d’origine pressage allemand. A signaler que le cercle dans lequel gravite l’homme papillon sur la pochette est de teinte différente selon les éditions. Le guitariste Roye Albrighton est décédé en juillet 2016 des suites d’une infection au foie.

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- Roye Albrighton (guitare, chant)
- Allan « Taff » Freeman (claviers, chant)
- Derek « Mo » Moore (basse)
- Ron Howden (batterie)


1. Remember The Future (part 1)
2. A)images Of The Past.
3. B)wheel Of Time.
4. C)remember The Future.
5. D)confusion.
6. Remember The Future (part 2)
7. E)returning Light.
8. F)questions And Answers.
9. G)tomorrow Never Comes.
10. H)path Of Light.
11. I)recognition.
12. J)let It Grow.



             



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