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- Membre : Public Enemy, Cypress Hill, The Last Internationale
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PROPHETS OF RAGE - Prophets Of Rage (2017)
Par JASPER LEE POP le 5 Octobre 2017          Consultée 542 fois

De la même façon que tout le monde se souvient où il se trouvait le 11 septembre au moment des attaques terroristes, moi je me souviens précisément où j'étais lorsque j'ai entendu RAGE AGAINST THE MACHINE pour la première fois. Je vous laisse établir des parallèles plus ou moins scabreux (RATM, une tragédie pour la musique?) et je ne vous dirai pas où j'étais parce qu'on s'en fout. Mon propos, c'est que je ne peux pas dire ça de beaucoup de groupes. « Bombtrack », « Killing In The Name », tout l'album me fit l'effet d'une baffe. Et comme une bonne mandale, ça ne fait pas du bien, je n'ai pas apprécié à la première écoute mais mon attention a été captée comme rarement et j'ai compris qu'il se passait quelque chose de nouveau.

La musique de RATM est instantanément reconnaissable avant même que Zach de La Rocha ouvre la bouche. Cette section basse/batterie qui allie punch et groove (tout sauf simpliste, on ne compte pas les groupes de reprises qui ne chopent pas le truc) couplée à ce guitariste au sens rythmique imparable, il suffit d'une mesure pour les identifier. Tom MORELLO peut agacer notamment en solo avec sa batterie d'effets mais le type a une personnalité indéniable et ça chez moi, c'est une qualité. Le souci, c'est que quand la recette aussi géniale soit-elle est basique, vient un moment où cette qualité peut aussi devenir un défaut à cause de l'effet de répétition. Qui pour distinguer un Mondrian plutôt qu'un autre une fois que celui-ci s'est cantonné à ces carrés de couleurs primaires ? Et qui pour écouter une deuxième fois un album d'AC/DC après Flick Of The Switch (le temps de comprendre que la machine était enrayée depuis l'album précédent) ?

Alors quand déboule ce premier album de PROPHETS OF RAGE, un groupe constitué autour des trois instrumentistes de RATM, on se demande si on ne va pas avoir droit à la même recette un peu réchauffée. Loin d'avoir été conquis par les deux titres inédits du EP inaugural, je me tenais en embuscade couteau entre les dents prêt à lacérer le skeud. Et puis non, il n'est pas déplaisant cet album. Non pas qu'on n'y retrouve pas les mêmes ingrédients propres à toutes les productions Morello, les mêmes plans entendus dix fois chez RATM (et on ne sait même plus dans quel morceau au bout d'un moment), les mêmes tripatouillages sonores qui tiennent lieux de solos (et je suis client). Le guitariste nous refait le coup ici des sirènes de police (« Fired a Shot ») et innove là en faisant la poule (« Strength in Numbers »). Mais même sans surprise, pas mal de morceaux continuent de faire le taf très correctement (« Hail to the Chief », « Living on the 110 », « Hands Up » qui rappelle STREET SWEEPER SOCIAL CLUB). « Who Owns Who » est bien percutant, tandis que « Legalize Me » (il a fallu que B-Real la ramène avec la fumette) et « Take Me Higher » élargissent la palette de façon bienvenue avec des sonorités funky plus prononcées. Oui mais...

Oui mais le souci, c'est que si la musique de PROPHETS OF RAGE n'est pas déplaisante, elle n'est pas non plus follement excitante. Alors où est-ce que le bât blesse exactement ? Et si c'était le côté contestataire à tous crins qui ne faisait plus mouche ? L'élection du Donald offre un boulevard, c'est entendu mais tout comme la recette musicale des trois rageurs ne fait plus tout à fait son effet, les slogans revendicatifs finissent par passer au-dessus de la tête. Et puis si je ne doute pas de la sincérité des protagonistes, ces derniers ont pris de la bouteille et n'ont plus nécessairement assez de force dans le bras pour lancer leurs cocktails Molotov très loin. Si la paire Chuck D/B-Real se complète plutôt pas mal avec la lourdeur du premier et le timbre si particulier un peu canard du second, il lui manque la hargne qu'avait le pois sauteur De La Rocha pour vraiment mettre le feu aux poudres.

Je ne conteste pas au groupe comme certains le font le droit de militer pour l'égalité des classes sous prétexte que ses membres ont des comptes en banque bien garnis. L'argent ne dispense pas d'avoir une conscience sociale. Seulement avec Michael Moore pour les clips, Brendan O'Brien à la production (impeccable mais safe) et des hymnes taillés pour faire la tournée des festivals, on a perdu le parfum de souffre du guérilla rock d'antan, l'excitation n'est plus tout à fait au rendez-vous. Le groupe est paradoxalement pris à son propre piège, il prône la révolte mais sa musique qui tient de la formule n'a plus rien de révolutionnaire. Un signe ne trompe pas, je ne me souviens déjà plus où j'ai entendu PROPHETS OF RAGE pour la première fois.

Note : 3,5/5

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   JASPER LEE POP

 
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- Chuck D (chant)
- B-real (chant)
- Tom Morello (guitare)
- Tim Commerford (basse)
- Brad Wilk (batterie)
- Dj Lord (platines)


1. Radical Eyes
2. Unfuck The World
3. Legalize Me
4. Living On The 110
5. The Counteroffensive
6. Hail To The Chief
7. Take Me Higher
8. Strength In Numbers
9. Fired A Shot
10. Who Owns Who
11. Hands Up
12. Smash It



             



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