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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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- Membre : The Jam , Asia

Paul WELLER - Jawbone (2017)
Par BAKER le 7 Décembre 2017          Consultée 234 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Décidément, c’est son année, à Paulo ! A peine sorti d’un excellent album, le voilà qui sort sa première bande originale de film. Et des “rockeurs” anglais qui donnent dans la soundtrack, ça a souvent donné de très belles pages : Elton JOHN, Mark KNOPFLER, Eric CLAPTON, sans oublier Jimmy PAGE. Et curieusement, bien que peu de titres y ressemblent formellement, c’est à ce dernier que l’on va le plus penser, avec son Death wish II d’excellente mémoire. Dans ce côté touche-à-tout, mettant sur un pied d’égalité la mélodie, les ambiances, l’orchestre, les synthés, les guitares et les bruitages, sans oublier quelques dialogues qui donnent envie de découvrir le film (c’est le but, et atteint). Multi-instrumentiste, et tête brûlée qui n’aime pas trop qu’on lui dicte ce qu’il faut faire, WELLER a comme PAGE la chance de pouvoir profiter de cette aubaine (rémunérée qui plus est) pour s’amuser et tester tout un tas de choses qu’il ne pourrait évidemment pas se permettre sur un album de pop rock. Même aussi excellent et varié que A kind evolution.

Ainsi, comme dans les grandes pages des débuts de Hans ZIMMER (...sans oublier un certain Mike OLDFIELD, qui est à rajouter à la liste), on a droit à une “suite” de 20 minutes puis en face B de plus petits passages. La suite est un sacré monument, qui ne plaira pas à tout le monde mais a des chances de vous hanter pendant longtemps, avec son thème au piano suspendu dans le temps. WELLER a parfaitement compris comment “ça fonctionnait”, et abuse d’effets, de petites touches soniques impressionnistes, pointillistes même : ici du glissando de violon, là un larsen fantôme. C’est relativement peu mélodique ; parfois même pas du tout pendant de longues minutes, mais pourtant c’est happant, voire passionnant.

C’est ce qu’on appelle de la musique concrète, parfois ça confine à l’exercice vain de nombrilisme hermétique, mais ce n’est pas le cas ici. Il y a toujours des signaux, des notes (parfois une seule) pour sauver les meubles et rendre le titre complet intéressant, voire plus. En prime, à 11 minutes, WELLER s’envole vers le rock hard histoire de rappeler qu’il est également capable de ça. Le blend orchestre / synthés / ambiance est impeccable, et on se demande souvent si c’est vraiment sa première BO de film tant il semble à l’aise dans cet exercice. Finissant sur une partie chantée fragile, limite fausse parfois, et très gospel dans son essence, cette face A plaira aux grands amateurs de soundtrack tout en ayant des chances d’hypnotiser les plus rockeurs d’entre vous. Evidemment, si vous n’aimez pas, vous allez carrément haïr.

La face B est plus disparate et c’est tant mieux, car c’est ce côté décousu qui paradoxalement va cimenter cet album. "The Ballad..." est une ballade folk simple, voire simpliste, foutraquement bien composée. Un véritable classique du genre, tandis que sa petite soeur "Bottle", sans atteindre ses cîmes émotionnelles, se montre aussi très jolie. Les autres titres iront d’excellent ("Jawbone" qui est une extension du passage rock de la suite, et qui se rapproche terriblement des travaux de PAGE), à sans intérêt ("Training") en passant par le correct mais plus musique au mètre : "End Fight" fonctionnel et "Man On Fire" qui avec son double violoncelle mélodique dans les graves ressemble dangereusement à ce que votre serviteur composait en 1992 pour le même exercice de soundtracking. Est-ce un compliment pour Sa Seigneurerie Baker ou une insulte pour le grand Paul WELLER, je vous laisse juge ; en tous cas une chose est sûre : il a complètement assimilé et digéré ce qui peut constituer ou non une musique accompagnant un long-métrage de fiction.

Ces baisses de forme de la face B empêchent le disque d’atteindre le sommet du podium, mais il s’agit d’une BO attachante, dont les meilleurs passages seront peut-être dans votre top de l’année. Comme quoi on peut faire du rock et savoir écrire de la “vraie” musique, mais ça, je pense que depuis 50 ans, ça a fini par rentrer dans la caboche !

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- Paul Weller (chant, guitares, claviers, sound design, prog, per)
- Steve Pilgrim (guitare, choeurs)
- Steve Brookes (guitare, choeurs)
- Charles Rees (prog, batterie)
- Steve Cradock (batterie)
- Raven Bush (arrangements orchestre)


1. Jimmy - Blackout
2. The Ballad Of Jimmy Mccabe
3. Jawbone
4. Bottle
5. Jawbone Training
6. Man On Fire
7. End Fight Sequenceees (prog)



             



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