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ROCK PROGRESSIF  |  DVD

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- Membre : Alan Simon

BARCLAY JAMES HARVEST - Caught Live (dvd) (2002)
Par BAKER le 10 Décembre 2017          Consultée 385 fois

Jusqu'à l'orée des années 2010, tous les grands noms du rock progressif anglais n'avaient pas été gâtés. GENESIS, KING CRIMSON, YES, tous les géants ayant commencé fin des années 60 ont eu maille à partir avec notre cher format DVD. La cause évidente : le matériel de base. Son pris sur le vif, image foireuse d'un vieux 16mm flou, bandes conservées au fond d'une piscine, rien n'était assez beau ou complet. Mais malgré tout cela, on trouvait toujours de quoi se nourrir culturellement, avec des live fantastiques, des versions inédites, des solos de fous, des prestations intemporelles. Manquait à ce tableau de chasse BARCLAY JAMES HARVEST, un peu injustement sous-estimé, à la frontière entre le progressif et un folk anglais pastoral rafraîchissant, délicieusement soigné. Voici donc "CAUGHT LIVE", un film paraît-il sorti dans les salles à l'époque (attendez, ça va devenir drôle), mélangeant "le groupe au naturel" et des chansons live, et datant de 1977. Donc peu ou prou de leur fantastique double album "THE LIVE TAPES", qui est à BJH ce que "TWO FOR THE SHOW" est à KANSAS ; une leçon de bon live. On salivait.

51 très longues et très pénibles minutes plus tard, la première question qu'on se pose est : où est mon Alka-Seltzer ? Et la seconde : CA est vraiment sorti en salles ? "CAUGHT LIVE" aurait mieux fait de s'intituler Caught Dead. Le mélange live/documentaire est toujours très délicat, et quand il est raté c'est dans les grandes largeurs. Ici, taille XXL. La partie documentaire est sous-titrée en français et anglais, toujours bon à prendre (pas mal de fautes dans les sous-titres fr, mais pas plus que dans un discours Royaliste). Mais au lieu d'être sous-titrée, elle aurait mieux fait d'être intéressante (paf, dans la gueule. Attendez, c'est que le premier round). Certes, on voit nos musiciens discuter, changer des cordes, jouer aux dés, et dire à la caméra qu'ils se verraient bien revenir à la ferme, à la nature, communier avec le Créateur et tout l'orchestre. Du reste, la seule chose intéressante de ce doc, c'est de voir et d'entendre enfin l'excellent Wooly Wolstenholme, qui par ailleurs deux ans plus tard ira réellement tout plaquer pour retrouver ses chèvres (après avoir déclaré à Les Holroyd que la ferme dans laquelle il allait revenir était la ferme Taggle).

Le reste, c'est du backstage "technique" décousu, des séances d'ennui, du tour bus, John Lees qui ressemble étrangement à... Swan (le producteur des Juicy Fruits), le recrutement d'une première partie improvisée, et rien. Beaucoup rien, plein rien. Sinon les pires clichés de ces années-là, mal filmées, avec en point d'orgue beaufesque une séance de ce qu'on appelle communément une rubber dance ("It's Campartinibonizanco time !"). On se dit alors qu'avec l'excellence musicale du groupe, les chansons entrecoupant cet épisode de Derrick nous donneront le sourire aux lèvres. Las ! J'eûsse oublié de vous dire à quel point la technique était mauvaise - non, repoussante. Le son est affligeant côté musique. Les instruments sont très mal balancés, mixés dans un mono de basilique, avec du chuintement, de la saturation, et surtout du pleurage, oui, un pleurage immonde, bien pire que le 45t de Douchka que vous aviez laissé dans la niche de votre teckel quand vous aviez 8 ans. Horrible. Le pauvre "Polka Street Rag" en est même totalement inécoutable. On pourrait se dire que retrouver BJH dans le contexte live d'époque ferait naître au moins de la nostalgie, même pas : les désynchros image/son sont légion et finissent de vous dégoûter.

Le tout est achevé par une image parmi les pires qu'on ait pu voir en dix ans de DVD. Tiré d'un négatif négatif (nom + adjectif), le film, flou, laiteux, granulé comme une barre au Muesli, aux couleurs Soupline, est parsemé de griffures, de petits traits verts et d'énormes pliures de... de bande Betamax ? Mais où ont-ils bien pu dénicher un master pareil ? Consolation : dans ce fatras de nullité, les gens, nombreux en plus, qui ont participé au "remaster" de ce film ont mis leurs noms. Les fous ! C'est un suicide de carrière collectif ou je m'y connais pas. Culte, ce film ? Peut-être, dans son genre. Trop difficile à remasteriser correctement ? Dans ce cas, pourquoi le sortir ? Même en bonus gratuit, sa vision est pénible, son écoute traumatisante. Vient alors une seconde partie : 4 chansons tirées d'un live de 1974. Bon sang, on revient encore trois ans en arrière, qu'est-ce qui va bien pouvoir arriver de pire ?

Pas grand-chose, à vrai dire. L'image du concert au Drury Lane est floue, laide, mais plus vivante et curieusement mieux conservée que "CAUGHT LIVE" ! Pas de pliures ignobles, pas de désynchro, juste moche, mais du moche constant, presque rassurant. Le son ? Infiniment meilleur, mais lamentablement nul aussi. Explicatures : toujours en mono, le son global est plus propre, plus pêchu, les instruments sont plus présents, et il y a moins de pleurage... alors que la source semble provenir d'un 33 tours ! Jusque là c'est rassurant, sauf qu'il manque un petit détail. Oh, deux fois rien... il manque juste les guitares. Elles ne s'entendent pas, du tout. A peine un très vague écho lors des intros, et encore, il faut tendre l'oreille. Vous avez donc des versions basse (qui écrase tout) + batterie + claviers, qui fait passer BJH pour... ELP : intéressant en soi puisque la très belle "Mockingbird" (oui, deux fois présente en 76 minutes) en devient presque une oeuvre solo voix + mellotron.

Enfin, car en ces temps de crise une petite tranche de rire n'est jamais superflue, laissez-moi vous narrer une histoire. Il était une fois un jeune con (soyons précis) qui voulait remixer le film New-York 1997 en stéréo, alors que le film allait passer sur La Cinq (qu'on peut encore sauver, mobilisons-nous, faisons des dons par PayPal) en... mono. Que fit notre jeune con ? Il joua avec les potards de son magnétoscope de telle sorte qu'à chaque fois qu'un événement se produisait à gauche, hop ! Il coupait le canal de droite. Et quand ça se passait à droite, re-hop! Il mettait la droite à fond. Le résultat ? Notre jeune con se retrouva avec un film à la stéréo nauséeuse, où le volume fluctuant sans cesse oscillait entre faire sursauter le spectateur ou lui vriller les tympans. Sur certaines scènes, c'était efficace, presque étonnant, mais c'était une idée... à la con. Et c'était sur deux canaux.

C'est pourtant un principe un peu similaire qu'on retrouve ici, non pas sur deux canaux (la piste stéréo étant indubitablement mono), mais sur SIX ! Le ridicule ne tuant plus, "CAUGHT LIVE" a été glorieusement passé de mono en DTS à la mimine, avec la précision du mammouth qui encule la gazelle dans les brumes au petit matin. D'une haute intensité dramatique, d'un pathétisme de fin de règne despotique, d'un culot de schizophrène névropathe en pleine crise de mythomanie, d'une pertinence encore plus douteuse qu'une blague de Tanguy Pastureau, ce "mixage multicanal DTS" est la goutte qui fait déborder la chopine de bière anglaise, l'ultime brique à l'édifice du foutage de gueule. Ce documentaire a été selon les apparences traité comme un roi, alors qu'il ne méritait qu'à peine d'accéder à un transfert numérique. Qu'en retiendra-t-on ? Le nom de Peter MacDonald au générique (celui de Rambo III ? pas trouvé sur son CV, remarquez ça se comprend), le sentiment de solitude bien capté lors du passage en autobus, la première partie de Trevor Worman, et à part ces détails, la pire façon de découvrir un groupe si sympathique, et qui méritait bien mieux que ce "CAUGHT LIVE" ne respectant même pas les chartes d'un minimum d'aumône.


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Fiche technique

Editeur : Warner Music Vision
Date : 1977 & 1974
Image : 1.33 4/3 NTSC
Son : PCM 1.0 + DD 5.1 + DTS 5.1
Durée totale : 76 minutes
Bonus :
- Sous-titres français et anglais
- Titres live à Dury Lane (24 min, DTS)
- Biographie
- Discographie (nulle mais complète)
- Biographie des membres du groupe

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- Non Disponible


1. Child Of The Universe
2. Rock And Roll Star
3. Hard Hearted Woman
4. Mockingbird
5. Polk Street Rag
6. Hymn
- bonus Drury Lane 1974
7. Crazy City
8. For No One
9. Mockingbird
10. The Great 1974 Mining Disaster



             



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