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RAGE AGAINST THE MACHINE - The Battle Of Mexico City (dvd) (2000)
Par BAKER le 17 Décembre 2017          Consultée 529 fois

L'histoire du groupe RAGE AGAINST THE MACHINE a ceci de passionnant qu'elle semble symptomatique de ce que le groupe veut dénoncer. Quartet légèrement porté à l'extrême gauche, proposant un rap-metal aux paroles assassines et politiquement très lourdes de sens, faisant fureur aux quatre coins du monde sauf dans les bureaux des PDGs et autres Sénateurs (pourtant bien forcés de les écouter étant donné le succès phénoménal du premier album), RATM a connu des débuts fracassants et marqué à vie l'histoire du rock politique et contestataire. Cependant, un peu à l'image des organisations clandestines et citoyennes qu'il défend, le groupe a connu une inévitable scission, comme si la clandestinité était vouée à l'échec, qu'elle soit hors-la-loi ou mondialement reconnue. Se mettant de lui-même à l'écart de ses acolytes, le chanteur Zack de La Rocha, le José Bové du metal, a quitté le monde artistique pour se consacrer à la vie politique et sociale des divers dissidents, tandis que les trois autres ont formé le groupe AUDIOSLAVE (qui porte bien son nom, comme s'ils ne pouvaient pas quitter le giron de la musique) avec l'ancien chanteur (c'était bien le mot au vu de ses prestations de l'époque : un ancien chanteur) de SOUNDGARDEN.

Mais revenons-en à ce qui reste à ce jour le "testament" live d'un groupe hors-normes. "The Battle of Mexico City" est une variation sur le nom du troisième album de groupe, "The Battle of Los Angeles", concept tournant autour de la révolution citoyenne qui gronda dans la grande, riche et épouvantablement fracturée ville de Mexico. Prenant sous son aile les différentes corporations révolutionnaires totalement hors-la-loi, De La Rocha chante, pardon, hurle la colère de ceux que certains appellent "les impuissants", et en profite pour livrer non pas un bête live, mais un DVD hautement inflammable avec de vrais bouts de revendications dedans. Le concert, déjà très court, est donc sans cesse perturbé par des mini-reportages, à consonnance plus Gérard Miller que Sarkozy vous vous en doutez, où nous découvrons un Mexico complètement anti-touristique et gangréné par les politiciens. On pourra contester ce reportage ou au contraire s'en enchanter, une chose est certaine : il s'agit du meilleur ingrédient de cette galette.

Car si on fait totale abstraction de la politique (et c'est mission impossible avec un tel groupe), on ne peut se concentrer que sur environ 50 minutes de musique, et là le problème surgit : RATM ne serait-il pas musicalement très surestimé ? Si l'on ne s'en tient qu'à ce concert, la réponse est oui : fortement identitaire, notamment grâce au jeu de guitare totalement improbable de Tom Morello, petit génie qui s'amuse à jouer de tout n'importe comment, la musique distillée ici a une fâcheuse tendance à la redite. Tous les titres se ressemblent, problème accentué par le rap de Zack qui, féroce comme pas deux, a tendance à fatiguer l'oreille plus qu'il ne titille le cerveau. Encore heureux que les paroles soient sous-titrées ! Et je vous garantis qu'il vous faudra garder le Harrap's à portée de main pour tout capter. Sinon, on s'ébahit quinze minutes devant Morello (et je débranche la guitare, et je mets le micro en HS, et je fais du larsen contrôlé, et je me permets du gros tapping qui tâche parce que merde enfin quoi...), puis la lassitude arrive : la formule musicale de RATM était trop originale pour se développer et trouver une extension.

Un mot sur le public. Il a souvent été dit qu'il était un des meilleurs publics jamais vus sur DVD. Je dirais plutôt que c'est un des plus cinglés. On ne peut pas dire qu'il y ait une osmose parfaite entre le groupe et les gens présents (en très, très grand nombre : une marée humaine). Il y a de toutes façons beaucoup trop de bordel pour avoir droit aux habituelles reprises de refrains en chœur. Ca pogote dans tous les sens, les gens se sautent dessus comme des cabris, ils baignent dans la sueur dès le deuxième titre, et ça n'arrête pas une seule seconde. Là aussi, outre le fait qu'on a peur pour les éventuels blessés, on finit par s'ennuyer car il manque de cette interaction qui fait le charme des grands live. Socialement en revanche, cette frénésie non-stop est un document sensationnel sur le pouvoir de la musique et les pressions subies au quotidien par cette jeunesse, majorité silencieuse qui le temps de quelques chansons trouve enfin une soupape où elle peut libérer toute son énergie sans risquer de finir dans les geôles fascistes où on ne capte ni la Cinq, ni la Guerrilia Radio.

En plus du documentaire sous-titré anglais... et espagnol (ben oui, faut penser au coeur de cible), nous trouvons quelques bonus 100% pur politik. D'abord, une interview avec l'écrivain et politologue Noam Chomsky, interview largement digne des émissions de la 5 (notez : la 5, plus la Cinq !) mais... non sous-titrée ! Ce qui est d'une stupidité confondante. Egalement présent, une "interview" (plutôt une déclaration) d'un membre des factions armées militantes. Je veux bien croire à la bonne foi de ces gens, mais la façon de se présenter fera penser à plus d'un d'entre vous aux cassettes dont nous inondent les indépendantistes corses, avec tout ce que ça comporte de bon et de mauvais. Bonus polémique donc, et on peut légitimement s'étonner qu'une major comme Sony (vous savez, mes meilleurs amis du monde que j'ai) ait autorisé le passage d'un document qui au vu des conventions diplomatiques semble hors-la-loi. Consensus exigé par le groupe ? Ou application marketing du bon vieil adage : "pour prouver que tu as tort, rien ne vaut ta parole" ? Enfin, un "tour de Mexico" inutile et un backstage du même acabit complètent le tableau.

Pour finir, il m'est impossible de faire le silence sur la technique, vu qu'elle va de pair avec les soucis inhérents au groupe et au concert. Le son d'abord. On a le choix entre un PCM stéréo presque étouffé, qui n'est pas digne d'un vrai live plein de rage (ah ah), et un 5.1 (et pas 5.0 comme piteusement proclamé sur la jaquette) beaucoup plus clair, très différent du PCM, mais à la spatialisation totalement artificielle. Le beau raté que voilà ! Puisque le public est si génial, comme la jaquette le proclame sur trois paragraphes entiers, pourquoi ne pas lui avoir donné le beau rôle dans les enceintes arrières ? L'image ensuite. Là, on ne va pas être copains. C'est laid. Non seulement l'image est brumeuse, faisant chuter la définition, en plus les couleurs sont peu claires, avec beaucoup de blancs brûlés, mais surtout, le monteur s'est amusé à faire son Gérard Pullicino : on ne compte plus les fautes de goût, les arrêts sur image pourris, les effets de strobo et autres gros plans inutiles. Si c'est pour donner de la vitalité au concert, c'est d'une bêtise phénoménale : vous emmèneriez Isabelle Carré chez un chirurgien esthétique, vous ? Bref, le traitement technique est un peu conforme à ce qu'on attendait d'une major, tandis que le propos inséré dans le spectacle va à son encontre. Un joli paradoxe qui faisait tout le charme du groupe, depuis dissous et sans véritable relève (Prophets of Rage est à suivre de très près cependant). Par peur ou par capitulation ? Mise à part toute considération musicale, on espère encore que c'est la première option.


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Fiche technique

Editeur : Sony Music Video
Date : 2000 - Pavillon des Sports (Mexico)
Image : 1.33 et 1.85 4/3 PAL
Son : PCM 2.0 + DD 5.1
Durée totale : 94 minutes
Bonus :
- Partie CD-ROM avec des lettres et essais du Cmdt Marcos
- Paroles et interventions sous-titrées uk es
- Backstage pre-show (3 min non st)
- Visite de Mexico par Tom (2 min non st)
- Interview de Noam Chomsky (11 min non st)
- Galerie de 10 photos
- Interview avec le commandant Marcos (9 min st uk incrustés)

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- Zach De La Rocha (chant)
- Tom Morello (guitare, choeurs)
- Y. Tim K (basse)
- Brad Wilk (batterie)


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