Recherche avancée       Liste groupes



      
POST-ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

2016 Kodama

ALCEST - Kodama (2016)
Par RYUK le 8 Janvier 2018          Consultée 275 fois

Il existe des groupes qui arrivent à changer de style au fil de leur carrière. On en connaît au moins tous un, tel BRING ME THE HORIZON, qui fait couler pas mal d'encre pour être passé du Deathcore au Metal bien plus mainstream au gré des albums.

ALCEST en fait partie. Formé en 2000, ALCEST est au départ une formation française de Black Métal menée par le talentueux multi-instrumentiste Stephane Paut (alias Neige).
L'univers d'ALCEST commence à changer dès l'album Ecailles de Lune et emmène progressivement l'auditeur vers un univers de plus en plus planant, aérien et mélancolique.
16 ans après sa formation, ALCEST sort Kodama, son cinquième album. Six morceaux (un de plus sur la version Deluxe) pour une durée de plus de quarante minutes. Pas de doute, on est bien dans une formation Post-Rock. La plupart des morceaux se rapprochent des 10 minutes (mis à part "Onyx" qui ressemble plus à un interlude), ce qui laisse largement le temps à la musique de s'épanouir. Nous sommes très loin du format 3"30 imposé par les radios. Et c'est tant mieux, car cela me rappelle mes premières amours avec PINK FLOYD.

Avec cet album, ALCEST arrive avec génie à mélanger deux styles différents; d'un côté un Post-Rock teinté de sonorités empruntées au Shoegaze avec un chant aérien, des mélodies planantes et une batterie mid-tempo très efficace. Et l'autre, un son plus brut tiré du Black Métal, comme si ALCEST n'avait jamais perdu de vue ses origines.

La tranquillité du Post-Rock laisse place à l'énergie du Black Métal avec des blast beats puissants, tout comme le son des guitares et de la basse. Le chant planant s’éclipse au profit d'un chant hurlé faisant penser aux premiers albums de DARKTHRONE ou encore Filosofem de BURZUM.

Ce mélange des deux genres ne ravira pas à coup sûr les fans de la première heure, même si Kodama se rapproche à certains moments des albums Écailles de Lune et Les voyages de l'âme. Les morceaux "Éclosion" et "Oiseau de proie" témoignent parfaitement de cette mixité des genres.

Côté instrumental, Kodama puise sa force dans des mélodies puissantes, aériennes et mélancoliques. La batterie est simple et efficace, elle se distingue particulièrement sur certains morceaux comme "Untouched" ou "Oiseaux de proie". Les morceaux prennent une toute autre dimension. La basse est puissante et joue parfaitement son rôle d'assise rythmique.

Mais force est d'avouer que sans les mélodies des guitares et la beauté du chant il manquerait quelque chose. On retrouve des influences plus ou moins flagrantes. Certes, il y a déjà l'emprunt au genre Black Métal, mais on peut retrouver des influences plus éloignées. "Kodama" peut faire penser à certains moments à TOOL, la voix rappelant celle d'un certain James Meynard Keenan. On retrouve également des sonorités asiatiques dans "Kodama" ou encore "Je suis d'ailleurs" même si elles restent assez discrètes. Il faut préciser que Kodama signifie en japonais "Esprit de l'arbre" ou encore "Echo", ce qui peut expliquer ces sonorités.
Si on veut pousser le bouchon un peu plus loin, on peut aussi observer une similitude entre un passage de "Kodama" (entre 4:14 et 5:10) et le thème du film Interstellar composé par Hans Zimmer.

Dernier changement par rapport aux premiers albums: la pochette. On s'éloigne de ce qui a été produit précédemment. Les couleurs chaudes dominent.
L'artwork transpire l'univers asiatique, le personnage central rappelle un héros de l'univers manga. Le soleil en arrière-plan fait sûrement référence au Soleil Levant. Il y a une sorte de contraste entre la Vie incarnée par la fille, la végétation et le soleil, et la Mort tapie sous la surface de l'eau.


ALCEST nous livre ici un album à l'image du Japon, entre tradition et modernité.
Posez votre téléphone, mettez votre casque, allongez-vous et laissez-vous transporter par Kodama qui mérite très largement sa place parmi les albums de Post-Rock les plus intéressants de la scène européenne.

A lire aussi en POST-ROCK :


GREGOR SAMSA
55:12 (2006)
Post-rock




Nils Petter MOLVAER
Buoyancy (2016)
Molvaer en mode psychédélique


Marquez et partagez





 
   RYUK

 
  N/A



- Neige (guitare, basse, synthés, chant)
- Winterhalter (batterie)


1. Kodama
2. Éclosion
3. Je Suis D'ailleurs
4. Untouched
5. Oiseaux De Proie
6. Onyx
7. Notre Sang Et Nos Pensées (edition Bonus)



             



1999 - 2018 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod