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ECHO AND THE BUNNYMEN - Evergreen (1997)
Par SEIJITSU le 9 Janvier 2018          Consultée 175 fois

En 1993, ECHO AND THE BUNNYMEN se séparent dans l’indifférence la plus totale. Dix ans auparavant, ils étaient pourtant une des formations les plus excitantes de leur ère. Les critiques s’épuisaient en superlatifs pour chacune de leurs sorties et le succès commercial commençait à pointer le bout de son nez. C’est ce qu’on appelle un retour de bâton et cela arrive souvent lorsqu’une époque propose trop de groupes enthousiasmants à découvrir. Et si les petits gars de Liverpool n’ont pas su se montrer à la hauteur de leurs quatre premiers albums, leur discographie demeurait très solide... Jusqu’à ce disque.

Evergreen est le premier de cette période post-reformation. Le premier à remettre également le groupe sur l’échiquier des ventes puisqu’il se loge en huitième position dans les charts anglais. Il en fut de même pour « Nothing Lasts Forever » qui devint un single à succès. Le duo Ian McCulloch / Will Sergeant jubile. Eux qui s’étaient déjà rabibochés quelques années auparavant alors qu’ils furent incapables de récolter des bénéfices similaires avec un autre nom (ELECTRAFIXION). Ce nouveau skeud de ECHO, c’est un peu leur revanche après avoir été oubliés par les médias.

Malheureusement, impossible de soutenir que tout cela est mérité. Parce qu’Evergreen est faible, très faible. Les lapinous tombant dans le piège qu’ils avaient su éviter avant leur split : celle d’un pop rock à la formule ultra rabâchée. Toutefois, il faut remarquer que ce retour s’opère en pleine mode britpop. Juste avant la parution du Be Here Now d’OASIS donc avant son déclin selon les historiens (ce qui est une sacrée connerie cela dit, tant le "genre" fut capable de sortir d’autres grands disques par la suite). Alors que cette musique se fasse volontiers romantique et mélodique n’est pas surprenant. Et il serait osé, pour ne pas dire idiot, de reprocher à une bande de s’insérer dans un courant qu’il a lourdement influencé. KILLING JOKE l’a bien fait, donc pourquoi pas eux ?

Bien entendu, le problème n’est pas là. Le souci, c’est la qualité des compositions. Elles n’ont jamais été particulièrement élaborées mais leur inspiration surnaturelle et leur héroïque interprétation des années 1980 les ont rendues essentielles. On est loin de tout cela ici. Evergreen est mou. Il est même tellement pataud qu’il en devient barbant. Il est vrai que depuis le départ de Pete de Freitas chez Saint Pierre, la bande a égaré une certaine urgence rythmique. Cependant, ce manque n’a jamais été aussi pesant que sur cet album !
Certes, la voix de McCulloch n’a rien perdu de son attrait et les lignes de guitares de Sergeant sont parfois chouettes (« Don't Let It Get You Down », « Empire State Halo » ou « Too Young to Kneel »). Hélas, tout cela n’a guère d’importance quand les mélodies sont oubliables. Parce qu’en dehors du morceau titre, de l’avant dernière piste et de « I'll Fly Tonight », notre cortex peine à imprimer la moindre mélopée. Ce qui est quand même très embêtant de la part d’un groupe tel que ECHO AND THE BUNNYMEN.

Allons bon. Le succès commercial de ce bidule ne peut tout de même pas s’expliquer uniquement par son contexte ? Effectivement, tout est arrivé par son premier single, le fameux « Nothing Lasts Forever ». L’unique grand morceau d’Evergreen, une superbe ballade où l’interprétation du Mac nous humidifie les paupières tellement elle est poignante. Quel talent ! C’est aussi l’un des rares instants du disque où les interventions de cordes ne viennent pas alourdir le propos avec un romantisme surannée.

Suranné…... Voilà un terme allant comme un gant à ce réservoir à rengaines. Car cette britpop évoque vraiment ce qu’on pouvait entendre de pire dans ce style : un rock alternatif qui n’avait d’alternatif que le nom. Trop tourné vers le passé au point de sonner comme un pop rock rétro dont l’extrême classicisme est à nous faire ronfler. Hé bien ce retour des BUNNYMEN, c’est exactement ça. Une ode au sommeil.

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   SEIJITSU

 
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- Ian Mcculloch (chant, guitare, piano)
- Will Sergeant (guitare)
- Les Pattinson (basse)
- Adam Peters (invité, claviers, arrangement de cordes, chef d'or)
- Michael Lee (invité, batterie)
- Ed Shearmur (invité, piano sur piste 6)
- London Metropolitan Orchestra (cordes)
- Liam Gallagher (invité, chœurs sur piste 6)


1. Don't Let It Get You Down
2. In My Time
3. I Want To Be There (when You Come)
4. Evergreen
5. I'll Fly Tonight
6. Nothing Lasts Forever
7. Baseball Bill
8. Altamont
9. Just A Touch Away
10. Empire State Halo
11. Too Young To Kneel
12. Forgiven



             



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