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- Style : U2, Whipping Boy

ECHO AND THE BUNNYMEN - Echo & The Bunnymen (1987)
Par SEIJITSU le 5 Novembre 2017          Consultée 259 fois

Dans ces années 1980 finissantes, il n’était pas raisonnable d’espérer de nouveaux chefs-d’œuvre de la part de la new wave. Le courant s’étant métamorphosée en une pop ou un rock FM bourré de synthés. Sympathique dans le meilleur des cas, mais souvent indigent. Le post-punk ne pouvait suivre qu’un chemin similaire après avoir délivré ses meilleurs moments. A moins de choisir une des deux options s’imposant à lui face à ce carrefour existentiel. Terminer sa course dans l’underground et n’espérer toucher qu’un public de niche. Ou bien, chercher à évoluer avec son époque afin de garder toute son attractivité commerciale sans perdre en saveur.

En toute logique, c’est ce qu’aurait dû faire ECHO AND THE BUNNYMEN. Après s’être renouvelé sur l’immense Ocean Rain, leur chemin était tout tracé. Oser le split pour rentrer dans la légende ou continuer afin de perfectionner et faire évoluer ce qu’il avait bâti. Hélas, rien ne va se passer comme prévu.

Les Lapins de Liverpool préfèrent prendre leur temps avant de donner un successeur à ce qui pourrait être considéré comme leur magnum opus. Se contentant de sortir un single (le merveilleusement psychédélique « Bring On the Dancing Horses ») en 1985 pour faire patienter leurs fans. Malheureusement, le génial batteur Pete de Freitas décide de mettre fin à son aventure avec les BUNNYMEN. En dépit de cette nouvelle très inquiétante (son apport musical fut crucial dans leurs premiers disques), ils ne se découragent pas et engagent, l’ex-ABC, David Palmer. Cependant, ce qui semblait être un acte de courage va s’avérer être une suite de mauvais choix, de malchance et de caprices de divas.

Car si cet album a mis autant tarder à paraître, c’est déjà à cause d’un choix de production inadéquat. La participation de Palmer sera jugée insatisfaisante par ses nouveaux collègues au point qu’ils laissent tomber leur précédent producteur, Gil Norton, pour se tourner vers Laurie Latham afin de pouvoir enregistrer avec de Freitas qui est revenu de ses escapades entre temps. Les sessions d’enregistrement seront difficiles. Latham étant exigeant et Ian McCulloch s’aliène ses copains puisqu’il a du mal à gérer ses problèmes d’alcool.
L’album finit par sortir en 1987 mais pour quel résultat ? Le son est aussi plat que la poitrine d’une Asiatique. Cette réverbération surabondante typique de cette période n’étant pas adaptée aux Lapinous. Cela en valait bien la peine que Latham les mène à la baguette !

Concernant la musique, c’est heureusement d’un meilleur niveau. Les chansons sont plutôt bien écrites dans leur ensemble et plus pop qu’auparavant, donc plus accessibles. C’est carré, propre, bien dégagé derrière les oreilles et rien ne dépasse malgré quelques sonorités psyché… C’est ce qui déçoit justement le plus. Les apports de cordes et la dimension symphonique d’Ocean Rain sont totalement mis de côté. Donc toute l’ambition de cette bande également par la même occasion. Même s’il est toujours chouette d’entendre Ray Manzarek pianoter sur « Bedbugs and Ballyhoo », ce n’est pas avec ce genre de skeud que le gang de McCulloch aurait pu se faire remarquer dès ses premiers pas. Même si son intention de mêler phénomène alternatif de la même patrie (l’influence de la jangle pop des SMITHS est audible) et mainstream n’est pas une mauvaise idée à la base.

Toutefois, c’est leur songwriting qui les sauve. Tombés d’une vingtaine d’étages, ils n’atterrissent pas au rez-de-chaussée (ce qui est facile quand on était dans les derniers niveaux d’un building). Parce que certains morceaux sont très bons. « All in Your Mind », « New Direction » et surtout le classieux « Blue Blue Ocean ». La formation se garde même un tube sous le coude : l’hymne « Lips Like Sugar » au refrain, certes nunuche, mais inoubliable. Ce qui confirme qu’on peut chanter n’importe quoi tant on est un grand interprète.

Si le groupe n’atteint pas la première place tant convoitée des charts, ils sont désormais devenus suffisamment énormes dans leur pays natal pour réussir à vendre en masse un disque mineur. Car Echo & The Bunnymen est à l’image de son titre et de sa pochette : impersonnel, basique et pourtant très compétent (même des titres anodins tels que « The Game » ou « Bombers Bay » sont agréables). Il n’empêche, on peut toute de même regretter que cet immense quatuor se soit contenté de ça.

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   SEIJITSU

 
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- Ian Mcculloch (chant, guitare, piano)
- Will Sergeant (guitare)
- Les Pattinson (basse)
- Pete De Freitas (batterie)
- Henry Priestman (invité, claviers)
- Jake Brockman (invité, claviers)
- Ray Manzarek (invité, claviers sur piste 3)


1. The Game
2. Over You
3. Bedbugs And Ballyhoo
4. All In Your Mind
5. Bombers Bay
6. Lips Like Sugar
7. Lost And Found
8. New Direction
9. Blue Blue Ocean
10. Satellite
11. All My Life



             



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