Recherche avancée       Liste groupes



      
HARD PROG  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

ALBUMS STUDIO

1970 Warhorse
1972 Red Sea
 

- Style + Membre : Deep Purple

WARHORSE - Red Sea (1972)
Par LE KINGBEE le 22 Février 2018          Consultée 989 fois

On ne reviendra pas sur l’histoire de WARHORSE, groupe fondé par Nick Simper* plus ou moins sur les cendres du Marsha Hunt Group, on conseillera de se reporter sur l’excellente chronique du premier album éponyme concoctée par notre collègue Tomtom.

Alors, entre leur premier jet et ce second disque, il faut admettre que la formation est loin de figurer parmi les priorités du label Vertigo. La maison de disques vient d’empiler plusieurs galettes qui se vendent bien et privilégie des groupes plein d’avenir : BLACK SABBATH, GENTLE GIANT, PATTO, URIAH HEEP, Rod STEWART avec « Gasoline Alley » ou bien encore STATUS QUO avec « Piledriver ». A l’instar de WARHORSE, différentes formations seront comme étouffées par l’arrivée de disques phares du début seventies (Nucleus, Magma Carta, les Canadiens de Lighthouse ou Jackson Heights). C’est comme ça, bien souvent l’aspect financier prend le pas sur le domaine artistique, sans pour autant que le disque soit sous dévalué.

Donc, entre le premier disque éponyme et « Red Sea »**, le groupe voit le départ du guitariste Ged Peck, fatigué par les tournées épuisantes, remplacé par Peter Parks. Le nouvel arrivant n’est pas inconnu, il a fait équipe avec Nick Simper et son prédécesseur au sein de Screaming Lord Sutch.
En 1971, suite à une longue tournée, Vertigo envoie le quintet à Soho au De Lane Lea Studios, un studio de post synchronisation et de doublage fondé à la fin de la Seconde Guerre Mondiale par le Major Jacques De Lane Lea, ancien officier de renseignement français. Comme quoi, barbouze mène à tout. Le studio a bonne réputation, DEEP PURPLE y a mis en boÏte « Deep Purple In Rock » et WISHBONE ASH ses deux premiers albums. Vertigo confie la production au groupe et au débutant Ian Kimmet (on le retrouve plus tard dans le giron de R.E.M., Danny Gatton mais essentiellement derrière l’américano-anglais Randy VanWarmer).

En ouverture « Red Sea » titre donnant son nom à l’album, nous renvoie aux sonorités anglaises de l’époque entre Hard Rock et Heavy Prog dans la lignée de DEEP PURPLE. Contrairement à ce que raconte l’Exode avec le passage où Moïse coupa la mer en deux, le titre n’ouvre pas les portes du succès. Sous d’épais nappages d’orgue, la guitare se montre plus bluesy mais ne permet pas au groupe de connaître un succès similaire à « St Louis », chanson de leur premier album. « Back In Time » nous expédie encore une fois vers les répertoires de DEEP PURPLE ou du futur RAINBOW via un jeu de guitare évocateur de Ritchie Blackmore. C’est long (presque huit minutes) et ça cogne fort.
Petit moment de répit avec « Confident But Wrong », un proto prog dans lequel la guitare s’éloigne des codes british pour s’orienter vers une sonorité plus californienne. Le groupe diminue encore ses ardeurs sur « Feeling Better » avec une intro au piano et aux claviers où résonnent des réminiscences de STYX ou KANSAS, portée par le chant d’Ashley Holt.

On vous parlait d’une orientation sonore outre-atlantique, « Sybilla » avec son intro de basse bien ronde en est le parfait exemple. La voix expressive, pleine d’émotion, de Holt porte carrément le morceau, bien secondée par une guitare flamboyante. « Sybilla, you’ve got to thriller –You’re still in your direction -Sybilla, you hurt my pride- … Sybilla, you’re in my bed - Hum... Something’s to my head! … ». Oui, là on est tout proche d’une Soul Prog., registre dans lequel WARHORSE pose ses premières pierres.
Les amateurs de batterie devraient être comblés avec « Mouthpiece », instrumental de plus de huit minutes dans lequel Mac Poole, musicien qui faillit intégrer Led Zep, s’offre une véritable démonstration de batterie avec deux énormes et longs solos.
Si ce Cheval de Guerre excelle dans la création (six des sept pistes proviennent de compositions conjointes), la formation s’autorise un emprunt au trio Leiber/Stoller/Donita avec « I (Who Have Nothing) ». Standard de Soul mode Crooner. Le titre interprété par Ben E King connaît un immense succès via Shirley Bassey. Chez nous, le titre est repris en anglophone par Richard Anthony, adapté en français par Sylvie Vartan, et repris bien plus tard par Johnny en duo avec l’Américaine Amy Keys. Au fil des ans, le morceau connaît près d’une centaine de versions se révélant pour la grande majorité serviles, surproduites et manquant cruellement d’âme. En fait, elles se ressemblent presque toutes, hormis les essais de The Spectres (futur STATUS QUO), et des éphémères Liquid Smoke. Il faut bien tendre l’oreille pour reconnaître le titre. WARHORSE nous en offre une version oscillant entre Prog et Rock Psyché. Si cette fin de disque est loin de figurer parmi les meilleures pistes du disque, le groupe se démarque toutefois avec une interprétation évitant tout rabâchage. Une note de 3 pour ce disque, vu que je suis probablement plus sévère que mon éminent collègue.

Loin de nous l’idée de placer ce second disque au Panthéon des productions Prog et Heavy Rock du début des années 70, mais cet album tombé aujourd’hui dans l’oubli se situe largement au-dessus de la moitié des productions de l’époque. Un album inférieur au premier jet du groupe. Malgré sa pochette, WARHORSE ne deviendra jamais la figure de proue du mouvement Rock Prog ou de ses dérivés.

* Nick Simper, Mac Poole et Peter Parks joueront plus tard ensemble au sein de Fandango.
**Cette chronique provient de l’écoute du vinyle Vertigo pressage anglais édité en 1972. Si le vinyle a été réédité à plusieurs reprises, le label anglais Thunderbold en proposait en 1984 une pochette totalement différente avec un chevalier en armure chevauchant un destrier. Le label Repertoire, spécialisé dans les rééditions, a publié en 2012 une version CD agrémentée de cinq démos et d’un titre Live.

A lire aussi en HARD ROCK par LE KINGBEE :


DUST
Dust (1971)
Un des premiers trios heavy rock power us.




BACHMAN TURNER OVERDRIVE
Not Fragile (1974)
Du béton sans fissure 40 ans après sa sortie.


Marquez et partagez





 
   LE KINGBEE

 
  N/A



- Ashley Holt (chant)
- Peter Parks (guitare)
- Nick Simper (basse)
- Mac Poole (batterie)
- Frank Wilson (piano, claviers)


1. Red Sea.
2. Back In Time.
3. Confident But Wrong.
4. Feeling Better.
5. Sybilla.
6. Mouthpiece.
7. I (who Have Nothing).



             



1999 - 2022 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod