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- Style + Membre : Poor Moon

FLEET FOXES - Crack-up (2017)
Par COWBOY BEBOP le 2 Juin 2018          Consultée 167 fois

On dira ce qu'on veut du contenu des albums de FLEET FOXES, mais le fait est qu'ils ont toujours de très jolies pochettes. Celle-ci dépeint un océan dans toute sa majesté — « je te salue, vieil océan ! », comme disait le poète maudit (pas Charles, l'autre). Une telle invocation ne peut qu'évoquer d'insondables abysses et de tumultueuses tempêtes, et la teinte sombre de l'eau ne peut qu'être au diapason de l'humeur saturnienne du sinistre barde.

Et c'est en effet un album assez atrabilaire que nous proposent là nos chers canidés rubigineux. Robin Pecknold avait même déclaré lors d'une interview : «  I’ve struggled at times with finding a solid, objective reason to live, or I should say I’ve struggled with the notion of needing an airtight reason ». Rassurez-vous, les FLEET FOXES ne sont pas mis à faire de l'emo : la son du groupe a à peine changé, à tel point qu'on en oublie que presque dix ans séparent ce Crack-Up de leur premier LP. Mais contrairement à leur album éponyme, qui avait conquis les critiques par son originalité, le public par la qualité de ses mélodies folk, et les amateurs éclairés par l'intrication de ses compositions hétéroclites, Crack-Up semble être exclusivement adressé à une petite élite capable de s'aveugler suffisamment pour prendre des vessies pour des cornemuses.

Les premières écoutes sont assez déstabilisantes, et pour le dire franchement, plutôt décevantes. Le premier ressenti est celui d'une morne agonie mélodique, une sorte de déliquescence plus ou moins harmonieuse. Les chansons se confondent les unes dans les autres, masse liquide indifférenciée et inscrutable dans laquelle il est difficile de distinguer des formes précises. Une impression qui, loin de se dissiper comme un léger brouillard, ne fait que se confirmer au fur et à mesure. Il faudra réussir à mettre ses attentes de côté pour pouvoir apprécier les subtilités des divagations mélancoliques de Robin et de sa bande. Néanmoins, même après le premier cap franchi, la plupart des morceaux ne sont finalement que d'inutiles prolégomènes aux quelques moments intéressants de l'album.

Crack-Up souffre en fait du même problème que Helplessness Blues. Ce dernier reprenait la formule du premier album, tout en troquant son insouciance pour une atmosphère légèrement plus languide et brouillonne, et perdait en chemin une certaine subtilité silencieuse, malgré quelques très belles chansons. On sentait déjà le groupe tourner en rond en pourchassant sa propre queue, ce qui arrive fréquemment lorsqu'on se contente de faire ce que l'on sait faire sans trop se remettre en question. Ici, la volonté d'évolution est nettement plus palpable, mais ce Crack-Up donne l'impression d'un démarche faite à moitié, d'une transmutation incomplète, d'une métamorphose avortée. En voulant assombrir ses tableaux, le groupe perdu beaucoup de sa beauté naïve, et n'a pas gagné grand-chose pour la remplacer. Les transitions sont abruptes et brisent l'unité des morceaux au lieu de les enrichir — ce qui est sûrement voulu, mais alors pourquoi ne pas les séparer en plusieurs titres ? Cela semble plus tenir de la démarche vide et affectée que d'une véritable recherche artistique.

Tout n'est pas à jeter à la mer pour autant, et quelques belles compositions éclairent cette morne étendue liquide, tels les phares du poète maudit (pas Isidore, l'autre) : « Fool's Errand », « Third Of May », « If You Need To, Keep Time On Me » et « On Another Ocean » sont les seuls récifs à émerger péniblement des flots moroses. L'album n'est pas non plus totalement dépourvu d'idées attrayantes : on se prend a apprécier le tangage entre calmes chuchotements et violentes appoggiatures, et les dissonances volontaires créent quelques belles atmosphères, apportant à certains moments une tension comminatoire inédite dans les compositions du groupe jusqu'alors.

Où est passée la fraîcheur estivale du premier album (et les neiges d'antan) ? Elle reparaît parfois au détour d'un refrain, et l'on retrouve alors les FLEET FOXES des premiers jours ; lumineux, gazouillants, plus modestes — et peut être un peu naïfs, mais ô combien plus charmants. Fini tout ça : sur Crack-Up, le groupe (ou plutôt Robin Pecknold) semble plus enclin à se caresser le nombril qu'à écrire des chansons intéressantes. Il faut le dire, quitte à passer pour un philistin ignare : malgré son accueil dithyrambique par la presse musicale, Crack-Up ne casse pas trois nageoires à un poisson-scie.

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   COWBOY BEBOP

 
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- Robin Pecknold (chant, guitares)
- Skyler Skjelset (chœurs, basse, claviers)
- Christian Wargo (chœurs, basse, percussions)
- Casey Wescott (qraqebs, kettledrum, koto, programmation)
- Morgan Henderson (violoncelle, double basse, clarinette, flûte)


1. I Am All That I Need / Arroyo Seco / Thumbprint Sc
2. Cassius, –
3. – Naiads, Cassadies
4. Kept Woman
5. Third Of May / Ôdaigahara
6. If You Need To, Keep Time On Me
7. Mearcstapa
8. On Another Ocean (january / June)
9. Fool's Errand
10. I Should See Memphis
11. Crack-up



             



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