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POP AOR ROCK FM  |  B.O FILM

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1986 Top Gun

Giorgio MORODER / H. FALTERME - Top Gun (1986)
Par BAKER le 6 Juillet 2018          Consultée 181 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

De beaux hommes torses nus jouant au beach volley en partageant une amitié très fortement virile, des couchers de soleil toutes les 150 minutes jours fériés compris, des motos qui font vroum vroum et des avions qui font ta ta ta ta nioooonnnnnnnn  : lors de sa sortie en 1986, Top Gun charme le grand public grâce à son absence totale, et assumée, du moindre signe de subtilité. A tous les niveaux, photo, humour, son, sentiments, ça joue la carte du bourrinage décomplexé. Et il faut l'avouer, même si cela en coûte : dans son genre, Top Gun fonctionne à merveille. C'est très con, très prétentieux, très spectaculaire. Le film confirme le statut de légende du encore tout jeune Tom Cruise, mais aussi celui de Tony Scott, esthète adepte de l'esbroufe gratuite mais, là aussi, assumée (Top Gun est un film où, hum, beaucoup de choses sont franchement assumées...). Et naturellement, côté musique, le paquet a été mis : Brian ENO, Steve ROACH, Terry OLDFIELD. Non, je déconne hein.

Non, à film gros boeuf, bande originale gros boeuf. Et en 1986, quel producteur avait plus de poids, de bouteille et de légitimité que Giorgio Moroder ? Le faiseur de tubes est engagé pour développer quelques singles bien sentis distribués à divers artistes, mais il est secondé par un lieutenant de choix : son protégé Harold Faltermeyer. Tout juste auréolé suite au succès fracassant du "Flic de Beverly Hills", Faltermeyer assure la moitié du travail et notamment la musique originale. Le résultat : un disque dont la laideur de la pochette n'a d'égale que la force du coup de poing dans l'estomac qu'il procure. Quand il s'agit de chansons originales, une grande B.O. est une B.O. où chaque titre iconique rappelle une séquence culte. Top Gun est une très grande B.O.

Ca commence très fort pour pratiquement ne jamais ralentir, un peu comme dans les airs : avec "Danger Zone", Kenny LOGGINS s'est réinventé une carrière. Enorme tube aux USA, ce titre est à l'image de tout l'album. Synthétique, froid, digital, plein la gueule, mais si mélodique et exalté qu'on se met rapidement à hurler le refrain. Danger Zone, ouais, Kenny s'y est mis et ça lui a plutôt réussi. Même Serge GUIRAO lui a rendu hommage dans une chanson : oubliez le barbu laidback, LOGGINS donne le ton, et la chanson suivante, par ailleurs générique de fin, est là pour atomiser les quelques survivants récalcitrants.

Alors qu'ils sont humainement et artistiquement au creux de la vague, les CHEAP TRICK se sont vu offrir ce "Mighty Wings", écrit par Faltermeyer, une des plus grosses tueries du rock AOR des années 80. Furieusement épique, ce titre vous donne l'impression d'être à cheval sur l'aileron d'un Tomcat ! Et des tueries comme ça, il y en a la bonne moitié du disque. En pleine période hard prog loin de ses racines soul, TEENA MARIE délivre un titre pêchu doté de cuivres originaux. Deux chanteurs relativement inconnus bénéficient aussi d'une production terrifiante. D'abord Larry GREENE avec un "Through the Fire" jouissif : une intro délicieusement grasse, un couplet mélodieux avec voix éraillée et chaude, et puis ce refrain, à hurler les deux poings levés assis sur votre Ducati 950 ! (...à l'arrêt, ça vaut mieux). C'est idiot hein, mais quand le gars chante "vis ta vie comme si c'était ta dernière seconde", on y croit. Années 80 powaaaaa.

Autre semi-inconnue, MARIETTA chante un "Destination Unknown" assez basique mais tubesque à mort. Magnifique solo de guitare en son clair, voix franche et mélodie entraînante, belle recette. Ca fait déjà cinq tubes, la moitié. Moroder est à son zénith, et d'ailleurs Top Gun sera son chant du cygne puisqu'il ne retrouvera plus jamais un tel niveau d'efficacité - et de loin. Mais les autres titres, avec ou sans l'équipe du Suisse moustachu, ne manquent pas d'intérêt non plus : un MIAMI SOUND MACHINE plutôt dansant, un second titre de Kenny LOGGINS ensoleillé avec un riff d'anthologie et un super pont (et devenu un hymne gay en puissance), et puis pour la bonne bouche une ballade signée LOVERBOY qui se croit chez David FOSTER : ça vous glue entre les métacarpiens, mais ça marche, alors messieurs.... à vos braguettes !

Mais malgré cette avalanche de tubes en puissance, deux morceaux passeront vraiment à la postérité. Le plus connu est évidemment "Take My Breath Away", chantée par le groupe BERLIN mais écrite, encore, par Moroder. Une chanson assez stupéfiante : comment un titre aussi pataud peut-il fonctionner autant ? Moroder flirte avec la ligne jaune tout du long, entre efficacité pure et réel mauvais goût. Le public choisira la première option, et le groupe, loin de profiter de son succès, explosera en vol tel un MIG-29. L'autre vrai grand classique cependant, c'est l'instrumental "Top Gun Anthem". Peut-on faire plus iconique, plus représentatif des années 80 que ce solo anthologique de Steve STEVENS ? La puissance évocatrice de ce morceau est sans égale, et du premier écho digital sur une pauvre cymbale au hurlement de larsen, cette musique vous transporte là où la pochette vous en a fait la promesse : tout là-haut, avec les meilleurs des meilleurs. Et Faltermeyer de finir le disque comme il a commencé : en laissant l'amateur d'arena rock FM K.O. debout.

L'album est disponible en CD d'époque (au mastering léger, nous sommes en 86 !) et en vinyl qui a ses limites mais ressemble aux avions du film : tu pousses, ça monte. Il existe aussi une version remasterisée sortie chez Legacy, présentant 5 bonus. Trois classiques bien mis en valeur dans le film, dont un qui est un rendez-vous raté : "Great Balls of Fire" aurait été plus intéressant dans sa version jouée par Anthony EDWARDS (Nd Dr Greene : "Hin hin...") ! On passera rapidement sur le remix 12'' de Kenny LOGGINS totalement inutile, et on oubliera l'absence de la face B "Radar Radio" (un petit uptempo sans grande valeur) pour savourer "Memories", le second instrumental et certifié tire-larmes de compétition. C'est la réponse de Faltermeyer au "Madeline's Theme" de son mentor, c'est aussi effroyablement putassier, et ça va vous transformer en serpillière. Seul échappatoire, mais là il faut bien connaître ses classiques : pensez à vérifier dans votre poche arrière de jean que vous avez bien les yeux de votre père.

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- Non Disponible


1. Kenny Loggins - Danger Zone
2. Cheap Trick - Mighty Wings
3. Kenny Loggins - Playing With The Boys
4. Teena Marie - Lead Me On
5. Berlin - Take My Breath Away
6. Miami Sound Machine - Hot Summer Nights
7. Loverboy - Heaven In Your Eyes
8. Larry Greene - Through The Fire
9. Marietta - Destination Unknown
10. Harold Faltermeyer & Steve Stevens - Top Gun Anthm
- remaster Bonus Tracks
11. Otis Redding - Sittin' On The Dock Of The Bay
12. Harold Faltermeyer - Memories
13. Jerry Lee Lewis - Great Balls Of Fire
14. The Righteous Brothers - You've Lost That Loving F
15. Kenny Loggins - Playing With The Boys (mix)



             



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