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SWAMP BLUES - ROCK  |  STUDIO

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- Style : Slim Harpo , Creedence Clearwater Revival

MERCY - Magic (2003)
Par LE KINGBEE le 31 Août 2018          Consultée 181 fois

A l’orée du nouveau millénaire, MERCY BLUES BAND avait surpris le petit monde du Blues français en sortant « Tribute To Slim Harpo », album réédité par Janvier Records en 2001. Avec « Magic » le trio sudiste propose un album beaucoup plus personnel, cette fois-ci dix originaux et deux reprises bien senties viennent constituer le CD.

Avec son gros bidon en ferraille et la porte d’une cabane qui fait plus office d’abri de jardinage qu’autre chose, la pochette ne renseigne guère, même si le paysage dévoile une garrigue provençale. Idem pour la pochette dorsale illustrée par un vieil ampli accroché à la façade de la baraque. MERCY aurait-il voulu nous intriguer ? Les pochettes les plus simples sont souvent les meilleures et celle de « Magic » respire la sincérité et l’humilité.

En fait d’humilité et de sincérité, il a fallu deux ans pour que le trio nous ponde cette pépite devenue le coup de cœur de la chaîne FNAC, une première pour un combo de blues hexagonal. A la surprise générale, l'album décrochait dans la foulée une seconde place au « Power Blues », un concours radio organisé par feu la revue « Crossroads ». On sait tous que ce genre de trophée est souvent attribué par piston et que ce genre de récompense est parfois utilisé comme trompe-l'œil. Là, pas de chance, aucune maison de production ne semble avoir caressé dans le sens du poil, le trio a réussi à convaincre tout un parterre disparate d’amateurs de blues, chose pourtant pas aisée surtout dans l’Hexagone, par la qualité de son répertoire.

Premier constat, la line-up n’a pas changé : on retrouve la même section rythmique pour épauler le guitariste Jean-Paul Avellaneda. Quant au répertoire, le groupe ne change pas son fusil d’épaule et nous assène un Swamp Blues volontairement durci conjugué à un Rock à la Creedence Clearwater Revival. Si le Swamp est un genre tombé en désuétude faute de combattants et de changements de modes et tendances, seuls les guitaristes Selwyn Cooper et Lil Buck Sinegal sans oublier Lazy Lester, la dernière légende du Swamp, perpétuent tant bien que mal le genre. On peut crier Cocorico que le registre revienne au goût du jour par la grâce d’un trio français. Et cet album contient son lot de « grâce », MERCY se traduisant miséricorde.

L’énergique et festif « Dance » lance le CD sur de bons rails et permet une bonne mise en place. Gros groove d’entrée entrecoupé par un excellent solo de guitare. Le groupe maintient le cap avec « More And More », l’implacable « Maybe » et « Teamster In Love » dans lequel le cordon avec Slim Harpo ne semble pas totalement rompu. Changement de couleurs avec « My Little Axe », titre au tempo beaucoup plus lent diffusant comme une torpeur plus proche de Memphis que des bayous. Autre gros et long slow blues avec « Emotion », tout simplement impressionnant avec un feeling intense et une guitare qui touche la cible en plein mille à chaque note alors que bien souvent les guitaristes se complaisent dans des cascades de notes aussi stériles qu’inutiles.
Au rayon semi acoustique, l’humoristique « I Want Talk To Your Daddy », avec dobro et harmonica, nous conte la première rencontre d’un homme et de son futur beau-père dans une ambiance à la Tony Joe White, digne des meilleurs Porch Blues. Quand on écoute bien entre les lignes, la brise du Mississippi vient vous caresser le visage.

Standard du mythique Robert JOHNSON, précurseur malgré lui du triste « Club des 27 », « Stop Breaking Down » a connu moult reprises avec des tempos variés. Si le titre atteint une large postérité par l’entremise de Sonny Boy Williamson qui en fait un classique du Chicago Blues, le morceau tombe bien évidemment dans l’escarcelle de nombreux groupes blancs. On se souvient généralement de la tentative très électrique des STONES figurant dans « Exile On Main St. », de celle de ZZ TOP ou de l’essai cacophonique des White Stripes ou bien de CLAPTON censé rendre hommage à Johnson. Là, MERCY nous en concocte une version totalement différente. Le dobro prend le premier rôle tandis que les percussions contribuent à apporter une touche tribale évoquant les working songs chantées par les esclaves cueillant le coton. Une version servant de pont entre Lucinda WILLIAMS et Forest City Joe. Puisqu’on en est aux reprises, le prénom Lucille a assurément suscité de nombreuses chansons : de Big Joe Turner à Kenny Rogers mais c’est vers le classique de Little RICHARD que se tourne le trio avec une version aussi dansante que crasseuse modernisée par un remix radio, une slide qui essaie de ne pas déborder du bol, un sens du groove. Si vous connaissez les reprises des Everly Brothers, les adaptations des Copains ou de feu Johnny HALLYDAY, il est temps pour vous de passer à autre chose. Ici le trio nous en délivre une version rafraichissante sortant des sentiers battus, le juste milieu avec les tentatives des Pink Fairies et de Bugs Henderson. Même si on reste attaché à la version de Little Richard ou à la reprise d’Otis REDDING, celle de Mercy nous colle une grosse claque derrière la tête.
Quand on vous disait au début de la chronique que le disque partait sur de bons rails, « Magic Train », un shuffle aussi entraînant que contagieux, s’inscrit comme un magnifique interlude entre HARPO, CREEDENCE pour près de six minutes de chevauchée montant crescendo. L’album se termine avec « Last Dance » une pièce au dobro et en solo exécutée par Jean Paul Avellaneda, peut-être l’un des guitaristes front line les plus intéressants de notre Hexagone.
Terminons cet éventail par le titre fort, « Down On The Road », un Swamp Blues ravageur et ensorceleur dans lequel la slide collante dévaste tout sur son passage, un pur moment de magie, mais quoi de plus normal pour un disque nommé « Magic ».

Un répertoire cohérent, sincère et plein de complicité avec 12 brûlots mis en bouteille au studio E.V.S. d’Oraison, soit une fabrication maison. Ajoutez-y une section rythmique, véritable gardienne du temple, une guitare aérienne et vous avez entre les mains un disque de Blues qui sonne plus authentique que de nombreuses productions US. Avec sa pochette « bidon », MERCY délivrait sans en avoir l’air l’une des meilleures productions Blues de l’année 2003.

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   LE KINGBEE

 
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- Jean-paul Avellaneda (chant, guitare)
- Franck Marco (batterie, chœurs)
- Bruno Quinonero (basse, chœurs)
- Frédérique Younes (choeurs 10)


1. Dance.
2. More And More.
3. My Little Axe.
4. Down On The Road.
5. Maybe.
6. I Want Talk To Your Daddy.
7. Lucille.
8. Teamster Of Love.
9. Stop Breaking Down.
10. Emotion.
11. Magic Train.
12. Last Dance.



             



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