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BE BOP DELUXE - Futurama (1975)
Par JESTERS TEAR le 6 Septembre 2018          Consultée 215 fois

Ah 1975 ! Quelle année ! 1974 venait juste de finir, et 1976 n’avait pas encore commencé (ce beau morceau de contexte historique vous est offert par Forces Parallèles. C’est cadeau). C’est aussi l’année où est sorti le second album de BE BOP DELUXE, ce groupe obscur et oublié mené par Bill Nelson.

D’ailleurs, si c’était pas assez évident que Nelson était à la barre du fait qu’il soit le chanteur, guitariste et compositeur du groupe, il vient de se débarrasser de tous les musiciens qui l’accompagnaient sur son premier méfait pour recruter une nouvelle équipe (les syndicats ont dû gueuler, j'vous l'dis moi). Charlie Tumahai prend la basse, Simon Fox la batterie, et Billy the Kid (non c’est pas vraiment son surnom, c’est moi, j’avais envie) s’occupe du chant, des guitares et des claviers. Toujours chez Harvest, comme toute la discographie du groupe, cet album est produit par Roy Thomas Baker, que l’histoire a retenu pour son travail avec QUEEN pour 5 albums, dont à Night At The Opera (petite ligne anecdotique à mettre dans un CV, j’en conviens).

Le son de cette seconde œuvre diffère grandement de celui de la première. Il est plus clair, moins étouffé, plus perçant. Plus synthétique également, avec l’omniprésence des claviers quasiment absents du précédent opus, et avec un traitement particulier de la voix tout au long de l’album, que je trouve personnellement peu réussi. Alors, oui, il gagne en précision et les passages aériens comme les plus rythmés en profitent. Cependant, il en est plus agressif, moins confortable, moins moelleux, et moins typé glam rock des origines, ce qui peut frustrer ceux qui, comme moi, se faisaient un festin de ce son particulier sur Axe Victim.

La galette s’ouvre sur « Stage Whispers », et les premières secondes sont envahies par un tourbillon de guitares acoustiques et électriques avant qu’un coup de sifflet (c’est même pas une expression, c'est vraiment un coup de sifflet, j'vous jure !) ne lance véritablement un morceau survitaminé où la guitare est reine (« this guitar does not lie » clame d’ailleurs fièrement le chanteur au cours du morceau). Le style glam rock est encore très présent, notamment dans le chant qui conserve encore pour ce morceau ( le seul dans l’album) des influences de BOWIE. Je ne serais pas surpris d’apprendre que cette piste est héritée des sessions d’Axe Victim, tant certains éléments qui disparaissent sur le reste de Futurama rappellent ce premier album (l’absence de claviers y joue sans doute aussi pour beaucoup). Il y a cependant une différence tout à fait notable dans la composition des morceaux : un aspect ludique. On sent que Nelson s’amuse, suivi par ces compères, et ça transparaît dans des breaks farfelus aux rythmiques exotiques où le guitariste jongle, avec une virtuosité exemplaire, entre les styles de jeu. C’est très enthousiasmant et toujours parfaitement maîtrisé.

Le deuxième morceau, « Love With The Madman » (l’autobiographie de mon ex porte le même titre), est une ballade où apparaissent les claviers et où la guitare se fait ultra mélodique pour mon plus grand plaisir. Et l’album continue sur ce schéma, alternant titre explosif avec morceau plus aérien sur les 9 pistes de l’album. Les longueurs varient de moins de 3 minutes à plus de 6, mais la qualité est toujours présente. Les claviers, sans être virtuoses, sont un élément très important de l’album, renforçant et parfois même créant les ambiances, et Bill Nelson montre ainsi qu’il est un multi-instrumentiste tout à fait valable. Plus que jamais, il est le maître à bord. Les guitares sont partout, alors qu’il n’est plus épaulé d’un guitariste additionnel, et la base rythmique, si elle abat un travail formidable et précis, une prouesse considérant les ruptures et changements permanents de la musique, semble plus suivre le capitaine qu’autre chose (je regrette d’ailleurs la basse volubile et mélodique du premier album).

Le chant, quant à lui, n’est pas vraiment un des points forts de la livraison. Fatigué d’être comparé à BOWIE, Nelson s’écarte du style du premier album, et bien que l’intention soit louable, le rendu n’est pas très convaincant (le filtre sur sa voix est d’ailleurs loin d’arranger les choses). Cela est sauvé de la médiocrité par certaines mélodies inspirées et des chœurs présents et souvent efficaces.

Malgré ce défaut, l’album est un vrai plaisir, regorgeant de bonnes idées (l’aspect aérien et acoustique de « Jean Cocteau ») parfois excentriques ( les lalalalalala qui accompagnent et dynamisent le refrain du feu d’artifice qu’est « Between The World »). On notera « Sister Seagul » comme titre phare. Un morceau lent et aérien où le chant est enfin inspiré, où la guitare est céleste et qui clame que les mouettes sont nos amies avec tout plein de mots poétiques.

Cette seconde livraison marque une nette différence avec Axe Victim, mais elle n’en est pas moins excellente dans son propre domaine. Son bouillonnement créatif est enivrant (attention cependant, il rend l’écoute un peu exigeante, le son plus agressif accentuant en plus la fatigue), ses claviers efficaces, et Bill Nelson prouve une fois pour toutes qu’il est un sacré guitariste à défaut d’être un guitariste sacré de l’histoire musicale (ce qu’il mériterait peut-être d’être, mais c’est ouvert au débat).

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   JESTERS TEAR

 
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- Bill Nelson (chant, guitares, claviers)
- Charlie Tumahai (basse)
- Simon Fox (batterie)


1. Stage Whispers
2. Love With The Madman
3. Maid In Heaven
4. Sister Seagull
5. Soundtrack
6. Music In Dreamland
7. Jean Cocteau
8. Between The Worlds
9. Swan Song



             



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