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Mark KING - Influences (1984)
Par BAKER le 9 Octobre 2018          Consultée 198 fois

Influences est l'antithèse absolue de ce qu'il est censé représenter. Sur le papier, ce disque est... voyons ça de plus près... hem, un album solo d'un bassiste de groupe de pop rock des années 80. Ben faites pas cette tronche, souriez, c'est de bon augure non ? (NdKermitterrand : OH, YOUPI MERDE !!!). Seulement on ne parle pas de n'importe quel groupe, ni de n'importe quelle pop rock - si tant est qu'on puisse utiliser ce terme, après tout l'album "Level 42" très funk et jazz fusion ne date que de trois ans.

Et puis avant tout, nom d'une pipe en bois de Saint Claude, on ne parle pas de n'importe quel bassiste !

Alors tranchons dans le vif : en 1984, LEVEL 42 a de façon très progressive mais tout aussi nette bifurqué du brit-funk vers une forme de pop ou soft rock, les influences fusion disparaissant, les parfums Africains et les envolées de basse aussi. Non pas que le résultat ait été mauvais, loin de là, mais ceux qui avaient reçu une gifle-on-the-museau certifiée AOC 1981 en découvrant Mark KING commençaient à s'inquiéter : encore quelques albums comme ça et on pourrait remplacer le bassiste à la main millionnaire (hum, oui, sa main droite est assurée pour un million de livres) par un vulgaire DX7 même pas patché.

Donc à tous ceux qui trahissaient des inquiétudes, à défaut d'autre chose, rassurez-vous : la face A de Influences s'appelle "The Essential", et elle porte bien son nom : elle est ESSENTIELLE dans toute discothèque quelle qu'elle soit. C'est une boucherie sans nom. Mark y tient la plupart des instruments, et notamment la batterie où il n'a rien à envier à Phil GOULD, et il y fait preuve d'une inventivité, d'une aisance, stu-pé-fiantes. Progressive à la Amarok mais en un peu plus structurée, mélodique comme pas deux, avec des choeurs magnifiques, de la guitare espagnole, des bruitages marrants, de l'ambiance, du funk, cette composition de 18 minutes est une sorte de médicament générique pour soulager la douleur des fans de Mike OLDFIELD qui regrettent que Crises n'ait pas eu de suite.

C'est en effet la mélodicité, la fluidité et la générosité de ce titre qui happent l'auditeur - oh, à la première écoute pas forcément, mais les divers thèmes finissent par rentrer dans le cortex sans se forcer. On est loin de LEVEL 42 stylistiquement parlant, loin de tout même. Certains pourront trouver cet exercice prétentieux, mais une chose est sûre : KING a largement les moyens de sa prétention. Et tel un cadeau pour les fans, le titre se finit sur un solo de basse. Hum, pardon, c'est l'émotion : sur LE solo de basse. Vous aimez la technique ? Rentrez votre langue et mettez-y deux sangles. Ou quatre. Ouais, quatre, c'est mieux.

Evidemment, après un tel morceau, la face B a de quoi pâlir. Il ne faudrait cependant pas, comme l'a souvent faire votre serviteur, la sous-estimer : laissant un peu plus de place à des musiciens invités (dont Mike Lindup), elle jongle entre reggae très bien maîtrisé qui n'aurait pas déparé sur True Colors, single au riff de synthé incroyable ("Pictures", un peu trop foldingue cependant et avec un solo qu'on dirait joué par Pine d'Huître (aka Ouin-Ouin)), une reprise de CREAM qui sent le kiff personnel avec une bonne énergie, et un final complètement jazz fusion, bien plus Al DiMEOLA et Joe ZAWINUL que LEVEL 42 ne l'a jamais été.

Frénésie latine, basse à se la mordre, choeurs africains, batterie qui pète, synthés judicieusement utilisés (sauf donc sur "Pictures" où leur niveau de putasserie est impressionnant), mélodies partout, technique globale somptueuse, cet album est une merveille méconnue. Il est dommage que KING n'ait jamais réitéré l'exploit mais cela ne fait que conforter l'aspect culte de ses influences, enfant unique. Pour l'anecdote, KING se réfère à cet album comme "lui ayant permis de se payer sa résidence secondaire". Donc qui a eu du succès. Succès assez stupéfiant vu le style musical et le jusqu'au-boutisme de l'entreprise. Mais qui fait plaisir : un album solo de bassiste des années 80 ? Si tous ressemblaient à ça, nous vivrions dans un paradis. Latin, en plus.

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   BAKER

 
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- Mark King (chant, basse, guitare, claviers, batterie, percuss)
- Drummie Zeb (batterie)
- Bruce Dukov (violon)
- Francis Mitchel (violoncelle)
- Gary Barnacle (saxophone, flûte)
- Mike Lindup (claviers, choeurs)
- Adrian Lee (claviers)
- Steve Sidwell (trompette)
- Jeremy Green (choeurs)
- Linda Richardson (choeurs)
- Mike Vernon (choeurs)


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3. I Feel Free
4. Pictures On The Wall
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