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Virginia CONSTANTINE - The Bumpy Road To Love (2007)
Par MARCO STIVELL le 29 Octobre 2018          Consultée 342 fois

Une famille de musiciens dont on n'a pas souvent l'occasion de parler en France aujourd'hui, alors qu'elle est restée très présente dans le milieu, c'est celle des Constantin. Jean, le père, pianiste/chanteur de jazz et humoriste qui a travaillé avec Louis ARMSTRONG, Josephine BAKER et tant d'autres, joué sur les plus grandes scènes etc. La maman, Lucienne Chiaroni, mieux connue sous le nom de Lucie Dolène, chanteuse qui a côtoyé les plus grands aux Etats-Unis, et doubleuse de certaines grandes figures à la télévision ou pour des films d'animation (rien que pour DISNEY, la Blanche-Neige la plus resplendissante et Mrs Samovar longtemps après). Les fils, Olivier, chanteur-choriste pour HALLYDAY, SARDOU, POLNAREFF et plus tard voix du Jack Skellington de Tim Burton, ainsi que François, percussionniste de HALLYDAY, BERGER/GALL, Véronique SANSON, Richard BONA etc. Enfin, la petite dernière, Virginie.

Virginie, c'est une étoile, au sens beauté et éclat. Après avoir été sacrée "voix remarquable" dès le début des années 80, elle chante le générique du film Emmanuelle 6 (1988) de sa voix frêle. Sans compter Jean-Luc LAHAYE, le premier "grand" a avoir été ébloui s'appelle Laurent VOULZY, qui lui fait réaliser les choeurs de son album Caché Derrière (1992) et qu'elle suit sur scène pour le Voulzy Tour 92 ; elle le rejoint dix ans plus tard pour la tournée Avril. Devenue Marilyn Monroe pour la revue Bonheur du Lido pendant les années 2000, elle s'est entre-temps rapprochée du domaine jazz et s'est installée outre-Manche. Sa rencontre avec le pianiste anglais Brendan Walsh est décisive, et de leurs nombreux efforts en commun, il reste cette perle de disque appelé The Bumpy Road to Love, signé Virginia CONSTANTINE.

La chanteuse, dans son empreinte vocale, semble avoir hérité de deux qualités fortes de ses parents : l'espièglerie de son père, et l'impression d'être un "sourire chanté", tout comme sa mère. Et, de fait, Virginia CONSTANTINE est démesurément sexy, n'ayons pas peur des mots. Tout comme ce disque de jazz, éloigné du caractère scolaire et clinique dont beaucoup de chanteuses sont coutumières, y compris les plus grandes actuellement, Diana KRALL, Madeleine PEYROUX, Robin McKELLE etc. Personnellement, je trouve rarement mon compte sur un ensemble de chansons d'une même interprète pourtant brillante, alors qu'ici, c'est au contraire parfaitement le cas.

Par sa chaleur et pas seulement dans le son "live", direct, The Bumpy Road to Love est un hommage à la fois personnel et digne des plus grands et grandes d'entre tous et toutes, Duke ELLINGTON, Billie HOLLIDAY, Ella FITZGERALD, Nat King COLE, même George GERSHWIN ("They Can't Take That Away From Me", dont le titre choisi pour l'album est une parole extraite) et Charlie PARKER. D'ailleurs, aux côtés de CONSTANTINE, de son frère François aux batterie et percussions, de Brendan Walsh, du guitariste Jim Mullen et du bassiste John McKenzie, le Little Big Band mis en exergue est complété par le saxophoniste Gary Barnacle.

Il est amusant de constater que les musiciens, chanteuse comprise, ont eu une carrière dans la pop/variété européenne, loin du jazz pratiqué ici, et Barnacle n'est pas le dernier. Lui qui a soufflé fort auprès de Kim WILDE et tant d'autres, le voilà qui reprend PARKER à sa manière sur une version très dynamique de "All the Things You Are" ! Sa manière de se mêler à la voix de Virginia CONSTANTINE sur tous les morceaux du disque, d'appuyer la sensualité de la chanteuse ou d'en faire ressortir le caractère fougueux mais toujours enfantin, et même si le saxophone manque encore un peu de rage, c'est vraiment le clou de ce Bumpy Road to Love.

Jim Mullen délivre de très beaux arpèges et soli en son "pur", Brendan Walsh et François Constantin débordent de classe en multipliant, pour l'un, les échappées de synthé grinçant, pour l'autre l'emploi d'un vibraphone savoureux. Mais, ce saxophone, cette voix, ensemble, c'est le couple parfait, un nectar de coquetterie et de feeling ! Les standards s'enchaînent, ballades smooth/suaves au possible ("When Sunny Gets Blue", "The Very Thought of You"), swing et bebop parfois réunis au sein d'un même morceau, quelques touches funk par-çi ("Strange Divine"), latino par-là ("An Occasional Man"). Un peu de scat aussi, jamais au-delà du raisonnable ; interprète adorable décidément, qui n'a nul besoin de trop en faire... Un sourire en chanson !

The Bumpy Road to Love, excellent titre, s'apparente à une récréation de musiciens qui se font plaisir, sans jamais verser dans l'intellectualisme, ni ennuyer, et les intéressés méritent mieux qu'une portée aussi confidentielle (l'album est distribué par CD Baby, comme beaucoup de projets indépendants). Si vous êtes peu réceptif au jazz vocal, essayez Virginia CONSTANTINE, et si vous n'aimez pas, laissez carrément tomber !

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   MARCO STIVELL

 
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- Virginia Constantine (chant)
- Brendan Walsh (piano, claviers)
- François Constantin (batterie, percussions)
- John Mckenzie (basse)
- Jim Mullen (guitare)
- Gary Barnacle (saxophones, flûte)


1. When Sunny Gets Blue
2. All The Things You Are
3. An Occasional Man
4. You Don't Know What Love Is
5. Strange Divine
6. Nature Boy
7. I Won't Dance
8. They Can't Take That Away From Me
9. The Very Thought Of You
10. I Remember You
11. Every Time We Say Goodbye
12. Almost Like Being In Love
13. I'm Beginning To See The Light
14. Sophisticated Lady



             



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