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- Membre : Yes

Chris SQUIRE - A Life In Yes: The Chris Squire Tribute (2018)
Par WALTERSMOKE le 21 Décembre 2018          Consultée 607 fois

Chris SQUIRE était l'un des plus grands bassistes de son temps. Co-fondateur et membre constant du groupe YES jusqu'à sa mort en 2015, il s'était imposé comme un musicien de caractère possédant surtout un jeu unique et puissant, et constituait ainsi une solide preuve – pour ne pas dire la plus forte – que le rôle d'un bassiste ne consistait pas qu'à servir le café dans un groupe. Oui mais voilà, Chris SQUIRE s'est fait foudroyer par une leucémie au cours de l'été 2015, laissant ainsi un immense vide. Les hommages ont afflué et on se doute bien qu'en 2017, quand YES fut intronisé au Rock'n'roll Hall of Fame, les fans et ses anciens camarades de route ont dû sentir leur coeur se serrer très fort. Du coup, quand un album tribute dédié à SQUIRE sort fin 2018, on a un sourcil sur deux qui décolle. D'un côté, il parait logique de rendre hommage au bassiste, il le mérite plus que largement. D'un autre côté, un album tribute à Chris SQUIRE ne parait pas pertinent quand on sait que le bonhomme n'a sorti qu'un seul album studio en 1975 – non, le skeud de Nowel en 2007 ne compte pas. De facto, si l'on franchit le pas, on le fait avec pas mal de questions.

Pourtant, le titre de l'album nous oriente en partie : A Life in Yes. Et la lecture de la tracklist des morceaux choisis éclaire tout de suite. Évidemment, on retrouve en grande partie du YES, mais il s'agit de morceaux à l'écriture desquels Chris SQUIRE a contribué. Une certaine logique est respectée, mais engendre aussi des curiosités et frustrations. Pourquoi n'avoir gardé qu'un seul extrait de Fish out of Water, l'album solo de SQUIRE ? Et attention, ce n'est même pas un long mouvement progressif qui répond présent, mais la pop "Hold out your Hand". Et on ne va pas me faire avaler que les sempiternels "Owner of a Lonely Heart" et "Roundabout" sont ici juste pour l'amour de l'art, oh non ! Sinon, la surreprésentation de l'album Tormato (1978) est assez surprenante (3 morceaux sur 10), et la présence d'un morceau de Union (1991) fait plaisir.

Bonne tracklist donc, mais il faut voir qui vient rendre hommage à SQUIRE. Et là, on lâche on « mouerf ». Tout au long de l'album, ce sont Billy Sherwood et Jay Schellen qui s'occupent de la section rythmique, tandis que les invités défilent. On retrouve logiquement Steve HACKETT, qui avait travaillé avec SQUIRE sur un album commun en 2012, Squackett, mais aussi des femmes (Sonja Kristina, Annie Haslam, Candice Night) dont son ex Nikki Squire, et des musiciens confirmés comme Dweezil Zappa (fils de), Todd Rundgren ou Steve Hogarth. Et quid des membres présents ou passés de YES ? Outre Sherwood et Schellen, on retrouve Patrick Moraz, mais aussi Tony Kaye, Jon Davison (brrrr), et... c'est tout. Sans déconner. Pas de Jon Anderson ni de Trevor Rabin ni de Rick Wakeman, alors que Squire avait partagé tant de bons moments avec eux. Encore qu'il y a sans doute une excuse liée au caractère dissident de YES feat. ARW ou quelque chose du genre. Mais quid de Steve Howe ? Ou d'Alan White ?

Qu'importe, tant que le tribute est bon, à ce qu'on dit. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que... allez, euphémisons, et disons qu'il est perfectible, non ? Non. Pas quand on le commence avec "On the Silent Wings of Freedom" interprété par Jon Davison. Au moins, cela confirme que le chanteur est fortement mauvais et ne mérite même pas d'avoir remplacé ce pauvre Benoît David – et on a droit à la même interprétation merdique sur "Parallels", gâchant les arrangements originaux signés Tony Kaye qui fait de son mieux. "South Side of the Sky" contient une performance vocale moins poussive de la part de... Billy Sherwood (si si), mais si ce morceau marque, c'est précisément pour sa basse, ici peu mise en avant par le même Billy. Un comble. Ah, et je demandais où était Alan White, et bien figurez-vous qu'il est bien présent. Sur le bonus "Comfortably Numb", issu d'un... tribute à PINK FLOYD sorti en 2006 où il apparait avec Squire lui-même. Okay.

Faisons court, sauvons ce qui doit l'être. "The More we Live", rescapé d'Union, s'en sort par une interprétation sobre et finalement correcte de la part de Sherwood, secondé par Hackett et Steve Porcaro – on a vu pire comme soutien. Et si l'on oublie l'horrible interprétation par Nikki Squire de "Owner of a lonely Heart", les femmes s'en sortent bien, que ce soit Annie Haslam sur "Onward", Sonja Kristina sur "The Fish" et surtout Candice Night sur "Don't Kill the Whale", même si elle semble surjouer par moments.

Comme trop d'autres de son espèce, A Life in Yes brille – à moitié – par son casting sur le papier et se ramasse dans les faits. Le premier à blâmer étant Billy Sherwood, qui aurait pu inviter des bassistes d'exception – et ce n'est pas ça qui manque – plutôt que de s'accaparer l'instrument pour rendre injustice à Chris SQUIRE, sans compter l'ajout inutile de deux morceaux de "son" cru. Malgré des interprétations vocales par moments intéressantes, c'est bien le genre d'album qu'on écoutera une ou deux fois avant de partir s'écouter un album de YES.

Note réelle : 1,5/5

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   WALTERSMOKE

 
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- Chris Squire (basse sur 11 et 12)
- Billy Sherwood (basse, chant sur 4 et 6)
- Jay Schellen (batterie)
- Jon Davison (chant sur 1 et 7)
- Patrick Moraz (claviers sur 1)
- Steve Hogarth (chant sur 2)
- Larry Fast (claviers sur 2)
- Annie Haslam (chant sur 3)
- David Sancious (piano sur 4)
- Steve Stevens (guitare sur 4)
- Sonja Kristina (chant sur 5)
- Steve Hackett (guitare sur 6)
- Steve Porcaro (claviers sur 6)
- Tony Kaye (claviers sur 7 et 9)
- Nikki Squire (chant sur 8)
- Dweezil Zappa (guitare sur 8)
- Todd Rundgren (chant sur 9)
- John Wesley (guitare sur 9)
- Candice Night (chant sur 10)
- Brian Auger (claviers sur 10)
- Alan Parsons (chant sur 11)
- Gary Green (guitare sur 11)
- David Sancious (claviers sur 11)
- Alan White (batterie sur 12)


1. On The Silent Wings Of Freedom
2. Hold Out Your Hand
3. Onward
4. South Side Of The Sky
5. The Fish
6. The More We Live - Let Go
7. Parallels
8. Owner Of A Lonely Heart
9. Roundabout
10. Don't Kill The Whale
- bonus
11. The Technical Divide
12. Comfortably Numb



             



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