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Marianne FAITHFULL - Before The Poison (2005)
Par DERWIJES le 28 Janvier 2019          Consultée 179 fois

Chers lecteurs et chères lectrices, voici le meilleur album de Marianne FAITHFULL. Attendez, attendez une seconde avant de me jeter vos exemplaires de Broken English, et accordez-moi quelques paragraphes pour me justifier.

Before the Poison, donc. Enregistré en 2003, sorti en 2005. Nous sommes dans une phase de « revival rock » où des groupes moyens comme les FRANZ FERDINAND, THE STROKES ou KAISER CHIEFS sont adoubés comme étant les sauveurs du genre. Dans le tas, notre Marianne préférée (quoique les plus chauvins diront que cet honneur revient à celle au bonnet phrygien) fait plus figure de marraine honorable qu'autre chose. On parle de Broken English pour avoir l'air cool mais on ne relève pas ses efforts les plus récents, pourtant fort honorables. Mais avec ce dix-huitième album studio, elle remet les pendules à l'heure en livrant un chef-d’œuvre qui s'annonce dès la pochette hyper-classe.
Si on pense d'abord à sa voix rauque au timbre unique quand on parle de notre londonienne devenue depuis longtemps parisienne, son véritable talent réside dans sa capacité à savoir s'entourer de collaborateurs sachant la sublimer et, pour cet album, elle a mis les petits plats dans les grands. Jugez donc, en vrac : PJ HARVEY, Nick CAVE, Damon ALBARN et Jon BRION. Dans le tas, le dernier nom est celui que l'on connaît le moins, mais le bonhomme est un compositeur de musique de films talentueux qui a travaillé entres autres sur le Magnolia de Paul Thomas Anderson, Eternal Sunshine of the Spotless Mind de Michel Gondry et plus récemment Jean-Christophe et Winnie,le dernier film sur Winnie l'Ourson avec Ewan McGregor par le réalisateur du James Bond Quantum of Solace et de World War Z. Oui, je viens de parler de Winnie l'Ourson dans une chronique sur Marianne Faithfull. Bienvenue sur Forces Parallèles.

De nos jours, des albums collaboratifs de ce genre sont légion, mais la différence ici est la fluidité qui se dégage du tout et la complémentarité entre Marianne et ses collaborateurs. La présence de PJ Harvey en est un excellent exemple : sur les deux morceaux qu'elle a écrits avec Marianne et les trois qu'elle signe toute seule, on reconnaît immédiatement sa patte. « No Child of Mine », à la douceur inquiétante, reprend le thème de l'enfant non désiré qu'elle a déjà abordé dans « Down By The Water », titre d'ailleurs déjà présent sur son album Uh Huh Her. Pour « My Friends Have », mon favori de l'album et du répertoire de Mme. Faitfull tout court, elle sort un riff de guitare lourd comme du grunge et des chœurs où les deux voix fusionnent. Cette complémentarité se retrouve aussi sur les chansons écrites avec Nick CAVE qui invite aussi son groupe THE BAD SEEDS à y a jouer, en plus de co-produire l'album avec des morceaux impeccables comme « Desperanto » pour n'en citer qu'un. Si la participation de Damon ALBARN est minime par rapport aux autres, il tire son épingle du jeu avec « Last Song », sublime ballade ou la voix sublime de Marianne est éclatante parmi la guitare, le piano et les arrangements de cordes. Loin d'être alourdi par ces orchestrations, le morceau est sûrement le plus beau qu'ait écrit Albarn parmi tous les projets, collaborations et groupes dans lesquels il s'est impliqué, ce qui veut dire beaucoup.

Oubliez la naïveté sixties de « As Tears Goes By », les paroles ici sont réflectives d'un monde post 11 Septembre qui ne semble pas réussir à retrouver des repères stables. Tout au long de ces 10 titres, Marianne Faithfull rend hommage au cinéma deux fois, d'abord au film de Marcel Carmé Les Enfants du Paradis, testament de son amour pour la culture française, puis à l'immortel Le Troisième Homme de Carol Reed sur « City of Quartz ». Étrange piste que cette conclusion par ailleurs, composée avec Jon Brion. Cette valse fracturée semble sortir tout droit d'une boîte à musique au chant susurré qui finit l'album sur une note fantomatique.
L'actualité est aussi abordée à travers un prisme pessimiste, notamment les attentats au gaz sarin commis dans le métro tokyoïtes en 1995 sur la chanson éponyme, tandis que « There Is A Ghost » rend un hommage mélancolique à toutes les personnes disparues sous les régimes totalitaires, les guerres ou les conflits.

Si ces quelques lignes ne vous ont pas encore convaincus, que dire de plus ? Je ne puis que conclure en vous assurant une nouvelle fois du génie de cet album. Il a une âme que l'on retrouve dans les œuvres des Romantiques, sombre, mélancolique, infiniment triste mais toujours avec cette beauté désespérée à laquelle se raccrocher. Impeccable de bout en bout, hautement recommandable.

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   DERWIJES

 
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- Marianne Faithfull (chant)
- Pj Harvey (guitares électriques et acoustiques, basse, synthé)
- Diana Gutkind (piano)
- Andy Nice (violoncelle)
- Catherine Browning (violon)
- Rob Ellis (batterie, piano, percussions, vibraphone, arrangem)
- Adrian Utley (guitare électrique, basse)


1. The Mystery Of Love
2. My Friends Have
3. Crazy Love
4. Last Song
5. No Child Of Mine
6. Before The Poison
7. There Is A Ghost
8. In The Factory
9. Desperanto
10. City Of Quartz



             



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