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The ORGAN - Grab That Gun (2005)
Par RICHARD le 22 Février 2019          Consultée 146 fois

Pour celles et ceux qui comme moi aimaient intensément le rock indépendant, l'animateur Bernard LENOIR sur FRANCE INTER dans les années 90 et 2000 fut incontestablement un véritable passeur de talents, une mine d'or musicale. Que d'artistes mis en lumière par ce John PEEL à la française, de musique pas comme les autres, d'excitation à la découverte de petites pépites et de bises à l’œil ! C'est ainsi que grâce à lui arrivèrent doucement à mes oreilles durant le printemps 2005 le formidable morceau « Brother » qui tournait alors en rotation lourde dans ses émissions. Ceci sera dit et redit dans ces quelques lignes suivantes mais ce fut difficile, voire totalement impossible, de ne pas penser aux SMITHS, le légendaire quatuor de Manchester, et à son talentueux leader, et néanmoins tête à claque, Morrissey à chaque nouveau passage du morceau.

La limite entre hommage, influences digérées et plagiat est parfois tenue. Que l'on pense aux Néerlandais de The ESSENCE qui sonnent à s'y méprendre comme les CURE, aux Allemands de CAMOUFLAGE qui rappellent férocement DEPECHE MODE, aux pilleurs pas si discrets d'INTERPOL qui doivent tant aux CHAMELEONS autant d'exemples parfois cruels pour les modèles. Alors, The ORGAN, clone triste ? Avec ce groupe exclusivement féminin originaire de Vancouver, le doute n'était assurément plus permis. On pouvait proposer des titres aux références ultra-typées et déborder néanmoins d'une sincérité désarmante qui vous prenait littéralement aux tripes. Et ce, même avec pour simple et tout bagage discographique à peine plus d'une vingtaine de morceaux.

The ORGAN, ce furent quatre discrètes musiciennes impliquées et surtout une leadeuse, Katie Sketch,véritable icône du mouvement lesbien, charismatique à souhait sous un air de grande fragilité, qui avait réussi en l'espace de quelques mois à fédérer un public ouvert, réceptif à une pop à haute teneur mélodique et mélancolique. C'est certain, avec les Canadiennes, il ne faudra pas chercher des titres innovants, suintant la recherche expérimentale et qui mettraient l'auditeur en position inconfortable... encore que. Grab That Gun, c'est de l'indie pop comme on n'en faisait plus en 2005. Celle des eighties qui en trois, quatre minutes vous chamboule totalement le cœur et tout le reste. The ORGAN, c'est pèle-mêle, Debbie HARRY avec les intonations du Moz qui délivre un trop plein d'émotions sur une bande son qui rappelle les SMITHS et CURE, le tout soutenu par un atypique orgue Hammond.

Ce disque dure à peine trente minutes mais il posait définitivement les bases de l'univers des Canadiennes qui déjà avec leur ultra discret mini-album de 2002 Sinking Hearts avaient pour les chanceux donné un avant goût. L'élément central, c'est assurément Katie Sketch qui à travers sa voix donne le tempo, impulse tous ces sentiments contradictoires. Tour à tour sensible, résignée, plaintive, habitée,forte (la liste pourrait être longue), elle délivre des instantanés narrant des relations difficiles, déçues, se faisant l'impartiale conteuse des déboires du quotidien comme un certain Morrissey (l'humour en moins), le quintet poussant l'hommage à intituler un morceau de son prénom et groupe ("Steven Smith"). Évidemment, les plus sceptiques pourront trouver cette voix larmoyante, tapant quelque peu sur les nerfs à la longue (sortez vos mouchoirs), les autres la ressentiront simplement comme terriblement bouleversante. The ORGAN, c'est de la nostalgie réactualisée.

De fait, Grab That Gun est une invitation à voyager dans le temps. On se retrouve alors nez à nez avec une guitare aux sonorités cristallines qui comme sur les enlevés et en même temps émouvants "Love,Love,Love" ou "A Sudden Death" rappellent forcément celle de Johnny Marr, l'orfèvre des SMITHS. La rythmique froide et efficace insuffle à ces courts morceaux l'urgence qui caractérise ces influences (le désormais classique "Brother"), l'orgue discret offrant quant à lui un contrepoint original. Qui a dit le seul? Non mais... Ces courts dix titres baignent généralement dans une morne mélancolie digne d'un dimanche pluvieux, mélancolie qui sait également se faire aussi bien incisive ("Memorize The City") qu'apaisée ("Basement Band Song"). Rien de vraiment nouveau, c'est certain, mais c'est bien cependant ce poignant supplément d'âme qui avait fait tout le sel de ce combo.

Près de quinze ans après sa sortie, l'attrait de Grab That Gun est totalement intact. Les émotions sont-elles éternelles ? Je ne sais pas à vrai dire, mais avec The ORGAN, ça en a vraiment tout l'air quand même. Merci Mesdames, tout simplement.

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   RICHARD

 
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- Katie Sketch (chant)
- Jenny Smyth (orgue)
- Debora Cohen (guitare)
- Ashley Webber (basse)
- Shelby Stocks (batteries)


1. Brother
2. Steven Smith
3. Love,love,love
4. Basement Band Song
5. Sinking Hearts
6. A Sudden Death
7. There Is Nothing I Can Do
8. I Am Not Surprised
9. No One Has Ever Looked So Dead
10. Memorize The City



             



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