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Marcela BOVIO - Through Your Eyes (2019)
Par BAKER le 1er Avril 2019          Consultée 590 fois

Pour son premier album en solo, la belle Marcela BOVIO avait surpris son monde. Un disque austère, jusqu'au-boutiste, à la fois démonstration de force vocale et minutieux travail de fourmi côté instruments. Bien que l'oeuvre eut été perfectible, ses qualités intrinsèques laissaient espérer une suite plus aboutie, plus sensationnelle encore, mais conservant les mêmes caractéristiques, à savoir une voix, un quatuor à cordes, et rien d'autre. Le premier contact avec Through Your Eyes sera donc quelque peu déstabilisant : exit le quatuor, Marcela ne conserve qu'un violon et un violoncelle, et met en place un piano. Si l'instrument permet une étendue chromatique bien plus poussée, on est d'abord déçu de ne plus avoir la spécificité harmonique de "Unprecedented", ces accords complexes à peine effleurés, voire suggérés, au profit d'un style piano / voix beaucoup moins original.

Oui, seulement lorsqu'on joue la carte du minimalisme, il y a une chose importante à ne pas négliger : la qualité des compos. Or ici, Marcela a frappé très fort. D'une durée parfaite et délicieusement varié malgré la maigreur de son line-up, Through Your Eyes est un album récréatif à très haute teneur en plaisir pur. La voix, toujours splendide (comment elle envoie le pâté sur "Silence" !), n'est plus seulement un vecteur d'émotions, mais le moteur d'un élément capital, vital même : le refrain. Les refrains de ce disque sont bons, classieusement bons. Et surtout, aucun titre n'est de trop.

C'est certainement le point de surprise le plus insidieux : arriver à nous régaler copieusement avec si peu d'ingrédients. Lorsque survient "Into Her Eyes", avant-dernier titre, on se dit que voilà arrivée la ballade piano-voix de l'album... ce qui est fort vu que techniquement, TOUS les titres précédents en sont. Mais voilà, le chant hanté (mais pas envahissant) de "Scientist" et son joli riff de piano ne ressemble pas à la tonalité sombre et progressive de "Icarus", qui ne ressemble pas au côté épique et power ballad de "The Silence", qui... Les ambiances s'emboîtent presque toutes seules, et le titre d'ouverture est d'ailleurs là pour poser les jalons : ce sera acoustique, beau, plutôt dark, mais toujours soutenu par des cordes plus discrètes qu'avant, mais jamais parties très loin.

L'expérience avortée (et quelque peu acrimonieuse) avec Anneke VAN GIESBERGEN a laissé sur la voix de Marcela quelques traces popisantes dont nous n'allons aucunement nous plaindre, tant elle épouse parfaitement les contours des chansons les plus tubesques. Ainsi l'excellente "Roardin", dont le refrain pourrait largement venir de chez ADELE ou LADY GAGA et qui mériterait un passage radiophonique. Ou "Remember Me", un peu plus anecdotique mais dont les meilleurs passages vous rappelleront SUPERTRAMP, rien que ça. Et que dire de "Here to Stay" avec son "The fight's not over yet" ravageur, son piano volubile et Marcela qui se fait seconder par sa ravissante petite soeur, Diana, dont on avait déjà aperçu le talent et la personnalité dans le live de STREAM OF PASSION.

Mieux, tout comme pour Unprecedented, BOVIO se permet quelques petites touches de folie bienvenues. Comme l'utilisation, à nouveau, de la langue portugaise sur le final "Desde Adentro", tout en pompe, étendant la puissance des quatre musiciens à ses limites, ou encore un autre tube (et oui, again and again) en la personne du très classe "Thorns and Roses". Ah, le mélange des langues, quel émoi troublant, quel.... rhaaaa... Pardon ? On dit "mélange de dialectes" ? Oui, ça marche aussi. Et puis si vous voulez du sexy au milieu d'un disque pas particulièrement gai, bien que plus volontariste que Unprecedented, vous avez de toutes façons un imparable "Magic", sorte d'interlude cabaret qui ronronne tel un matou de gouttière repu, drôlissime ET qui fonctionne à plein régime. Il fallait oser, c'est fait, et sans l'ombre d'un effort.

C'est ce côté coulant, naturel, bio, à la bonne franquette qui rend ce second opus si attachant. Certes le piano apporte une couleur un peu plus commerciale, et le baroque a fait place au romantisme, nous sommes passés de GEMINIANI à SCHUBERT. Mais un best-of de SCHUBERT, un greatest hits dont il sera difficile de se lasser. Plus à l'aise avec les différents types de chant, probablement parce qu'elle n'a plus rien à prouver, Marcela se montre une compositrice éclairée, et si ses arrangements semblent moins incroyables, c'est parce qu'ils s'effacent au profit de l'ambiance générale de chaque chanson. Excellente surprise ne souffrant que d'une petite poignée de minutes moins passionnantes, mais jamais superflues, Through Your Eyes est le petit panaché qu'on a pioché dans le frigo de la remise après un après-midi de jardinage : frais, piquant, et une fois la première gorgée avalée, vital pour survivre jusqu'au soir !

Note finale : 4,5 / 5

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   BAKER

 
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- Marcela Bovio (chant)
- Diana Bovio (chant)
- Erik Van Ittersum (piano)
- David Faber (violoncelle)
- Ben Mathot (violon)


1. The Edge Of The World
2. Scientist
3. Roardin
4. Icarus
5. Here To Stay
6. Magic Powers
7. Remember Me
8. Thorns And Roses
9. The Silence Before The Storm
10. Into Her Eyes
11. Desde Adentro



             



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