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- Style : Arne Nordheim
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- Style + Membre : Biosphere

BIOSPHERE / DEATHPROD - Stator (2015)
Par JOVIAL le 6 Avril 2019          Consultée 212 fois

Stator est la seconde collaboration de BIOSPHERE et DEATHPROD, dix-sept ans après la sortie d'un premier effort commun, Nordheim Transformed, en septembre 1998. Depuis, chacun était reparti dans son coin poursuivre respectivement sa carrière. Celle de Geir JENSSEN fut jusqu'alors la plus prolifique, sortant notamment coup sur coup trois disques des plus remarquables - Shenzou (2002), Autour de la Lune (2004) et Dropsonde (2005), avant d'accuser une légère baisse de forme par la suite. Quant à Helge STEN, il couronne son œuvre par la réalisation d'un album hors-norme, Morals and Dogma (2004), avant de se consacrer en grande partie à la production ainsi qu'aux régulières relances de son groupe, SUPERSILENT. Stator signe donc un double retour : celui de DEATHPROD tout d'abord, après quelques dix années de silence radio en solo, mais également celui de BIOSPHERE, qui connaît ensuite une nouvelle jeunesse, particulièrement avec la sortie de Departed Glories en 2016 et surtout celle de The Petrified Forest en 2017.

À l'instar de Nordheim Transformed, cet album n'est pas une réelle et directe collaboration mais plus un split, chacun composant et arrangeant ses propres morceaux avant de les soumettre à l'autre. Trois pistes pour BIOSPHERE, quatre pour DEATHPROD. Les deux Norvégiens ont néanmoins bel et bien agi comme le ferait un duo. Stator n'est pas une double carte de visite, mais bien un ouvrage commun ou du moins imaginé comme tel. L'un comme l'autre optent pour un langage relativement proche et uniforme. À l'exception de la vertigineuse « Optical », dans la droite lignée de Morals and Dogma, Helge STEN consent à quelques chutes moins abruptes. De son côté, Geir JENSSEN délaisse les extraits sonores. De fait, l'esthétique de l'album conserve dans sa totalité la même atmosphère énigmatique et inquiétante.

Si Nordheim Transformed inspirait à l'auditeur des images de paysages abyssaux, Stator se révèle au contraire nettement plus abstrait. Onirique, cet album l'est tout autant, mais pas du tout dans le sens d'un trip ou d'une quelconque progression du même type. Stator est une attente, une contemplation statique où le moindre mouvement semble pouvoir virer au cauchemar. Le terme « stator », nous précise-t-on dans le livret interne, provient d'ailleurs du latin « stare », signifiant à la fois « se tenir debout » et « rester immobile ». Mais où sommes-nous alors ? Les différents éléments de la pochette brouillent les pistes. Le recto figure une représentation allégorique, peut-être celle de l'esprit, quand le verso propose une rangée de chaises vides. À l'intérieur, un astérisque nous indique les deux acceptations actuelles de « stator », astérisque par ailleurs lui-même en forme de stator. De l'autre côté, lui fait face un « 3 » monumental, gravé dans le marbre. Stator aurait-il un troisième sens ?

Celui-ci pourrait être synonyme d'une solitude des plus extrêmes. Cet album nous donne l'impression d'habiter un être minuscule, seul sous un immense dôme de béton gris, simplement percé d'un large puits diffusant la lumière extérieure. On attend, sans bouger, en contemplant cette voûte dont les contours semblent par intermittences se rapprocher. Dans les stries du béton, on croit parfois apercevoir un visage ou quelque chose, le jeu des ombres nous effraie. Incapable d'esquisser le moindre geste, absolument seul, on scrute.

Cette solitude forcée est tour à tour intrigante (« Muses-C »), obsédante (« Polychromatic », « Baud ») et parfois rassurante aussi (« Disc »). Cependant, BIOSPHERE comme DEATHPROD ne composent pas un album noir. Il y a ici une sorte de stress, une suspension au-dessus d'un vide plus suggéré que réellement présent. Dans ce domaine, « Space is Fizzy » de Geir JENSSEN est sans doute le passage le plus fascinant du disque, dont les loops angoissants se voient petit à petit complétés de structures oscillantes et d'un rythme discret, pour enfin s'épanouir en une nébuleuse quasiment rituelle. De son côté, Helge STEN conclut par la non-moins excellente « Optical », véritable déferlement de poudreuse au ralenti, dans la grande tradition de ses précédentes productions.

Bien que BIOSPHERE lisse peut-être parfois trop son propos – c'est bien d'ailleurs là le seul reproche qu'on pourrait lui faire ici – Stator ne se fait guère aussi accessible que Nordheim Transformed. La balance penche au contraire un peu plus du côté de l'univers moins évident de DEATHPROD. Reste un album toutefois très bon, une musique profonde qui ne manquera pas d'étonner les amateurs d'ambient.

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- Biosphere (1,3 & 6)
- Deathprod (2,4,5,7)


1. Muses-c
2. Shimmer/flicker
3. Baud
4. Polychromatic
5. Space Is Fizzy
6. Optical



             



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