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LOWTIDE - Southern Mind (2018)
Par RICHARD le 14 Avril 2019          Consultée 102 fois

Depuis 2010, Melbourne est aussi une place qui compte maintenant dans la petite sphère shoegaze. A l'instar de Reading ou Oxford, la ville australienne possède en son sein une talentueuse formation représentante de ce courant qui semble décidément ne plus vouloir s'arrêter. Je ne sais pas si les reformations récentes des mastodontes ont insufflé cette force créatrice, mais c'est un fait, le shoegaze ne s'est jamais aussi bien porté que ces dix dernières années grâce entre autres à l'arrivée de ces toutes jeunes pousses. Pourvu que ceci dure ! De fait, si LOWTIDE n'a naturellement pas l'impact ou l'influence de SLOWDIVE ou RIDE, c'est un quatuor qui a su néanmoins trouver rapidement une place dans le cœur des fans d'ambiances vaporeuses. Dans ce très touffu revival, je tiens ce groupe, je sais, c'est purement subjectif mais c'est comme ça, pour l'un de ses meilleurs représentants. Les Australiens qui ont opté pour la face la plus lumineusement pop de cette mouvance ont su créer en quelques titres seulement un univers foncièrement engageant. Allez, embarquement immédiat pour les terres australes !

Si de LOWTIDE à SLOWDIVE, le résultat évoque une combinaison façon Bertrand RENARD des Chiffres et des Lettres, cette comparaison était surtout valable au début de carrière des Aussies. Il suffit de se pencher sur les superbes singles « Underneath Tonight » (2010) ou « Rain » pour effectivement y retrouver comme le sel et la puissance évocatrice des Anglais. Puis le temps faisant son affaire, le groupe après un très bon premier album (2014) a réussi à façonner sa propre personnalité. Si on retrouve dans certains titres la marque discrète des habituelles figures marquantes du milieu, le groupe vole maintenant bien tranquillement de ses propres ailes d'avocette d'Australie. LOWTIDE a de plus assurément plus d'un tour dans sa poche de kangourou. Comme celui peu banal d'avoir deux basses, chacune tenue par les voix, Lucy Buckeridge et Giles Simon Fielke. Et surtout, et c'est bien ceci l'essentiel, une capacité à proposer de très belles ambiances qui selon le bréviaire attaché au mouvement évoquent avec force saveur, rêve, nostalgie, introspection.

Si Southern Mind est si précieux, c'est qu'en simplement neuf titres, le groupe a synthétisé au moins deux faces du mouvement : la mélancolie et la lumière. C'est cette alternance simple sur le papier qui frappe et ceci dès la première écoute. Lorsque LOWTIDE opte pour des paysages sonores qui mettent la mélancolie en première ligne, les Australiens font de petits miracles comme avec par exemple « Southern Mind », titre d'ouverture aux multiples couches de guitares émanant du talentueux Gabriel Lewis dans lequel l'auditeur est littéralement happé dès les premières notes. En six minutes, l'esprit est déjà ailleurs. La plage instrumentale « Olinda » aux sonorités cristallines ou le définitif « Fault Lines » (re) donnent à cette douceur ouatée ses lettres de noblesses. A l'image là encore de SLOWDIVE, les doubles lignes vocales des deux bassistes dessinent des volutes qui comme avec les poignants « A.C » et « The Fear » n'ont qu'un seul défaut évident : celui de s'arrêter. Je ne sais pas si c'est ceci l'esprit du Sud mais il y a quand même une douce ironie à entendre Fielke nous dire « Celebrate Yourself » alors que l'on a bien souvent affublé les fans de shoeagze et les groupes de tendance égotiques.

Esprit du Sud ou pas, LOWTIDE ne néglige pas non plus la lumière qui, si elle n'a pas assurément l'intensité de celle du bush brûlant, est loin cependant d'être blafarde. C'est le shoegaze option Pop finement ficelée. Le premier single « Alibi » sorti en août 2017 avait donné la pleine mesure de cette envie, laissant présager du meilleur pour l'album à paraître. Voix à l'unisson, guitares virevoltantes et rythmiques soutenues comme l'autre titre très pop « Elisabeth Tower » qui peut rappeler quelque peu le « Spellbound » des BANSHEES, la noirceur gothique en moins. Le travail sur les voix est encore vraiment prenant. Il est pour moi l'un des attraits évidents du combo. Elles semblent comme se répondre, distinctes, pour s'unir finalement et délivrer cette délicieuse dose de frissons. Le genre est ainsi fait. Il n'y aura pas de headbang frénétique à l'écoute de ces neuf titres mais sans doute plus la classique sensation du rêve éveillé (« On The Fence ») qui vous enveloppera progressivement. C'est amplement suffisant.

On peut se demander si le départ en 2017 de Giles Simon Fielke (en bon terme) lors de l’enregistrement de Southern Mind aura un impact sur le futur de LOWTIDE, mais une chose demeure certaine. Cette galette est une pierre précieuse qui selon son angle de vue laisse apparaître des teintes douces ou légèrement plus sombres. Elle possède un indéniable pouvoir d'attraction. C'est un grand album, tout simplement.

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   RICHARD

 
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- Giles Simon Fielke (chant,basse)
- Lucy Buckeridge (chant,basse)
- Gabriel Lewis (guitare)
- Anton Jakovljevic (batterie)


1. Southern Mind
2. Alibi
3. Elizabeth Tower
4. A.c
5. Olinda
6. On The Fence
7. The Fear
8. Window
9. Fault Lines



             



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