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LOWLIFE - Diminuendo (1987)
Par RICHARD le 11 Mai 2019          Consultée 90 fois

Attention, séquence émotion ! Préparez vos mouchoirs ! Nous sommes en juin 2010. Internet existe déjà mais n'a pas encore sa réactivité actuelle évidente (RIP Myspace et autre Sky Blog). Au détour de ma revue quasi-quotidienne de sites dévolus aux musiques sombres, une petite ligne discrète me saute aux yeux car elle précise le décès à 44 ans de Craig Lorentson. Oups, le choc est rude, mauvaise nouvelle pour un mois d'habitude si ensoleillé. C'est encore une fois toute la puissance évocatrice de la musique qui agit à travers ces quelques mots. Comment peut-on en effet ressentir de la peine à plus de 30 ans pour la disparition d'un obscure Ecossais de Grangemouth que l'on ne connaît qu'à travers ses quelques albums ? Pourquoi instantanément resurgissent plein de souvenirs liées à l'écoute de LOWLIFE ? C'est un poncif peut-être, un cliché sans aucun doute, ceci prête à sourire assurément, mais que voulez vous, on ne se refait pas, c'est comme ça. Vous l'aurez sans doute compris. Ces quelques lignes ne sont aucunement égocentriques, enfin, je l'espère. Elles soulignent simplement la force de LOWLIFE. Cet été et encore plus celui-ci fut l'été d'un post-punk délicat porté par une voix à haute teneur émotionnelle. En souvenir, donc.

LOWLIFE apparaît volontiers comme la parfaite expression de ce que l'on nomme parfois un groupe culte. Discret, habité et sincère, le quatuor n'a jamais pour autant côtoyé le franc succès restant à la lisière de la lumière façon CHAMELEONS, SOUND et autres COMSAT ANGELS. Des outsiders au grand cœur pour tout dire. Les Ecossais ne manquaient pourtant pas d'atouts pour percer au grand jour. En premier lieu la présence bénéfique de Will Heggie, bassiste fondateur de COCTEAU TWINS (la basse magique sur Garlands, c'est lui) qui insufflera tout au long de la paisible vie du groupe ce son particulièrement hypnotique. Il y a ensuite Lorentson, auteur et interprète aux mots si simples et touchants qui avec sa voix profonde en quelques secondes transmettait ces superbes frissons qui parcourent le corps et vous font dire que trois minutes suffisent parfois pour vous rendre le monde moins laid, beaucoup moins laid. Il faut malheureusement croire que ceci n'était pas suffisant pour sortir du cercle des anonymes relatifs.

Diminuendo est donc le deuxième album du combo sorti courant 1987. A son image, il paraît sur la pointe des pieds, ce qui ne l'empêche pas néanmoins d'avoir un tout petit succès d'estime, culte, donc. LOWLIFE et c'est peut-être ceci qui l'a empêché réellement de s'imposer est à la croisée fragile de deux mondes : celui d'un post-punk brut et d'une forme de pop éthérée. C'est bien cette dualité qui fait la spécificité et le charme des Ecossais. "Given To Dreaming" le superbe morceau clôturant l'album en est une forme pertinente. Ecoutez simplement cette basse qui ondoie tranquillement, rehaussée par les notes lumineuses de guitare. La voix de Lorenston enfonce définitivement le clou ("Like Poetry In Motion"). Les goûts et les couleurs, bien sûr, ça ne se discute pas, mais, moi, avec un morceau comme celui-ci, la machine à émotions démarre au quart de tour. C'est une bien belle carte de visite offerte par les Ecossais.

Pourtant, à l'évidence, si on écoute LOWLIFE d'une oreille par trop distraite et si on a le malheur de s'arrêter à son image première, il sera sans doute trop rapidement rangé dans la case des groupes de seconde zone, sitôt découverts, sitôt écoutés, sitôt oubliés. La faute à qui, à quoi ? Un no look total, des pochettes de disques qui ont pour elles cette superbe constance d'être toutes moches, le petit truc en plus qui n'arrive pas à poindre... Il faut à l'image de sa ville d'origine rugueuse, quelque peu inhospitalière passer outre et prendre son temps, tout son temps. Se laisser ainsi envelopper insidieusement par les ombres post-punk délicates de "Tongue Tied And Twisted", apprécier l’incongruité du violon façon pub Guinness enfumé sur "Off Pale Yellow". Ce ne sera pas faire injure au guitariste Stuart Everest et au batteur Grant McDowall que de dire que l’intérêt majeur de LOWLIFE réside bien dans cette association voix et basse. Un morceau comme "Ragged Rise To Tumbledown" est là encore une belle illustration. Certains pourront y trouvé un style appuyé, voire ampoulé, une emphase certaine du fait de la voix (encore celle-ci !) de Lorentson (les envolées sur "A Sullen Sky"). Les autres et j'ai dans l'espoir que vous en serez se laisseront envoûter par cette mélancolie simple, mais pas simpliste.

Il y a tout juste 9 ans disparaissait brutalement Lorentson. 9 ans après subsiste toujours une discographie à l'instar de Diminuendo attachante et profondément touchante. En souvenir, donc.

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   RICHARD

 
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- Craig Lorentson (chant)
- Will Heggie (basse)
- Stuart Everest (guitare)
- Grant Mcdowall (batteries)


1. A Sullen Sky
2. Big Uncle Ugliness
3. Ragged Rise To Tumbledown
4. From Side To Side
5. Off Pale Yellow
6. Tongue Tied And Twisted
7. Licking One's Wounds
8. Wonders Will Never Cease
9. Given To Dreaming



             



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