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MUSIQUE CLASSIQUE  |  OEUVRE

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Antonin DVORAK - Symphonie N°9  (1892)
Par JULLIAN le 4 Juin 2019          Consultée 420 fois

La malédiction de la neuvième. C’est avec son “Ode à la joie” qu’un certain Ludwig van BEETHOVEN instaure les standards de la neuvième symphonie d’un compositeur au XIXème : l’Everest d’une carrière, le chant du cygne. MAHLER lui-même refusa de numéroter sa symphonie par peur de s’auto-condamner. En tout cas, force est de constater que cela aura eu son petit effet puisque les “neuvièmes” n’auront que rarement manqué leur coup (merci BEETHOVEN?). Qu’il s’agisse de BRUCKNER, SCHUBERT, MAHLER, et surtout DVOŘÁK, tous auront contribué à la légende en signant là des oeuvres ultimes.

Natif de Bohême et musicien d’inspiration profondément nationale, c’est pourtant d’un pays lointain que Antonín Leopold DVOŘÁK (prononcez “Dvorjak”) trouve l’inspiration de sa symphonie N°. 9, dite “du Nouveau Monde”. Nous sommes en 1892 et DVOŘÁK est déjà un compositeur de renom lorsque celui-ci prend la direction du conservatoire de New York. Confronté à la nostalgie de sa Bohême natale malgré un accueil chaleureux du public local, il décide de se plonger dans l’étude des “negro spirituals”, airs populaires américains. C’est alors que naît cette symphonie en Mi Mineur, réel hommage à la nation qui l’accueille. Entendue pour la première fois à New York en Hiver 1893, son titre “du Nouveau Monde” fait écho aux thèmes d’essence américaine qui parsèment l’oeuvre. Succès immédiat.

Quelques mesures de l’Adagio suffisent pour comprendre l’intitulé de cette symphonie. Les cordes et les flûtes construisent progressivement un paysage mystérieux, une tension certaine qui ne s’estompe qu’à l’arrivée du glorieux premier thème aux alentours des deux minutes. Pas besoin d’un dessin. Nous posons le pied sur une terre inconnue et l’aventure appelle. Le Largo quant à lui dépeint un tableau tout en douceur dont les thèmes frappent par leur similitude avec ceux de Howard Shore dans la trilogie du cinématographique Seigneur des Anneaux. Ce dernier n’a d’ailleurs jamais caché avoir puisé son inspiration au sein de cette symphonie.

L’introduction du Scherzo, c’est dans une publicité non? Voilà la réflexion généralement obtenue lors de son écoute. Rebelote pour le dernier mouvement de cette symphonie, l’Allegro con fuoco, qui mérite un roman à lui seul. À moins d’avoir grandi sur la banquise, ces airs sont familiers de tous. Il suffit d’un bref aperçu de la partie “utilisation dans la culture populaire” de cette symphonie sur Wikipédia afin d’en comprendre la raison. Blâmez le chroniqueur pour ses sources, mais cela en vaut le détour. Utilisé à toutes les sauces et dans tous les domaines, ce final est devenu un symbole. Après tout, le réel défi de cette oeuvre ne serait-il pas de parvenir à se détacher de son ancrage populaire? Faire “comme si c’était la première fois” disait Coelho. L’exercice semble difficile.

Les enregistrements existent par dizaines, centaines. Que choisir dans cet océan? Fritz Reiner en 1958 avec le Chicago Symphony Orchestra? Oui. Rafael Kubelik avec le Berliner Philharmoniker? Tout autant. À l’instar d’un Furtwängler chez BEETHOVEN ou d’un Berstein chez MAHLER, la neuvième de DVOŘÁK a quelque peu été “figée” dans le temps grâce à quelques enregistrements définitifs, intouchables. Ceux-ci ont montré la route aux suivants.

Tout le monde peut comprendre la 9ème symphonie de DVOŘÁK, et c’est bien là toute sa force. Nul besoin d’avoir fait dix ans de conservatoire ou d’avoir un doctorat de musicologie. Les thèmes sont accessibles, magnifiques et variés. Un genre de symphonie pour les Nuls? Un peu oui, et c’est tant mieux. Bonne écoute.

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- Rafael Kubelik (direction)
- Berliner Philharmoniker (orchestre)


1. Adagio - Allegro Molto
2. Largo
3. Scherzo
4. Allegro Con Fuoco



             



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