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COLD WAVE  |  STUDIO

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1989 Borderline
1990 Mere
1988 Picture One

ASYLUM PARTY - Mere (1990)
Par RICHARD le 5 Septembre 2019          Consultée 114 fois

En 1990, la Touching Pop vit assurément sa plus belle année. Ce courant qui allie émotions froides et légère texture pop a réussi à susciter un intérêt très discret, intérêt qui se concrétise par la sortie simultanée des albums des groupes liés à cette scène. En effet, c'est durant ces quelques mois que LITTLE NEMO expose son classieux Turquoise Fields. Les barrés de BABEL 17 balancent quant à eux leur superbe Celeano Fragments et les plus classiques MARY GOES ROUND avec Highway Planet nous font aussi les yeux doux. ASYLUM PARTY, le trio qui nous intéresse, n'est pas en reste non plus et publie Mère leur second album qui sera malheureusement le dernier. Après le mythique concert fin novembre 1989 à l'Elysée Montmartre où joua toute cette petite tribu, on aurait pu légitiment croire à la bonne santé du mouvement. Il n'en fut pourtant rien. Ce sera le futur qui le confirmera, mais ces différentes parutions sont en fait son chant du cygne. Les modes sont par essence éphémères et les goûts versatiles. La Touching Pop en est de nouveau un triste exemple.

ASYLUM PARTY avant de publier cette galette n'avait pourtant vraiment pas chômé. Pris d'une frénésie créatrice bien aidé en ceci par leur label LIVELY ART, les trois amis ont laissé libre cours à leur imagination débordante. Le groupe sort d'abord le quatre titres culte What Will You Learn qui contient les perles cold wave émouvantes que sont "Misfortunes" et "Echoes And Lights". Amoureux de l'Angleterre et pas seulement pour les CURE ou les STRANGLERS, le combo se fend ensuite avec "Ticket To Ride" d'une honnête reprise des BEATLES qui désarçonne cependant quelque peu les amoureux d'une cold wave orthodoxe. "BeSide" la bien nommée face B mérite à elle seule l'écoute car elle montre toute la qualité mélodique dont sont capables les Franciliens. Les mots sont simples, la délicieuse mélancolie commence à vous envelopper. Le contrat émotionnel est encore une fois pleinement rempli.

D'émotions, il en sera de nouveau plus que question avec Mère. Elles seront volontiers contrariées car Thierry Sobézyk le bassiste-chanteur (décédé ce 11 juillet dernier, très gros snif snif) désire ardemment une «opposition attraction/répulsion» (cf les propos du livret de réédition). La Mère sera aussi bien protectrice que menaçante comme le suggère l'araignée posée sur des photos d'enfance des membres du groupe. Mère à travers cette thématique désire offrir le visage d'un trio moins austère, plus porté vers une certaine ouverture. La cold wave s'étoffe et prend indubitablement des couleurs bien plus chaudes. ASYLUM PARTY ne fait pas toutefois table rase de son très court passé musical. En effet, le percutant "Pure Joy In My Heart" le morceau d'ouverture rappelle opportunément ses fondamentaux. Aux guitares particulièrement agressives et tranchantes, viennent s'opposer le jeu mélancolique de claviers de Pascale Macé et la voix une nouvelle fois détachée de Sobézyk. Comme à son habitude, le trio tisse de subtiles toiles musicales dont il est bien difficile de s'extraire. Le morne "It's Over" malgré son côté léthargique réussit à capter pleinement toute notre attention. Idem pour le gothique et inquiétant «Le Temps des Serpents» qui par son rythme lancinant insuffle une forme évidente d'hypnose, comme la petite bébête avec son sympathique charmeur.

La Touching Pop se caractérise entre autres par cette volonté d'esquisser des contours pop. Des contours simplement, pas une identité à proprement parler. Les bordures ainsi dessinées ne sont pas dépourvues de charme. C'est bien aussi l'intérêt de Mère. Les Courbevoisiens désirent rompre leurs habitudes de vieux corbeaux mélancoliques et proposent dès lors de nouveaux horizons musicaux. Le classique et nostalgiquement pop "Inner World Is Up (Jump)" ou l'instantané "Madhouse Grass" se drapent de très belles sonorités inhabituelles pour les amoureux des années grises. Ce mouvement n'a jamais aussi bien porté son nom. Avec ASYLUM PARTY, ces effluves aux douces saveurs vont même se marier avec la langue de MOLIERE. Que ce soit le combatif "Sur la Route" et ses guitares et claviers très rentre-dedans ou le doux "Un Sang d'Hier" avec Pascale Macé aux chœurs, les mots retranscrivent à merveille ce doute prégnant ou cette volonté bien fragile. Les teintes du trio prennent un peu de lumière et même si elles ne sont toutefois pas celles de l'arc-en-ciel, elles insufflent une couleur qui est loin d'être courante dans ce milieu. Encore un point de marqué pour le combo !

Mère est incontestablement un album courageux. ASYLUM PARTY a eu l'intelligence de ne pas s'enfermer définitivement dans les tics trop faciles du genre. Malheureusement, cette galette ne trouvera pas réellement son public et le trio fatigué se séparera en 1991, à son image, en toute discrétion. ASYLUM PARTY demeure néanmoins un essentiel des univers sombres. Il n'est jamais trop tard pour (re) découvrir ce groupe.

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   RICHARD

 
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- Philippe Planchon (chant,guitare)
- Thierry Sobézyk (chant,basse)
- Pascale Macé (claviers,chœurs)


1. Pure Joy In My Heart
2. Sur La Route
3. It's Over
4. Mother
5. Pas Très Loin
6. Someone Else
7. Un Sang D'hier
8. Madhouse Gras
9. Euphoria
10. Le Temps Des Serpents
11. Inner World Is Up (jump)



             



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