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EMO POST HARDCORE   |  COMPILATION

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AT THE DRIVE-IN - This Station Is Non-operational (2005)
Par NOSFERATU le 24 Septembre 2019          Consultée 242 fois

Deux choses m’ont rebuté à la fin des années 90 par rapport à cette formation atypique. D’abord, les Inrockuptibles défendaient ce groupe en en parlant comme de la prochaine sensation rock, « the next big thing » comme on dit dans le jargon journalistique anglicisant. Or, il faut toujours se méfier de l’emballement médiatique autour d’un groupe, surtout quand ce dernier est défendu par une presse bien peu rock qui met au pinacle le groupe en question et le descend en flèche la semaine d’après. Les Inrocks avaient peur en effet des courants à guitare à l’époque, ignorant, entre autres courants musicaux, ainsi la fondamentale vague noise rock durant cette fin des « nineties » post grunge. C’était parallèllement le cas avec certains journaux anglais comme le NME.
L’autre truc qui me chiffonnait, c’est que les membres du groupe avaient choisi leur nom à partir d’une chanson salace, « talk dirty to me » de ahem, POISON, les gugus de l’affreux « hair metal », des sous HANOI ROCK préfabriqués de L.A.
Mais je dépassais mes préjugés pour justement trancher par moi-même.
Déjà, leur look me rassurait : ils étaient bien maigres et ils avaient tous des coupes à la MC5, ce détail évidemment ne pouvait que m’interpeller.

A.T.D. est fondé à El Paso en 93, alors que le train « grunge » sillonne encore les states, au Texas mais ses créateurs sont encore un peu trop jeunes pour s’accrocher aux wagons du train bientôt en déraillement. Ces types au départ hésitent à jouer soit dans le hard rock ou le punk farouche (deux mouvances en ces années bientôt dominées par les peu convainquants « nu metal » et emo punks pour rebelles sportifs ). Aux commandes de ce band hors-normes, le guitariste Jim Ward et le chanteur Cedric Bixler-Zavala, fondateurs aux goûts éclectiques, rejoints plus tard par le bassiste Omar Rodriguez qui jouera ensuite de la guitare.
Leurs premiers sets sont marqués par une sorte de punk rock pas encore bien identifié. Leur l.p « t In Casino Out » obtient en 98 un écho médiatique remarqué, produit par Alex Newport des écrasants FUDGE TUNNEL. Mais pas d’exercices « doomesques » ici, on reste dans une approche du punk complètement singulière et inédite.
Ils se font rapidement remarquer par des shows assez désordonnés qui impressionneront même plus tard le maitre en ce domaine, sa majesté James Osterberg qui chantera d’ailleurs sur le titre «  Rolodex Propaganda ».
En 2000, sort l'album de la consécration , "Relationship of Command", produit par Ross Robinson, le maitre des productions néo metal.
On appelait leur style du post hardcore. Mais il est difficile d’étiqueter ce gang prolifique aux références chargées. Avec les Suédois de REFUSED (avec qui on peut les comparer, le côté « seventies » transparaissant moins avec ces derniers) et le post metal à la NEUROSIS (la touche angoissante là aussi en marge), nos freluquets donnent une nouvelle direction au courant hardcore inauguré au début des années 80.

Cette compilation plutôt bien foutue dévoile un hardcore braillard certes, mais avec des registres complexifiés, des pièces de pop cosmique assez dépressives montrant une nette influence d’un post punk sombre à la WIRE et surtout énormément de mélodies dites "émo". Des guitares puissantes mais non dénuées d’expérimentations en tout genre. On parlera même d d’un nouveau genre, du « hardcore arty » quasiment et très accessible. Des titres sonnant comme ceux de leurs contemporains de DRIVE LIKE JEHU, autre combo ouvrant de nouvelles possibilités au hardcore. Mais l’influence number one demeure celle omniprésente des fabuleux FUGAZI.
Les membres d’ A.T.D. jettent aussi leur dévolu sur le rock progressif des années 70. Les deux leaders approfondiront d’ailleurs cette vague avec leurs projets respectifs (SPARTA, THE MARS VOLTA)
La voix particulière de Cedric Bixler Zavala (par moments un peu crispante, il faut l'avouer), bien mise en valeur sur le dernier album intitulé « relationship of command » produit par Ross Robinson, donne un relief trop « nu metal » à certaines compositions. Ainsi, elles sont un peu trop « stadium » à nos goûts. D’autres sont trop « épiques » à nos oreilles.
Mais on reconnaîtra que les arrangements sont étonnamment tarabiscotés, montrant donc l’étendue du registre particulier de leurs géniteurs, et demandent un réel effort avant d’en apprécier toute la richesse mélodique. En gros, si on est initié, on aime. Prenez leur grand hit « One Armed Scissor ». J’ai dû mettre dix ans au moins pour savourer cette construction labyrinthique.
Une congrégation donc pas transcendante mais fort originale.

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- Jim Ward – Guitare, Chant (1993–1996, 1997–2001, 2012, claviers )
- Kenny Hopper – Basse (1994–1995)
- Jarrett Wrenn – Guitare (1994–1995)
- Adam Amparan – Guitare (1996)
- Ben Rodriguez – Guitare (1996–1997)
- Bernie Rincon – Batterie (1994, décédé en 1994)
- Davy Simmons – Batterie (1995)
- Ryan Sawyer – Batterie (1996)


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