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BCUC - Emakhosini (2018)
Par JOVIAL le 17 Novembre 2019          Consultée 224 fois

Sans vouloir douter de vos capacités linguistiques, on parierait quand même assez que votre connaissance des dialectes ngunis reste assez limitée. Il est vrai que maîtriser le xhosa ou le zoulou ne sert pas vraiment tous les jours dans nos contrées, mais cela peut devenir un léger problème lorsque l'on s'intéresse à un groupe tel que BCUC. Ses albums ne fournissent aucune explication, aucune traduction qui pourrait éventuellement nous éclairer sur le propos de telle ou telle chanson. Remarquez, on s'en fiche un peu. On danse, c'est l'essentiel. Et l'excellent accueil fait depuis deux-trois années aux Sud-Africains dans nombre de festivals de France et de Navarre est là pour le prouver. On ne comprend rien, mais on saute, on agite les bras, on lève le poing lorsque Jovi s'en vient nous haranguer dans une langue que l'on avait plus entendue depuis le regretté Johnny CLEGG. Et c'est finalement assez dommage, car c'est aussi se priver des paroles d'artistes qui ont beaucoup de choses à dire.

"Music by the people for the people" répètent-ils ainsi à volonté. BCUC s'adresse aux peuples d'Afrique et d'ailleurs. Au sien tout d'abord, populations délaissées des townships, marins, mineurs, ouvriers, paysans, et aussi aux esprits des ancêtres, invoqués, conviés à la transe. Mais ces rythmes infatigables ne sont pas seulement une catharsis où se souligne les dérives et les échecs de la "nation arc-en-ciel", plus terne que jamais, et l'on y décèle également une critique de l'exploitation des masses. Bantu Continua Uhuru Consciousness signifie à ce propos "la marche de l'homme vers la liberté de conscience". Comme si, dans ses danses, ses chants et ses cris, BCUC nous invitait à nous libérer de ce carcan de l'État-Léviathan, qui depuis longtemps ne respecte plus les conditions du contrat, en Afrique du Sud comme ailleurs.

À l'instar d'Our Truth, Emakhosini se divise en trois pistes : deux très longs jams, "Moya" et "Insimbi", et un morceau plus court, "Nobody Knows", sorte de gospel shebeen assez déroutant. On est néanmoins avec ce second album bien en-deçà du précédent. Au risque de nous répéter, le septuor sud-africain est avant tout un groupe de scène et le revendique d'ailleurs haut et fort. Ainsi, si "Moya" tient globalement la route, on s'épuise par la suite à essayer de suivre cet "Insimbi" qui part dans tous les sens. En concert, BCUC est autant un spectacle visuel que sonore et le jeu des musiciens compense les éventuels temps morts dans l'improvisation. Seul chez soi, c'est bien différent, nous n'avons que nos oreilles ! Et ainsi Emakhonisi peine souvent à retenir l'attention lorsque la séance commence à s'allonger, ou bien encore lorsque les choses partent un peu trop "en live". Sur "Imbisi", la mayonnaise ne prend absolument pas et le titre en lui-même laisserait presque indifférent… un comble !

Il y a surtout sur cet album la désagréable impression de réentendre Our Truth. Certes, les deux œuvres sont liées puisque parties d'une même trilogie qui s'achèvera en 2019 avec The Healing. Mais tout de même, cela ne justifie rien et on voit bien là toutes les limites de cette musique en studio. Non, vous savez quoi ? N'achetez pas ce disque, économisez plutôt votre argent pour aller voir BCUC en concert. Car c'est bien là, sous la lumière des projecteurs, haletants et en sueur, que les Sud-Africains se dévoilent réellement et nous font adhérer à leur transe farouche et jubilatoire.

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- Ephraim Skhumbuzo Mahlangu (basse)
- Mosebetsi Jan Nzimande (percus)
- Daniel Thabo Mangel (percus)
- Thabo Saul Ngoepe (percus)
- Zithulele Zabani Nkosi (chant)
- Kgomotso Neo Mokone (chant)
- Letlhogonolo Atlarelang Maphunye (chant)


1. Moya
2. Insimbi
3. Nobody Knows



             



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