Recherche avancée       Liste groupes



      
PROG HEAVY  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


KNIGHT AREA - D-day (2019)
Par BAKER le 27 Novembre 2019          Consultée 208 fois

Branle-bas de... combat (ah ah) chez KNIGHT AREA ! Après un Heaven & Beyond absolument charmant, nonobstant le son trop agressif, le groupe néerlandais revient dans le feu de l'action avec un album qui se veut charnière, concept sur le débarquement du 6 juin 1944. Et désireux, ou plutôt obsédé, par le fait de sortir ce disque cette année et pas après, pour les 75 ans du débarquement allié * , voilà que le groupe n'en est plus un : leur chanteur prenant trop de retard et manquant d'allant sur la composition et les textes, que font les autres membres ? Ils le virent et changent de chanteur. C'est pas très classe ça, José, c'est même assez rat, mais bon, à la guerre comme à la guerre (hu hu hu), faut c'qu'y faut.

Alors premier hic, le nouveau chanteur est relativement compétent, mais il m'agace. Il m'énerve. Il a quelque chose de faux dans sa voix, pas au niveau de la justesse (même s'il a deux-trois passages faibles), mais du timbre. C'est purement personnel, et c'est presqu'indicible. Et à force d'essayer de comprendre pourquoi Jan Ketelaerts m'irrite là où Mark Smit se montrait charmant, j'ai trouvé : le bonhomme a de grandes similitudes vocales avec Tim 'Ripper' Owens quand il était dans ICED EARTH. Second hic, qui dit chanteur plus metal et album concept sur la guerre dit petit changement de style, et KNIGHT AREA donne ici clairement dans un heavy mélodique aux entournures prog beaucoup plus burné, agressif... et banal qu'auparavant. Troisième hic, forcément, le son est du coup aussi atroce qu'avant sinon plus, tout dans la gueule.

Donc si KNIGHT AREA, comme beaucoup de groupes de neo-prog Hollandais, avait une approche un peu plus heavy, oubliez les passages plus subtils qui faisaient leur force : D-Day ne donne pas dans la subtilité et aucun poncif ne vous sera épargné : discours d'Eisenhower et Churchill, sirène de DCA, intro à la Media Ventures (bien mauvaise façon de débuter un album). Quelques chansons, surtout dans la seconde partie, se montrent assez pataudes, avec une batterie raide, des riffs enquillés de façon générique. Il n'y a presque jamais l'horreur de la guerre, le côté nerfs à vif du débarquement. En revanche, le guitariste tire son épingle du jeu avec de beaux solos, souvent héroïques.

Aucun titre n'est vraiment captivant de A à Z. C'est une constante dans ce disque, et cela amoindrit clairement son impact. Mais au bout de quelques écoutes, vous y trouvez quand même de bons passages : le refrain exalté de "Blood on the Risers", celui de "The Landing" réhaussé d'un solo pyrotechnique, la plutôt jolie "Omaha Beach" réflective sur la tragédie morbide une fois le combat fini (et un petit côté CAAMORA). Le double final du disque est également fonctionnel mais plutôt bon : "March for Victory" est presque totalement réussie, avec un excellent couplet, un refrain un peu robotique mais qui fonctionne, et un solo de synthé qui me rappelle "Sanxion" de Rob HUBBARD. "Freedom" ne prend aucun risque, c'est du final grandiloquent à la SAVATAGE où le chanteur essaie par tous les moyens de nous faire chialer notre mère (oignons et tirage de poils fessiers inclus), et ça passe pas mal.

En revanche, si le disque dans son ensemble se montre au final relativement agréable, il ne peut faire oublier de grandes baisses de qualité et d'inspiration. Une chanson comme "Remembrance" donne dans le power metal le plus anonyme, tout comme "Wings of Time" qui aurait pu être signée par n'importe quel groupe de metal mélodique post-GAMMA RAY. Et pour bien plomber le tout, l'inévitable ballade piano-voix "When I'll Be With You" est d'un pathos geignard et racoleur terminal. Cette chanson est si lourde que si on l'avait balancée sur les bunkers le 5 juin, on divisait les pertes par trois.

Au final, D-Day n'est pas un mauvais album stricto sensu. Mais partant d'un bon sentiment, il parait au final plus opportuniste que touchant, malgré une efficacité régulièrement présente. Pour un disque sur une des batailles les plus mémorables de l'histoire, on s'attendait à du Soldat Ryan, un mélange de boucherie et de panique, la démesure de la folie meurtrière ramenée à des milliers d'échelles humaines, à la place on a Commando avec des one-liners signées Shane Black. KNIGHT AREA a toujours un certain savoir-faire, c'est indéniable. Mais leur manque d'identité sur ce disque risque de leur porter préjudice.

Note finale : 2,5 / 5, je monte à 3 pour les amateurs de power metal héroïque qui auront quelques jolis passages à dévorer. Les fans de prog, passez à 2.

* J'ai jamais compris pourquoi on appellait ça les Alliés, et l'autre camp l'Axe. Parce que l'autre camp, il n'était pas tout seul, il avait des... alliés ! Tabarnak !

A lire aussi en HARD ROCK par BAKER :


ALICE IN CHAINS
Rainier Fog (2018)
La beauté de la noirceur, et vice-versa




Derek SMALLS
Smalls Change (2018)
Vieillir est un naufrage : gloups !


Marquez et partagez





 
   BAKER

 
  N/A



- Jan Willem Ketelaers (chant)
- Gerben Klazinga (claviers)
- Mark Bogert (guitare)
- Peter Vink (basse)
- Pieter Van Hoorn (batterie)


1. New Horizon
2. Overlord
3. Blood On The Risers
4. The Landing
5. Omaha Beach
6. Rememberance
7. When I'll Be With You
8. Wings Of Time
9. March To Victory
10. Freedom For Everyone



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod