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- Style : The Beatles , Cheap Trick, The Lemon Twigs , Supertramp, Electric Light Orchestra, Queen, 10 Cc, The Beach Boys
- Membre : Jeff Beck , Air

JELLYFISH - Bellybutton (1990)
Par JASPER LEE POP le 2 Décembre 2019          Consultée 249 fois

J’habite pas très loin d’un marais. C’est très sympa, il y a des chemins aménagés autour où on peut promener le chien. Le seul inconvénient, c’est qu’on est envahi par les mouches à la maison. J’ai donc dû me résoudre à ne plus passer le premier album de JELLYFISH pendant les mois où elles prolifèrent sous peine d’en gober une. Parce que je suis bouche bée à chaque fois pendant toute l’écoute du disque.

Ne pas se fier à la pochette, ni aux photos, JELLYFISH est et restera pendant sa courte carrière un duo. Le sorcier des claviers Roger Joseph Manning Jr. et le chanteur/batteur Andy Sturmer (il joue debout, un détail pour vous mais pour lui, ça veut dire beaucoup) sont des potes de lycée dans la banlieue de San Francisco. Manning déménage à Los Angeles où il forme un groupe sans lendemain avec Jason Falkner, un guitariste prometteur au sourire ultra-bright, pendant que Sturmer rejoint les BEATNIK BEATCH, un groupe qui a déjà un contrat en poche. Manning Jr. est appelé à la rescousse par son copain quand le poste de claviériste se libère mais le groupe se casse vite la gueule et les deux compères héritent du contrat discographique. Des titres sont composés et ne reste plus qu’à trouver un guitariste pour terminer la formation. Manning rappelle alors Falkner non sans le prévenir que Sturmer n’est pas le type le plus facile à vivre.

Manning et Sturmer sont faits pour s’entendre, le courant musical passe de façon télépathique entre eux. Ils sont tous deux à la recherche de la chanson parfaite, courte, mélodique en diable avec le break surprenant qui vous emmène ailleurs, les harmonies vocales qui tuent et les arrangements somptueux. Bref, la simplicité sophistiquée, soit la quadrature du cercle. Ils sont en cela les héritiers directs d’une longue descendance qui débute bien sûr avec les BEATLES et qui se poursuit avec les BEACH BOYS, 10CC, QUEEN, ELO, SUPERTRAMP, CHEAP TRICK* jusqu’à plus près de nous The LEMON TWIGS. Toutes ces influences s’entendent ici sans qu’aucune ne soit pour le moment trop écrasante. La voix juvénile de Sturmer est parfaite pour le genre et les morceaux défilent dans un ordre savamment étudié où se côtoient la mélancolie (« The Man I Used to Be » sur l’absence du père), des tempos plus enjoués (« The King is Half-Undressed », single de haute volée, "All I Want is Everything"), de la pop pur sucre (« Baby’s Coming Back », carton indirect une fois repris par le boys band McFLY dans des arrangements moins fins) jusqu’à une quasi rumba (« Bedspring Kiss » et son superbe écrin de cordes, avec harmonica et la contrebasse de John Patitucci**). Chaque nouvelle chanson devient votre préférée avant la suivante et on reste pantois devant la perfection des compositions et le souci des détails, le tout magnifié par la production d’Ahlby Galuten, l’artisan sonore des tubes des BEE GEES, secondé de Jack Joseph Puyg.

Mais alors si c’est si bon que ça, comment se fait-il que JELLYFISH n’ait pas pu dépasser le statut de groupe culte qu’il est aujourd’hui devenu ? La faute à un look acidulé à la Alice au pays des merveilles que le groupe aurait emprunté sans vergogne à REDD KROSS d’après ces derniers ? À la déferlante Grunge imminente qui ne fera pas de détail et ne laissera pas seulement les groupes de Hair Metal sur le carreau ? À la configuration du groupe forcément statique avec un chanteur/batteur debout ? Probablement un peu à cause de tout ça à la fois. Toujours est-il qu’à l’issue d’une tournée pour défendre ce coup de maître et alors que la composition de futurs morceaux commence, Jason Falkner jette l’éponge, las de s’entendre dire par Sturmer que ses contributions seront exploitées plus tard. Quand on connaît les talents de compositeur du guitariste (au sein de The GRAYS ou en solo), on ne peut que regretter la fin de son aventure avec le brillant duo. Après des collaborations avec AIR et Paul McCARTNEY, Falkner retrouvera Manning au sein du groupe accompagnant BECK.

Salué à sa sortie par la critique mais petit succès public malgré la programmation de MTV, Bellybutton est un petit bijou de power pop. Rejoignez les happy few qui vénèrent le combo et redonnez une chance à cet album, jamais quarante minutes ne passent aussi vite et il fait mouche à chaque écoute.

P.S: Roger Joseph Manning Jr. vient de se plier à l'analyse des deux albums de JELLYFISH sur YouTube dans la série de Warren Huart: Produce Like a Pro et c'est passionnant.


* Manning et Falkner rajoutent à cette liste XTC. C’est moins évident.

**Patitucci joue sur trois morceaux, Steven Shane McDonald de REDD KROSS sur trois autres et le reste des parties de basse est assuré par Falkner. Chris Manning, le frère de Roger, n’est là que pour la photo et pour la tournée à venir.

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   JASPER LEE POP

 
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- Andy Sturmer (chant, batterie, guitare, claviers)
- Roger Joseph Manning Jr. (claviers en tous genres, chant)
- Jason Falkner (guitare, basse, chœurs)
- Chris Manning (figuration)
- +
- John Patitucci (contrebasse)
- Steve Shane Mcdonald (basse)
- Tommy Morgan (harmonica)


1. The Man I Used To Be
2. That Is Why
3. The King Is Half-undressed
4. I Wanna Stay Home
5. She Still Loves Him
6. All I Want Is Everything
7. Now She Knows She's Wrong
8. Bedspring Kiss
9. Baby's Coming Back
10. Calling Sarah



             



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