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POWER POP  |  STUDIO

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- Style : The Beatles , Cheap Trick, The Lemon Twigs , Supertramp, Electric Light Orchestra, Queen, 10 Cc, The Beach Boys , The Lickerish Quartet
- Membre : Jeff Beck , Air

JELLYFISH - Spilt Milk (1993)
Par JASPER LEE POP le 4 Mai 2020          Consultée 749 fois

Parmi les trois douzaines de fans de JELLYFISH qui prêchent dans le désert pour la reconnaissance du groupe, Spilt Milk, le second et dernier opus de leur maigre discographie, est assez largement considéré comme leur chef-d’œuvre. C’est tout à la fois mérité et un peu exagéré.

C’est mérité parce qu’on retrouve le brio du duo à composer de petites vignettes pop imparables qui laissent baba de par leur audace mélodique* et la richesse de leurs arrangements, le quinté de la face A allant de « Joining a Fan Club » à « The Ghost at Number One » en est le meilleur exemple. C’est enjoué, vif, gentiment psychédélique, jamais répétitif grâce à un break inventif souvent inattendu et c’est jeune et frais sans être niais grâce au chant toujours juvénile et encore mieux maîtrisé que sur l’album précédent de Sturmer (par ailleurs parolier pertinent, même quand il s’attaque au sujet casse-gueule de son membre intime dans « He’s my Best Friend »). Toutes ces qualités déjà présentes sur Bellybutton sont à nouveau exploitées ici avec l’assurance de l’expérience acquise entre temps. Le tout mis en valeur par une production aux petits oignons plus organique que celle par trop cliniquement parfaite du premier essai. Joie et applaudissements.

Mais c’est aussi un peu exagéré parce qu’au-delà de sa pochette résolument repoussante, Spilt Milk pèche aussi par ses excès. Jason Falkner, le guitariste ciseleur de miniatures mélodiques, a tiré sa révérence et le duo Sturmer/Manning Jr. laisse dès lors libre cours à une certaine emphase sans garde-fou, à une grandiloquence qui peut agacer. L’arrière-plan de la pochette et les photos du livret nous montrent une multitude d’instruments, y compris les plus exotiques comme s’il fallait tout caser, jusqu’à un accordéon, une mandoline, un violon sur « Bye, Bye, Bye ». Du coup, on tombe vite dans l’ambiance fête foraine et barbe à papa et ça n’est pas de bol pour moi, je n’aime pas du tout « Being for the Benefit of Mr. Kite » des BEATLES. Parce qu’il est clair que le duo à l’audace (la prétention?) de proposer ici son Sergent Pepper’s et que la référence est assumée (« Brighter Day ») jusqu’à la tenue de note finale de l’album rappelant « A Day in the Life ». D’ailleurs, c’est bien simple, toutes les références sont assumées. Quand Manning Jr. sort son Wurlitzer sur le formidable « New Mistake », les castagnettes de « The Logical Song » retentissent immédiatement comme pour signifier que le groupe revendique ses emprunts à SUPERTRAMP. Le hic, c’est que le trop plein d’influences finit par plomber l’entreprise. Les BEACH BOYS dès l’intro toute en harmonies vocales de « Hush » et sur « Sebrina, Paste and Plato » tout droit sorti de Pet Sounds, QUEEN sur le malgré tout parfait « Joining a Fan Club » qui voit le groupe lâcher les chevaux lors du break et j’en passe. Toutes ces influences étaient déjà audibles sur Bellybutton bien sûr mais davantage amalgamées avec la dose de fraîcheur et d’enthousiasme propres aux premiers albums. Elles deviennent ici un poil trop encombrantes. Époque oblige, le groupe s’essaie aussi au Grunge avec « All is Forgiven » et non, rien n’est pardonné, le morceau est forcé, crispant et la cavalcade finale noisy interminable a pour seul mérite de faire contraste avec la douceur du superbe « Russian Hill » qui lui succède.

Et donc, tout ça pour justifier une étoile de notation en moins que son prédécesseur ? Qui aime bien châtie bien et Spilt Milk n’en reste pas moins un album tout à fait brillant, même si le mieux peut parfois être l’ennemi du bien. C’est un Grand Œuvre de studio, là où Bellybutton avait la prétention de n’être qu’une simple collection de chansons. La collaboration haute en couleurs entre les deux musiciens s’arrêtera là, sans acrimonie particulière, tout juste une larme coulant sur la joue de Manning Jr. en ressortant de chez Sturmer quand il se rend compte qu’il n’a aucune envie de jouer sur les ébauches de compositions que son partenaire d’écriture vient de lui faire écouter. Manning Jr. fondera IMPERIAL DRAG avec Eric Dover venu rejoindre JELLYFISH sur la tournée de cet album et retrouvera bien plus tard Jason Falkner chez BECK. La production des deux albums du groupe est une référence et vaudra entre autres à Jack Joseph Puyg de se faire une place parmi les grands noms de la profession. Silence radio depuis pour Andy Sturmer reclus et recyclé dans la composition de génériques pour dessins animés.

* Appel désespéré à l’attention des artistes actuels : Osez la mélodie !

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   JASPER LEE POP

 
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- +
- Tim Smith (basse, chœurs)
- Roger Joseph Manning Jr. (claviers, chant)
- Andy Sturmer (chant, batterie, guitare, claviers)
- Lyle Workman (guitare)
- Jon Brion (guitare)
- T-bone (guitare)
- Bruce Kaphan (pedal steel)


1. Hush
2. Joining A Fan Club
3. Sebrina, Paste And Plato
4. New Mistake
5. Glutton Of Sympathy
6. The Ghost At Number One
7. Bye Bye Bye
8. All Is Forgiven
9. Russian Hill
10. He's My Best Friend
11. Too Much, Too Little, Too Soon
12. Brighter Day



             



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