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Claire HAMILL - October (1973)
Par MARCO STIVELL le 13 Décembre 2019          Consultée 768 fois

L'automne est la saison qui convient le mieux à certains artistes précieux, et anglais : GENESIS, pour ne citer qu'eux, mais également Claire HAMILL. C'est presque un manque de chance pour elle d'être née début août... Toutefois, elle se rattrape largement après une année 1972-73 chargée où elle suit John MARTYN en tournée, puis PROCOL HARUM et JETHRO TULL, quand en octobre elle publie son deuxième album appelé October.

Celui-ci a été enregistré au studio Manor de Richard Branson dans l'Oxfordshire, lieu mythique qui résonne encore des cloches tubulaires de Mike OLDFIELD, passées quelques mois avant et pas seulement à Pâques. L'ex-YARDBIRDS Paul Samwell-Smith aide HAMILL à arranger des chansons qu'elle a presque toutes écrites. L'album est ensuite publié par Island, pour la dernière fois.

La jeune artiste qui n'a pas encore soufflé ses vingt bougies, rappelons-le, est toujours remarquablement entourée. Visez un peu l'armada de musiciens : Jean Roussel pour les parties de parties de piano virtuose, le batteur Alan White qui vient tout juste de débuter une carrière longue comme le bras avec l'écurie YES, secondé par Gerry Conway qui commence à se faire un nom dans le folk-rock progressif britannique, le bassiste Pat Donaldson qui est aussi une sommité du genre (il a même accompagné notre Johnny HALLYDAY période 1971/72), Chris Laurence dont la contrebasse est, à raison, l'une des plus prisées par plein d'artistes... Il n'y a qu'à entendre ce qu'il fait ici ("To the Stars", etc).

De façon très étonnante, un disque folk s'ouvre, par "Island", avec un déroulement d'orgue Farfisa en arpèges sur lequel Claire HAMILL vient poser sa voix. Des percussions, une chorale, une guitare et un clavecin s'ajoutent ensuite sur cette composition du claviériste Steve Smith, et le charme opère. Le seul autre morceau à ne pas être écrit par la demoiselle et lui aussi inhabituel vient du bluesman américain Jimmy REED, l'entraînant "Baby What's Wrong With You". L'occasion pour HAMILL de montrer que même si elle tient plus de Joni MITCHELL que d'Etta JAMES, son timbre enfantin fait merveille dans un tel exercice, sensualité et jouissance garanties !

Dans le même ton mais différemment, la mélodie joueuse et coquette de "Sidney Gorgeous" fait son effet, tout comme la prestation brillante de la chanteuse. La chaleur amoureuse des paroles de "Please Stay Tonight" s'élève au rythme de la voix. Tout aussi frappantes restent la délicatesse de "The Artist", aux métaphores picturales imprégnées d'arpèges de guitare acoustique ; celle de "Wall to Wall Creeping", où une deuxième voix s'ajoute pour une fin de phrase seulement.

Ce genre de choses, HAMILL la gère seule, se fait écho à elle-même ou alors dirige ses musiciens, Steve Smith ainsi que les guitaristes Tim Smith et Wayne Perkins pour des chorales splendides. Loin des arrangements lourds des productions variété, on sent combien chez HAMILL, la voix est le petit plus, venant d'elle d'abord et dans sa façon de gérer cet aspect sur tout un disque. Sur une chanson, les choeurs, loin d'être systématiques, peuvent être parfois très brefs, se contenter d'onomatopées et surtout, arrivent au moment où on les attend le moins. Il y a là tout un travail et ce n'est pas pour rien si, dans une toute autre période, l'artiste réservera un disque à l'organe mélodique le plus naturel de l'être humain.

Il demeure sur ce disque d'autres trésors, comme "To the Stars" au pas country endiablé, "Peaceful" et sa mélodie libératrice, "I Don't Get Any Older" où la voix hantée comme l'orchestration piano-cordes font vibrer la corde sensible, entre ballade classique et touches latines sensuelles dans le rythme... "Speedbreaker", résolument acerbe, est adressé à John MARTYN, avec qui Claire HAMILL a connu une liaison. Puisqu'on parlait d'interprétation et de personnalité, cette façon qu'elle a de chanter ainsi de telles paroles, accompagnée de guitares bluesy et pimentée par la batterie versatile d'un Alan White survolté, c'est du grand art ! D'aucuns ont comparé HAMILL à Nick DRAKE (présent sur le même label), mais je dois dire qu'avec elle et son écriture, l'enchantement est nettement plus simple à venir, et entier.

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   MARCO STIVELL

 
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- Claire Hamill (chant, guitares, piano)
- Tim Smith, Wayne Perkins (guitares, choeurs)
- Pat Donaldson (basse)
- Chris Laurence (contrebasse)
- Steve Smith (claviers, choeurs)
- Jean Roussel (piano)
- Alan White (batterie, percussions)
- Gerry Conway (batterie)
- Henry Spinetti (congas)
- Nick Harrison (arrangements des cordes)


1. Island
2. To The Stars
3. Please Stay Tonight
4. Wall To Wall Creeping
5. Speedbreaker
6. I Don't Get Any Older
7. Warrior Of The Water
8. The Artist
9. Baby What's Wrong With You
10. Sidney Gorgeous
11. Crying Under The Bedclothes
12. Peaceful



             



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