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LIFE ON VENUS - Odes To The Void (2019)
Par RICHARD le 2 Janvier 2020          Consultée 181 fois

Les choses sont ainsi faites. En plongeant dans le grand bain de la dream pop, les Moscovites de LIFE ON VENUS savaient par avance qu'ils allaient se battre un peu contre des moulins à vent. Ils se doutaient qu'au mieux, ils récolteraient simplement un tout petit succès d'estime. Même si en ce début d'année, ce courant continue de se porter plutôt bien, il souffre de ne pas réussir à s'exposer pleinement au plus au grand jour et au plus grand nombre. C'est vraiment dommage et ce n'est pas seulement le fan de cette scène qui vous parle. Ces ambiances rêveuses et faciles d'accès ne trouvent pas malheureusement beaucoup de preneur. Elles sont pourtant un efficace remède à la morosité ambiante et une invitation à plus de douceur. Bon, c'est vrai, les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, mais quand même. Je reprends donc mon bâton de pèlerin et sur un malentendu, si cet univers résonne un peu en vous, faites moi signe.

Le premier album des Russes s'il réussissait avec une assurance certaine à proposer un univers étrangement mature au regard du si peu d'années d'existence au compteur ne pouvait pas cependant renier son influence majeure: celle des Anglais de SLOWDIVE. Avec ces dix nouveaux titres, Dmitry Kostryukov le leader se fait le dispensateur d'une langueur ouatée où le temps est littéralement en suspend. Si l'influence de la bande à Goswell est assurément moins palpable sur Odes To The Void c'est parce que le quatuor semble l'avoir diluée dans des ambiances encore plus résolument pop. Elles seront parfois zébrées par des éclairs électriques, la sourde tension ne pouvant être définitivement contenue. Le combo invite alors l'auditeur à se poser, à respirer, au risque parfois de tomber littéralement dans les bras de MORPHEE. L'équilibre reste toujours bien difficile à trouver entre lenteur élaborée et ennui tout court.

Comme tout groupe de cette scène qui se respecte, entrée et sortie sont soignées. Il n'en demeure pas moins que cette fois-ci, elles ne sont pas tout à fait représentatives du ton général de l'album. En effet l'introductif "Glass Gardens" par sa torpeur étudiée construite autour d'une guitare triste et le très bon et noisy "At The Point Of No Return" seront sans doute les deux seuls exemples qui rappelleront le passé vraiment pas si lointain des Russes. S'il faut un tiercé nostalgique dans le désordre, je rajouterai aussi le meilleur titre de l'album pour moi, "A Story Ends", une bulle de douceur et de délicatesse. Et pour le reste ? Pour être honnête, j'ai un peu de mal à extirper d'autres morceaux significatifs. Non pas qu'ils soient foncièrement mauvais. Ils semblent simplement faits du même bois de Sibérie. Un bois tendre sur lequel sont gravées de (trop) similaires ambiances. Une musique aux teintes monochromes qui suscite dans le meilleur des cas un intérêt poli.

Les Russes pour les morceaux restants ont donc eu comme des difficultés à trouver une ligne directrice forte. Ils ne s'éparpillent pas mais ne choisissent pas non plus entre pop aux saveurs 90's et effluves légèrement shoegaze. Il en résulte un sentiment mitigé car le groupe alterne ce schéma un morceau sur deux. Les trois minutes réussies de "For The Kill" sonnent comme de l'indie-pop anglaise de 1991 tandis que l'énergique "Startide" aux guitares tournoyantes puis saturées ne dépareilleraient pas quant-à lui sur une college radio d'un quelconque campus américain de la même décennie. LIFE ON VENUS zigzaguera tout le long de ce périple entre ces deux balises. La pop se fait quasi-léthargie à l'image de "Silver Screen" ou de l'émouvant "Darker Than Blue". La voix discrète de Kostryukov se marie pourtant bien à ce jeu de guitares, mais c'est à rien n'y comprendre. L'absence de voix féminine en est peut-être l'une des raisons. L'adhésion ne réussit pas à être totale. Ce sentiment est malheureusement de nouveau présent même lorsque le groupe gonfle son son. Même en esquissant une approche shoegaze des plus orthodoxes comme sur "What Lies Beneath", les Russes n'arrivent pas à retrouver avec bonheur ce qui faisait le charme d'Encounters, leur premier album.

Odes To The Void est quelque peu décevant. En effleurant différents styles, les Russes ne sont pas pleinement convaincants. Mi-pop, mi-dream pop, c'est en définitive un album moyen traversé par de trop épars moments lumineux.

Note réelle: 2,5/5

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   RICHARD

 
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- Dmitry Kostryukov (chant,guitare)
- Oleg Kopytin (guitare)
- Marat Yuskaev (basse)
- Gulnara Tukshaitova (batterie)


1. Glass Gardens
2. For The Kill
3. Startide
4. A Story Ends
5. Silver Screen
6. The Night Is Young
7. Darker Than Blue
8. What Lies Beneath
9. Phantasm
10. At The Point Of No Return



             



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