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DOUBLE ECHO - Burning In Blue (2019)
Par RICHARD le 16 Janvier 2020          Consultée 533 fois

A l'image de Manchester, Liverpool ne s'est jamais vraiment montré avare en groupes musicaux qui comptent.On sera évidemment tous d'accord pour dire que DOUBLE ECHO ne sont ni les BEATLES ni ECHO AND THE BUNNYMEN. Comme dirait un Maître YODA gothique, il faut savoir raison garder tu dois. Il n'empêche, dans la sphère underground et sombre, le trio compte et pas qu'un peu. J'en veux pour preuve ses trois solides premiers albums dont se détache le plus marquant La Danza (2015). Qu'est-ce qui a fait que les Liverpooldiens ont réussi à sortir de l'ombre ? Sûrement cette déconcertante capacité à distiller un savant mélange de sonorités fluides qui voient se côtoyer cold wave, gothique ou dark wave. Les courants les moins rugueux du style en fait. La discographie de DOUBLE ECHO nous rappelle aussi bien opportunément et pas seulement aux amoureux du genre qu'une démarche artistique originale peut encore exister et ceci sans quasiment d'écho (désolé). C'est certain, en ces temps très frileux et particulièrement formatés, c'est forcement appréciable.

C'est peu de le dire mais ces neuf titres sont une nouvelle fois la preuve que le trio est doué pour nous proposer des paysages sonores qui même s'ils sont référencés réussissent toutefois à ne pas sonner comme une copie conforme de ce qui pouvait se faire il y a plus de trente ans. La galette débute donc tout en douceur par de petites touches électroniques avec "Screen II". C'est un morceau simple et efficace en diable. Sur des notes qui pourront évoquer les Nordistes de TRISOMIE 21, l'auditeur se retrouve isolé comme traversant de désespérantes friches urbaines. Cette sensation sera renforcée quelque peu sur l'autre instrumental, "Screen One" qui lui rappellera plus volontiers par ses effluves éthérées le CLAN OF XYMOX de la période Medusa. L’intérêt des Anglais n'est pas tant dans cette convocation discrète des glorieux aînés comme c'est monnaie courante dans le mouvement. Il réside plus volontiers dans ce désir de proposer un sombre et large éventail sonore. Fait marquant, cette hétérogénéité n'affaiblit en rien l'ensemble. C'est une porte d'entrée idéale pour une découverte de ces univers pas aussi inhospitaliers que leur réputation grand public laisserait croire.

Les Anglais adeptes du grand écart réussissent même au sein d'un même morceau à proposer deux ambiances bien typées. "Some Essential Thing" réussit ainsi le tour de force de développer une rythmique cotonneuse façon Faith des CURE, rythmique qui est tout de suite zébrée de guitares tranchantes que ne renieraient pas les adeptes d'un death rock poisseux. Le pari est osé, c'est certain, mais il est pleinement réussi. Cette démarche semble être le fil conducteur de Burning In Blue. Prendre le contre-pied chaussé de CREEPERS. Les guitares cette fois-ci cristallines de "Felix And Tantrum" sont portées par la voix aérienne d'Ellon Souter qui selon les intonations évoquera aussi bien celle de Kate BUSH que celle de Christianna des Californiens cultes de MEPHISTO WALZ. Cette alternance constante place l'auditeur dans une absence d'immédiateté. Le trio ne cherche pas à le déstabiliser, loin de là, mais celui-ci doit rapidement se remettre en selle pour profiter pleinement de ces ambiances multiples.

Diversifiées, ces dernières le sont assurément. Voici que revient le buté et satané name-dropping comme pour encore mieux les souligner. En effet, comment ne pas penser de nouveau à Ronny Moorings à l'écoute du dansant "The Position". On se croirait en 1985 avec la mèche noir corbeau dans les yeux agitant frénétiquement les bras. Ash Lerczak le leader s'amuse comme un petit fou avec ses claviers et ses boites à rythmes et nous aussi.Le plaisir est pleinement communicatif. Le groupe surprend encore et toujours lorsqu'il propose avec "The Landing" plus de quatre minutes dans la plus pure tradition cold wave. La basse lourde et les arpèges légers de guitare ne sentent ici aucunement ni le réchauffé, ni la naphtaline. Ces ambiances ont toute leur place en 2020. En effet, quoi de plus attractif que l'atmosphère développée sur le pesant "The Watch". Cette rencontre Kate BUSH VIRGIN PRUNES ne manque définitivement pas de cachet, ni de sel à l'image du calme titre album qui conclut en beauté ce voyage aux mille visages.

Burning In Blue est donc une excellente nouvelle. Il confirme en effet toute la qualité de DOUBLE ECHO mais aussi et surtout le fait que les univers sombres bien que convalescents sont encore capables de réjouissants soubresauts. Tant mieux !

Note réelle : 4,5/5

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   RICHARD

 
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- Ellon Souter (chant,claviers)
- Chris Luna (guitare,basse,claviers)
- Ash Lerczak (chant,basse,claviers,guitare acoustique)


1. Screen Ii
2. Some Essential Thing
3. Felix & Tantrum
4. Automatic Doors
5. Screen One
6. The Position
7. The Watch
8. The Landing
9. Burning In Blue



             



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