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Adriano CELENTANO - Adriano Celentano Con Giulio Libano  (1960)
Par MARCO STIVELL le 5 Février 2020          Consultée 189 fois

Adriano CELENTANO, le Johnny HALLYDAY italien, légèrement plus âgé (de 5 ans, car né en 1938), né à Milan, province de Lombardie, dans une artère centrale appelée via Gluck, bien connue depuis. L'un des premiers rockeurs, mais aussi l'homme aux 200 millions (de disques), plus gros vendeur dans la péninsule de la Botte encore aujourd'hui, c'est tout sauf rien.

Sa vie à peu près normale l'amène, après sa scolarité, à travailler dans l'horlogerie, tout en gratouillant une six-cordes dès l'âge de 15 ans, jusqu'à ce qu'il voie au cinéma, comme beaucoup d'autres jeunes, le film de Richard Brooks sorti en 1955, Graine de Violence. La chanson du générique, "Rock Around the Clock" par Bill HALEY & HIS COMETS, c'est du jamais entendu, une véritable révélation. Et puis il y a Elvis... Dès lors, Adriano devient chanteur de rock'n'roll, un des premiers en Italie, et au fil du temps, celui qui connait le plus de succès.

Un groupe appelé les ROCK BOYS est vite monté. Dès 1958, quelques singles sont publiés par Music, label milanais fondé sept ans plus tôt et spécialisé dans le jazz, importateur de catalogues comme Mercury (USA), Vogue (France). Au départ CELENTANO se pose juste en interprète de ses idoles ("Tutti Frutti" de LITTLE RICHARD, "Jailhouse Rock" d'Elvis PRESLEY, "Blueberry Hill" de Fats DOMINO) sans même chercher à les adapter en italien. Inspiré par Jerry Lee LEWIS, il bouge comme un fou sur scène, ce qui lui vaudra le surnom Il Molleggiatto.

L'envie de chanter dans sa langue natale arrive très vite cependant, dès l'année suivante en 1959. Une face B donne son titre à ce premier 33 tours sorti en 1960, recueil de singles comme c'est l'usage. Entretemps, CELENTANO est passé chez Jolly Hi-Fi Records, label du même créateur que Music (le Suisse Walter Gürtler) qui distribue aussi des artistes sudaméricains (Tito PUENTE).

L'orchestre de Giulio Libano (qui se fait connaître aussi après aux côtés de Danyel GERARD) accompagne donc CELENTANO sur ce premier opus qui sent bon le rock des pionniers, la jeunesse folle du tournant des années 60, la légèreté, l’amour adolescent, les sorties pour danser, le saxophone ténor et la guitare Gretsch. Ce sont, sans surprise, les deux instruments solistes, plus souvent le sax, sur à peu près tous les morceaux.

Le chanteur a un autre surnom, l’Urlatore, le hurleur, mais sur ce disque, il est surtout maniéré tout en étant "sage", avec un timbre encore immature quoiqu’il se rapproche de sa vingt-cinquième année et semble plus vieux que d’autres rockeurs à leurs débuts.

Inutile de détailler les textes qui parlent tous peu ou prou de la même chose : "On se sent si jeune, avec des blue jeans et en dansant le rock’n’roll" ("Blue Jeans Rock"), "Je ne veux pas que tu parles d’amour, je te désire" ("Desidero te")… En italien bien sûr, au moins un bon point car la langue s’accorde avec la musique, peut-être mieux que le français.

C’est plein de fraîcheur juvénile mêlée de dolce vita italienne, de chœurs doo-wop qui font "aouh aouh !", "hey! hey! hey!", "toudou doudou!", de rythmes twist et rockabilly… Par rapport à d’autres disques de l’époque, ça s’écoute bien sans plus, il n’y a pas grand-chose pour détonner d’un point de vue idées intéressantes. "Piccola" et "Ritorna lo Shimmy" sont notables pour leurs arrangements New Orleans, et ce sont les deux duos avec la chanteuse tessinoise (suisse italienne) Anita TRAVERSI.

"Il rebelle" est de facture jazz, "Personality" (non chantée en anglais, contrairement à ce que suggère le titre) plutôt latino. Mis à part cette dernière, adaptation d’un morceau de l’américain Lloyd PRICE, ce ne sont que des chansons originales écrites par divers paroliers et compositeurs italiens – dont CELENTANO lui-même –, chose qui, à cette époque, reste plutôt rare et louable.

L’une des meilleures reste "Nikita Rock" qui joue sur deux rythmes différents entre couplets et refrains et où, pour faire un clin d’œil à l’Europe de l’Est, la vodka est gagnante parmi l’énumération des alcools forts. Il y a, en outre, un très bon double solo de guitare. L’enregistrement n’est pas toujours bon ("Idaho", un des seuls textes à se démarquer, où l’orchestre est trop "au fond"), les fondus rapides pour chaque début de morceau ne sont pas agréables, mais cela reste un passage obligé pour découvrir les débuts d’un maître de la chanson transalpine !

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   MARCO STIVELL

 
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- Adriano Celentano (chant)
- Giulio Libano (direction d'orchestre)
- Orchestra Di Giulio Libano
- Eraldo Volontè (saxophone)


1. Il Bacio è Come Un Rock
2. Desidero Te
3. Piccola
4. Pronto Pronto
5. Il Mondo Gira
6. Blue Jeans Rock
7. Personality
8. Idaho
9. Ritorna Lo Shimmy
10. Teddy Girl
11. Nikita Rock
12. Il Ribelle



             



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