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Bryan FERRY - The Jazz Age (2012)
Par DERWIJES le 19 Mars 2020          Consultée 442 fois

Certes, c’est facile de se moquer de Bryan FERRY. Le gars à la tête d’un des groupes les plus intéressants et extravagants des années 70 a passé toute sa carrière solo à roucouler en mode crooner pourquoi-j’ai-pas-vécu-pendant-les-années-trente-bon-sang-de-bonsoir ? On dit d’AC/DC qu’ils font toujours la même chose, mais à côté du père Bryan ils n’ont pas à rougir (à quand un album de reprises de Bryan FERRY par AC/DC ou inversement ?).
Pourtant, sa discographie regorge de concepts intéressants, et comment rester en colère contre un type capable de nous faire « Slave to Love », la meilleure chanson d’amour des années 80 ? Et ce même si pour un Boys and Girls on a droit à une série de suites en mode pilotage automatique. Dans la vie, Bryan a deux talents : sa permanente toujours réussie et son don pour faire des reprises. Il n’y a qu’à prendre son album de reprises de Bob DYLAN, c’était casse-gueule et pourtant ça passe crème.

Mais l’avantage quand on est Bryan FERRY, c’est qu’on peut faire ce qu’on veut, et c’est ce qu’il prouve encore une fois en 2012 à l’occasion de la sortie de son quatorzième album : un disque de reprises de ses morceaux et de ceux de ROXY MUSIC à la façon jazz des big-bands des années 20/30. S'il avait déjà mimé ce style sur As Tears Goes By en 1999, il n’avait alors que repris des standards de l’époque, tandis qu’il s’est imposé pour le coup de retravailler entièrement ses morceaux pour qu’ils donnent l’illusion d’avoir été composés pour une fête chez Gatsby le Magnifique. L’orchestre qu’il a fondé pour l’occasion, le Bryan Ferry Orchestra, a d’ailleurs composé deux morceaux pour l’adaptation de Baz LURHMANN.
Prenons le temps d’apprécier la pochette cartonnée et son patchwork de posters du chantre de l’Art Déco Paul COLIN, et lançons la lecture.

L’illusion est complète, dès les premières notes de « Do the Strand » le son est hachuré, pour un peu on aurait presque l’impression d’avoir troqué sa chaîne hi-fi contre un phonogramme. Bravo aux ingés son et bravo aux musiciens qui jouent le jeu à fond sous l’œil que l’on imagine diligent de leur leader. A nous les auditeurs de jouer aussi le jeu, parce que c’est surtout de cela dont il s’agit, un jeu musical, un gadget, un gimmick, comme diraient les anglophones. Applaudissons l’effort, mais admettons que la majorité des morceaux présents n’en sortent pas nécessairement grandis –ni rétrécis d’ailleurs. L’effet fait mouche quand il s’agit des classiques d’autant que l’atmosphère varie d'un titre à l'autre –bluesy sur « Love is the Drug », swing pour « Do the Strand », dansant pour « Virginia Plain » …-, il n’y a que « Slave to Love » qui déçoit.
Et il y a les autres, les « petits morceaux », les méconnus. Eux non plus ne brillent pas plus que cela. C’est sur ceux-là, les « This is the Face », « The Bogus Man » et autres « I Thought », que le côté gimmicky de la musique ressort le plus. A me relire, j’ai l’impression d’être méchant envers The Jazz Age, pourtant j’ai quand même profité d’une réduction pour l’acheter à la Fnac Erlon pour une raison, la seule qui m’ait suffi à légitimer l’achat du disque, et cette raison s’appelle « Reason or Rhyme ». La version d’origine, disponible sur son album précédent Olympia, est à classer, comme le reste du disque, dans la catégorie déjà bien remplie chez Bryan FERRY des morceaux « ni bons ni mauvais, mais que l’on oublie complètement entre deux écoutes ». Mais ici, elle est la seule chanson du lot à vraiment s’élever et à bénéficier de ce style big-band. C’est mélancolique et aventureux à la fois, cinématique dans sa construction mais qui évoque en même temps immédiatement les Années Folles.

On se moque mais on l’aime bien, Bryan FERRY. Un album comme The Jazz Age rappelle quand même que l'artiste aime ce qu’il fait et que c’est aussi et surtout un musicien qui a du nez pour trouver de bonnes idées. Sans être essentiel dans sa discographie, ce voyage dans le temps est l’occasion de se réconcilier avec lui –jusqu’à ce qu’il sorte le très bof Avonmore, en tout cas.

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1. Do The Strand
2. Love Is The Drug
3. Don't Stop The Dance
4. Just Like You
5. Avalon
6. The Bogus Man
7. Slave To Love
8. This Is Tomorrow
9. The Only Face
10. I Thought
11. Reason Or Rhyme
12. Virginia Plain
13. This Island Earth



             



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