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Duane EDDY - Especially For You (1959)
Par ERWIN le 9 Mai 2020          Consultée 177 fois

Le deuxième album de Duane EDDY, toujours accompagné de son groupe des REBELS, est lancé sur le marché du billboard quelques mois après avoir éclaboussé de sa classe le monde de la musique instrumentale avec un premier opus fort bien achalandé. Lee Hazlewood officie toujours derrière la console des studios de Phoenix. Un seul single est extrait de cet album en 59, et seul l'un des autres connaîtra une légende éternelle. Tout semble être une question de travail pour le jeune homme, bien entouré et qui semble équilibré, il lui faut imposer un son nouveau plutôt que de se positionner en virtuose de son instrument. C'est sans doute là que se situe son apport dans le grand livre de la musique populaire : il n'en fait jamais trop et va imposer son style à des millions d'ado plus amateurs d'ambiance que de technique musicale, on est bien loin de Chet ATKINS !

Le plus grand titre de gloire de Duane EDDY est probablement sa version de "Peter Gunn". Connu de tous, cet instrumental de Henry MANCINI composé pour les besoins de la série télé du même nom est un immense standard du rock. Duane y ajoute son fameux son Twangy alors que le sax est chargé de mettre un peu de couleur à cet ostinato invraisemblable. On tourne en rond autour des 3 mêmes notes certes, mais quelle efficacité ! Elle ne sort en single qu'en Angleterre, atteignant la 6ème place. Le premier truc que j'ai appris à jouer avec une gratte tiens, on doit être nombreux dans ce cas tellement c'est simple. Il faudra attendre près de deux ans pour la voir grimper le billboard ricain. C'est donc un de ses morceaux qui est choisi comme single aux U.S. "Yep" est d'ailleurs très proche de "Peter Gunn", mais le thème est beaucoup plus guilleret, Duane a fort bien choisi le créneau, il n'en fait jamais trop et laisse le saxophone briller.

L'album alterne donc reprises et titres originaux. Parmi ces derniers : "Fuzz" permet au plus grand nombre de se trémousser avec disgrâce, dans une ambiance qui annonce les futures square dance à la Locomotion ou le madison ou même le twist. Slow doucereux, "Along Came Linda" est carrément symbolique des fifties. Un aspect suranné s'en dégage, mais c'est pour le meilleur, voila une vibe romantique du plus beau genre. "Quiniela" se laisse porter par une ambiance plutôt noirâtre puis un sax triste et un piano atone relancent sur une rythmique proprette de Duane. Le traitement est finalement pop. Mais un blues est dans le coin, super lent, "Only Child" le voit lutter avec un piano de saloon pour la domination des lieux. On est bien loin de Johnny Lee HOOKER, c'est une réalisation très mainstream qui permettra certainement à de nombreux djeuns d'aller jeter une oreille sur les classiques.

Et des reprises donc ! La "Lover" de Jeanette MCDONALD se pose en titre pop, avec ses percussions tribales. La structure de la composition permet à Duane de poser quelques jalons techniques comme l'emploi du legato, très sympa et original. L'enjouée "Just Because" est d'une trempe on ne peut plus poppy. "Tuxedo Junction" perd un brin de l'allant swing donné par la version célèbre de Glen MILLER qui a ma préférence. La courte "Trouble In Mind" perd au fil des reprises son identité jazzy pour se fondre dans un moule rock. Duane lui donne un aspect très pop à nouveau, les orchestrations y sont propres et dépouillées.

"Along The Navajo Trail" est la resucée d'un standard de Roy ROGERS, idole sacro sainte de la parfaite Amérique, sans peur face à des indiens bouffeurs de chair fraîche. La reprise est discrète, propre et manque sans doute un peu de relief. Puis, on note une inflexion assez moderne sur la rythmique de "Hard Times", qui couplée au sax joyeux, est révélatrice de la bonne humeur de ces années de gloire, et nous avons enfin un solo à nous mettre sous la dent, c'est suffisamment rare pour être souligné, l'époque n'est vraiment pas à la démonstration. On en termine avec le bonus "Saint James", immense classique du répertoire américain, rendu célèbre par Louis ARMSTRONG en 1928. Une version honnête proposée par Duane qui ne se foule guère et laisse ses sbires briller, le résultat restant appréciable.

Duane EDDY représente le côté light de la force là où un Link WRAY en sera le coté dark. Chacune de ses compositions ou de ses reprises est indéniablement marquée au fer rouge d'un single "pop" presque étonnant au regard d'une époque où le rock instrumental débute à peine. Bien sûr, impossible de classer Duane ailleurs qu'en rock'n'roll, mais les amateurs de roots en seront pour leurs frais, car en fait de sueur et de larmes, ils ne trouveront ici que calme, pondération et un son déjà très travaillé. On regrette d'ailleurs que, à quelques exceptions près, Duane ne se lance pas plus techniquement parlant, là où Eddie COCHRAN et Link WRAY l'ont déjà fait et pavent la voie vers l'excellence dans le monde du rock. Je reste donc, malgré la présence de "Peter Gunn", sur un trois solide.

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1. Peter Gunn
2. Only Child
3. Lover
4. Fuzz
5. Yep
6. Along The Navajo Trail
7. Just Because
8. Quiniela
9. Trouble In Mind
10. Tuxedo Junction
11. Hard Times
12. Along Came Linda
13. Saint James



             



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