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- Style : The Beatles , The Kinks

The ZOMBIES - Begin Here (1964)
Par ERWIN le 13 Mai 2020          Consultée 247 fois

Vous connaissez Saint Albans ? Nenni ? Vous êtes des béotiens, cette ville possède avec sa magnifique cathédrale un pur joyau du patrimoine néogothique britannique. Sinon ? Bah c'est la banlieue un peu lointaine de Londres. Non ce n'est pas tout, c'est aussi la ville d'origine des ZOMBIES... Comment ça c'est Atlanta ? Oh, on regarde pas Walking Dead ici, bande de décérébrés netflixeux ! Ce groupe est l'un des majeurs du British Boom, rien que ça ! On éteint netflix et on lit sagement. C'est donc l'organiste Rod Argent qui est à l'origine du groupe, se greffe rapidement le chanteur Colin Tumbstone, pas mal des membres font partie de chorales d'église à l'origine, voilà qui n'est pas banal ! Ils gagnent un concours organisé par le quotidien londonien Evening news, et les voilà signés par Decca pour un premier album !

C'est un riff de gratte et un chant bien agressif qui attaque l'introductive "Roadrunner". On sent de suite que leur conception de la musique est plus "méchante" que celles de leurs collègues BEATLES ou HERMAN'S HERMIT, les breaks sont légions, il y a une nette inflexion vers la jam, tout ça n'a rien de propret, quoiqu'il fallait s'y attendre avec une reprise de Bo DIDLEY, preuve du bon goût des jeunes gens. Déployant la même énergie, voici une étoile particulièrement brillante avec "Work'n'Play", qui, sur un rythme bien appuyé et une atmosphère chargée en darkness, voit l'harmonica de Rod prendre le pouvoir. Une belle compo superbement arrangée pour eux par Ken JONES.

C'est donc incontestablement Rod ARGENT qui est le leader du groupe. Son orgue est omniprésent et c'est lui qui insufle une portée baroque aux compositions. "She's Not There" est le titre emblématique de la première époque des ZOMBIES, elle atteint le sommet du billboard américain et s'impose comme un des grands classiques de l'année 64, une petite merveille de pop ciselée de main de maître par Rod, les mix des voix du groupe font mouche à chaque instant, jusqu'à cette belle vidéo au ton baroque qui restera à jamais symbolique. C'est court mais que c'est bon ! La suivante "Tell Her No" aura aussi une très belle destinée au sommet des charts, composition certes moins remarquable, mais les choeurs et le ton général restent très adictifs, avec une rythmique de guitare bien moderne.

Rod amène trois titres de plus : à peine en deçà, c'est un autre slow ultra romantique et vraiment dark qui se présente avec "I remember When I Loved Her", le solo d'orgue est à se damner ! Comme souvent, le bassiste Chris White joint sa voix à celle de Colin pour transcender le chant vers des contrées filiales des EVERLY BROTHERS et du KINGSTON TRIO. "The Way I Feel Inside" permet à Colin Bluntstone de montrer à nouveau sa jolie voix sur une bluette toujours soutenue par l'orgue sans pareil de Rod ARGENT. Enfin, c'est un nouveau beat très dans l'air du temps qui drive "Woman", avec gratte et orgue à l'unisson, la basse véloce de Chris White et le chant parfois écorché de Colin.

Le bassiste Chris White s'est pointé avec trois compositions dans sa besace, lui qu'on retrouve systématiquement aux très efficaces backing et harmonies vocales du groupe. La polissonne et répétitive "I Don't Want To Know" est très pop et tout à fait dans l'air du temps, alors que "What More Can I Do" déploie une belle énergie sous la houlette du bon berger qu'est Mr Argent, avec un solo de gratte de Paul Atkinson pas piqué des vers pour l'époque, tout cela renforce cette sensation mixant un aspect très esthétique et une puissance assez rare pour cette lointaine année. En revanche, "Can't make Up My Mind" ne brille que par son refrain.

Les boys laissent aussi libre court à leur admiration pour leurs aînés du Rythm'n'Blues, ainsi le dyptique "You've Really Got A Hold On Me/Bring It On Home" signée Sam COOKE et Smokey ROBINSON leur permet d'adapter le blues à leur sauce si originale. La "Sticks And Stone" de Titus TURNER nous rapproche des BEATLES à la même période, l'orgue de Rod ARGENT en plus tout de même, avec un solo infernal, et une guitare qui ne se laisse pas compter fleurette. On note bien plus d'agressivité, le chant de Colin en est une preuve éclatante. On signale aussi l'harmonica sifflante de Rod sur la tonique version du standard "I Got My Mojo Working" de Muddy WATERS.

On en termine avec une reprise de "Summertime" particulièrement gonflée ! Le rythme enlevé n'enlève rien à la beauté de la compo, l'orgue se chargeant avec les choeurs de positionner un aspect romantico noirâtre. Je suis le premier étonné, on s'attendait à une méga catastrophe, mais les jeunes gens ont su être créatifs tout en restant respectueux : GERSHWIN sous le British Boom, ça existe ! Cela nous enjoint à une analyse assez unique pour un groupe britannique : car si les ZOMBIES gagnent avec ce premier album une reconnaissance déjà internationale conquise de haute lutte, ils se signalent par un style original et baroque qui n'appartient qu'à eux, et qui en fait un des groupes leaders du mouvement.

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   ERWIN

 
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- Colin Tumbstone (chant-guitare)
- Rod Argent (claviers-harmonica-chant)
- Paul Atkinson (guitare)
- Chris White (basse)
- Hugh Grundy (batterie)


1. Roadrunner
2. Summertime
3. I Can't Make Up My Mind
4. The Way I Feel Inside
5. Work'n'play
6. You've Really Got A Hold On Me/bring It On Home
7. She's Not There
8. Sticks And Stones
9. Can't Nobody Loves Me
10. Woman
11. I Don't Want To Know
12. I Remember When I Loved Her
13. What More Can I Do
14. I Got My Mojo Working
15. Tell Her No



             



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