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- Style : The Beatles , The Kinks

The ZOMBIES - Odessey And Oracle (1968)
Par ERWIN le 15 Mai 2020          Consultée 330 fois

Suite au succès de leur premier album dans le monde entier et aux substantielles tournées des groupes du British Boom aux states, les ZOMBIES tentent rapidement de remettre le couvert mais la reconnaissance fuit leur différentes tentatives de coller à "She's Not There" et "Tell Her No". Parfois, inexplicablement, ça ne marche pas. En conséquence, Decca ne souhaite pas se lancer dans le grand bain d'un nouveau LP pour "assumer" la carrière du groupe. Le temps passe donc ainsi, et on ne retrouve nos morts-vivants que trois ans plus tard, grâce à un deal signé in extremis avec CBS pour enfin poser un deuxième album sur le microsillon. Un temps bien long pour rester au sommet des charts et dans les coeurs des fans.

Un peu moins de la moitié des compositions sort de l'orgue de Rod Argent, toujours leader de l'engin des morts-vivants. Dès les premières notes de "Care Of Cell 44", le ton est très enjoué et la jolie mélodie facile à retenir. Choeurs judicieux, basse à la Macca, pour le coup il semble bien que les natifs de St Albans sont devenus de vrais émules des BEATLES de Liverpool. La ritournelle demeure efficace sur "I Want Her She Wants Me", mais je trouve qu'on reste dans un domaine sous BEATLES, voire sous BEACH BOYS. Le travail des harmonies vocales est éloquent à cet égard. Cependant, ça tourne magnifiquement sur la douce "A Rose For Emily", une magnifique mélodie que Brian WILSON, tête pensante des BEACH BOYS, aurait aimé composer. Et tandis que "Time Of The Season" sonne très garçon de la plage à nouveau. On retrouve encore une pop élégante sur "Hung Up On A Dream", de la belle ouvrage assurément. Certes, certes... sympa .. Mais où est donc passé le talent de Rod pour pondre des hymnes baroques ?

Tout le reste de l'album sort de l'escarcelle du bassiste Chris White, soit 7 compositions ! Mais il y a du lourd ! En effet, je vous admoneste d'aller tenter l'écoute de "Butcher's Tale", chantée par Chris, une comptine baroque sur la guerre de 1914 et les massacres de la der des der. Enfin, un essai qui trouble l'auditeur et l'envoie sous d'autres cieux. Ce mellotron qui dispense une mélodie quasi psychiatrique, c'est hypnotique et vraiment addictif, on croirait entendre John LENNON. Comme quoi, le discret bassiste était capable du meilleur. "Maybe After She's Gone" est un instant de pure grâce céleste, les arpèges de la guitare d'Atkinson égrènent de superbes notes jusqu'à un refrain qui ne manque pas de classe.

Pour le reste, un piano pop drive "Brief Candles", qu'on jurerait sorti de la besace des fab four. Voyez aussi la mélodie friponette à la McCARTNEY sur "This Will Be Our Years". Certes, les mélodies se laissent bien apprivoiser mais manquent aussi d'originalité, "Changes" nous renvoie encore aux sonorités développées par Brian WILSON pour les BEACH BOYS ces dernières années. Le travail sur les choeurs est remarquable, même si les percussions me semblent incongrues dans un tel environnement. Encore une petite comptine pop avec "Friends Of Mine" alors que nous avons un joli travail sur les voix de la psychédélique balade "Beechwood Park", avec un orgue sépulcral. On est tout proche des ambiances du Sergent Pepper, précédemment enregistré à Abbey Road. De plus, Rod joue sur le Mellotron du Johnny LENNON oublié à la fin des sessions.

Il y a visiblement plus de substances illicites dans cet album que dans le précédent. En 64-65, nous étions en plein boom britannique, mais en 68 le flower power et les hippies prennent le pouvoir, ça se sent dans le look de la pochette, dans les thèmes abordés et dans la musique elle-même. Le rock et la sauvagerie présents dans le premier album ont totalement disparu au profit d'une pop presque outrancière entièrement tournée vers les grands classiques des BEATLES et des BEACH BOYS. Dans le processus, les ZOMBIES ont perdu à mon sens une bonne partie de leur attrait de morts-vivants et tous les aspects baroques de leur musique si originale ont disparu. C'est là que le bât blesse à mon sens.

Cet album est toutefois gratifié d'une mirobolante 100eme place dans le classement de Rolling Stone, place que j'aurais plus volontiers donnée à leur premier opus. Les goûts ne se discutent pas ! C'est du sous Sergent Pepper ou du sous Pet Sounds malgré quelques fulgurances. Je reste donc sur un trois sévère, mais je recommande vivement cet album aux amoureux de pop élégante et raffinée. Le groupe ne survivra pas à ce second album et il faudra attendre plus de 20 ans pour voir leur retour, mais la transition peut se faire via le groupe ARGENT à venir.

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   ERWIN

 
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- Colin Blunstone (chant)
- Rod Argent (claviers)
- Paul Atkinson (guitares)
- Chris White (basse)
- Hugh Grundy (batterie)


1. Care Of Cell 44
2. Rose For Emily
3. Maybe After He's Gone
4. Beechwood Park
5. Brief Candles
6. Hung Up On A Dream
7. Changes
8. I Want Her She Wants Me
9. This Will Be Our Year
10. Butcher's Tale (western Front 1914)
11. Friends Of Mine
12. Time Of The Season



             



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