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The STROKES - The New Abnormal (2020)
Par NESTOR le 14 Avril 2021          Consultée 2072 fois

Cela faisait sept années que les STROKES avaient disparu de mon univers musical, après le décevant Comedow Machine (2013). A tel point que je n’avais même pas prêté attention à la sortie, en 2016, de leur EP, Futur Present Past. Quelle ne fut donc pas ma surprise, à l’occasion d’une écoute distraite de leur dernier album en date, de me surprendre à dodeliner de la tête et a adhérer totalement aux mélodies Rock évidentes qui s’en échappaient. Une sensation de plaisir qui s’apparentait à celle procurée par leur excellent premier
album : It Is This, dont on va fêter les vingt ans cette année. Sensation non retrouvée depuis ; chacun de leurs albums pâtissant négativement de la comparaison avec leur auguste devancier.

Mais là, peut-être parce que l’on n’attendait plus rien d’eux, la magie opère à plein. Dès l’excellent "The Adults Are Talking", le groupe se montre convaincant avec cette Pop Rock très légèrement teintée d’Electronica (notamment les percussions). C’est simple, mais diablement entêtant. Le constat est le même avec "Brooklyn Bridge to Chorus" : même recette et même résultat. Du Rock bien propre et domestiqué que vient titiller de timides ajouts Electro sous la forme de petits gimmicks diablement efficaces. Et cela fonctionne à merveille : l’impact est immédiat. Avec "Selfless", le groupe montre une autre facette de son talent. The STROKES s’y fait plus langoureux, plus nonchalant, et cela lui sied à merveille. On retrouve ce style moins entrainant sur "Not The Same Anymore" dont le refrain est magnifié par une superbe partie de guitare, ou bien sur le plus électronique et planant "At The Door". Et à chaque fois le groupe se montre très convaincant.

Dans ce dernier titre, l’intro et le chant possèdent une petite saveur qui évoque parfois un mix entre "Nantes" de BEIRUT et le "To France" de Mike OLDFIELD. Ce sentiment de « déjà-vu » n’est pas isolé. Dans "Why Are the Sunday So Depressing", la voix fait penser à celle de Tommy CHRIST (SCATTERBRAIN), dans "Eternal Summer" c’est un peu le Mike JAGGER, époque Emotional Rescue que l’on perçoit parfois. Dans "Bad Decisions", c’est la voix d’Iggy POP qui transparaît en filigrane sur le final. Ce dernier titre est un peu particulier puisque le refrain reprend la ligne mélodique du "Dancing With Myself" de GENERATION X (Kiss Me Deadly, 1981) qui sera popularisée par la suite par le chanteurs de ces derniers, Billy IDOL.

Le résultat est assez étrange et bien en deçà de la version originale dont elle s’éloigne en optant pour un choix bien plus mélodique et soft. Notamment du fait d’un chant autotuné bien moins agressif que celui de son premier interprète. The STROKES réitère cet exercice de style avec plus de bonheur dans le très bon "Eternal Summer" qui incorpore la mélodie de "The Ghost in You" (Mirror Moves, 1984) des PSYCHEDELIC FURS. Difficile de comprendre ce qui a présidé au choix de tels arrangements qui ne sont pas sans rappeler, dans l’esprit, certaines des reprises torturées d’Alpha BLONDY, dans lequel celui-ci s’affranchit parfois des paroles ou de la mélodie.

Tout au plus peut on remarquer que presque toutes ces références (à l’exception de SCATTERBRAIN et de BEIRUT) ont un point commun temporel : le début des années 80. Cela se ressent également dans la légère coloration « NEW ORDER » que THE STROKES utilisent sur certains titres / passages, à l’image de “Brooklyn Bridge To Chorus” et "Bad Decisions". Mais comme il flotte également un esprit un peu seventies sur la construction de certains titres et une production très actuelle, cela donne un ensemble très bien agencé.
D"autant plus que l’album est suffisamment varié pour que ces influences / hommages soient plus considérées comme des sources d’enrichissement que des pannes d’inspirations.

Car la monotonie ne pointe jamais le bout de son nez dans ces neuf titres qui flirtent pourtant parfois avec de la Pop un peu facile. Au-delà du talent du groupe, cela est peut-être à mettre au crédit du Producteur Rick RUBBIN qui a poussé le groupe à expérimenter sans se départir de son style de prédilection.
Cette recherche de nouveaux horizons est particulièrement sensible sur le travail effectué sur les guitares d’un "Why Are Sundays So Depressing", et sur la capacité de THE STROKES a passer d’ambiances plombées et mélancoliques, à des titres bien plus primesautiers et légers.

Et lorsque l’on relève les compteurs, force est de constater que plus de la moitié des titres ont le statut de tube évident : "The Adults Are Talking", "At the Door", "Eternal Summer", "Ode to the Mets", "Not The Same Anymore", "Brooklyn Bridge to Chorus"), et que les autres sont tous sauf des morceaux dispensables.
Ce qui montre à quel point se retour aux affaires des STROKES est a prendre au sérieux.


PS : Le titre, The New Abnormal, provient d’un discours de Jerry BROWN, ancien gouverneur de Californie, prononcé lors des gigantesques incendies qui ont traversé son état en novembre 2018. Incendies qui ont été présentés alors comme étant des catastrophes appelées à se répéter et à devenir une "nouvelle normalité". Pour BROWN, ces tragédies doivent plutôt être assimilées à des "nouvelles anormalités".

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   NESTOR

 
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- Julian Casablancas (chant)
- Albert Hammond Jr. (guitare)
- Nick Valensi (guitare)
- Nikolai Fraiture (basse)
- Fabrizio Moretti (batterie)


1. The Adults Are Talking - 05:09
2. Selfless - 03:42
3. Brooklyn Bridge To Chorus - 03:55
4. Bad Decisions - 04:53
5. Eternal Summer - 06:15
6. At The Door - 05:10
7. Why Are Sundays So Depressing - 04:35
8. Not The Same Anymore - 05:37
9. Ode To The Mets - 05:51



             



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