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2004 Hot Fuss
2006 Sam's Town
2021 Pressure Machine

The KILLERS - Pressure Machine (2021)
Par NESTOR le 29 Août 2021          Consultée 1284 fois

C’est peu dire que le Covid19 a été un facteur stimulant pour The KILLERS. En effet, moins d’un an après la sortie de Imploding The Mirage les Américains sortent leur septième album, tout en annonçant qu’ils travaillent d’ores-et-déjà à son successeur. Et ne croyez pas pour autant que le groupe se contente de dupliquer une recette bien rodée, car ce Pressure Machine constitue une évolution marquée pour ceux qui étaient jusqu’alors plus connus pour leur Rock énergique et pétillant. The KILLERS propose en effet ici une sorte d’Indie-Folk apaisé, majoritairement acoustique.

A l’image de "Quiet Town", et son harmonica typiquement américain, beaucoup de chansons de cet album semblent tout droit sorties d’un album de Bruce SPRINGSTEEN, période Nebraska. Ce qui fait sens lorsqu’on sait que le concept de cet album est de dépeindre la vie dans les petites villes du middle-East américain, un sujet qu’affectionne tout particulièrement le Boss. Et un univers dans lequel a vécu le chanteur/compositeur Brandon Flowers, issu d’une famille Mormon du Nevada. Cette parenté a vu son aboutissement avec "Dustland", version réenregistrée de "A Dustland Fairytale" (Day And Age, 2008), un single paru en milieu d’année sur lequel SPRINGSTEEN est présent. De manière assez surprenante, ce titre n’a pas été intégré dans Pressure Machine.

Sur ce dernier, les rythmes sont en majorité très lents, même si tous ne sont pas aussi alanguis que le minimaliste "Terrible Thing" qui évoque, lui, la période Folk de Bob DYLAN. Les titres plus énergiques sont rares. On peut principalement citer "Sleepwalker" et "In The Car Outside" qui, au-delà de son intro typé New-Wave surprenante, possède un petit côté "Born To Run" (Born To Run, 1975).

Comme à son habitude, Brandon Flowers fait preuve d’un réel talent pour nous immerger dans des histoires racontant la vie quotidienne d’anonymes. Il y narre leurs destins disparates, leurs relations avec les pressions communautaires et religieuses auxquelles ils sont exposés. Avec une pudeur légèrement teinté de cynisme, il nous conte les petites joies et les échecs qui jalonnent la vie des habitants de ces petites villes qui semblent oubliées de tous, de ces quartiers où violence familiale, poids des traditions, fraternité et solidarité coexistent tant bien que mal. C’est la plupart du temps touchant et dépaysant.
On peut cependant regretter que beaucoup de titres soient précédés de petites interviews de personnes dont le thème introduit la chanson à venir. Cela a tendance à casser l’ambiance et le charme insidieux du disque.

Une fois passé la surprise que constitue l’écoute de cet album, et la déception de ne pas retrouver les hymnes entraînants qui faisaient la réputation du groupe, il y a lieu de reconnaître que la qualité est au rendez-vous. Notamment du fait des vocaux de Brandon Flowers qui n’ont jamais été aussi variés, à tel point que sur "Pressure Machine" on en vient à se demander si une chanteuse ne vient pas l’épauler sur certaines parties, comme c’est le cas sur "Runaway Horses" où la chanteuse Phoebe BRIDGERS vient doubler discrètement sa voix sur les refrains. Mais également du fait d’une clarté dans l’enregistrement des guitares qui rend l’ensemble très agréable.

Et si l’on parvient à faire son deuil du passé de THE KILLERS, et à ne pas trop comparer Pressure Machine à la discographie de Bruce SPRINGSTEEN, on a toutes les chances de plonger avec délice dans cet univers trouble et ensorceleur porté par un Rock-Folk de haut vol, d’autant plus que les excellents titres sont nombreux. Avec notamment l'entame de toute beauté de "West Hills" où Brandon Flowers utilise un chant qui évoque celui de Bono, et l’incandescent "Quiet Town". Parmi les autres moments forts, on peut citer le plus envoûtant et vaporeux "Pressure Machine" ainsi que le dépouillé "Terrible Thing".

Il n’en reste pas moins que si la qualité intrinsèque de Pressure Machine n’est pas contestable, l’orientation artistique de The KILLERS a de quoi surprendre. Après un Imploding The Mirage (2020) qui lorgnait du côté de la période Born In The USA de SPRINGSTEEN, c’est désormais vers la période Nebraska du Boss que le groupe fraye. Il ne faudrait pas que The KILLERS s’enferme dans un projet de type Tribute Band.

Ils ont clairement les atouts pour faire bien mieux que ça.

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   NESTOR

 
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- Brandon Flowers (chant, guitare)
- Dave Keuning (chant, guitare)
- Mark Stoermer (basse)
- Ronnie Vannucci Jr. (batterie)


1. West Hills
2. Quiet Town
3. Terrible Thing
4. Cody
5. Sleepwalker
6. Runaway Horses (avec Phoebe Bridgers)
7. In The Car Outside
8. In Another Life
9. Desperate Things
10. Pressure Machine
11. The Getting By



             



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