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PUNK STONIEN ET STOOGIEN  |  STUDIO

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The DEAD BOYS - We Have Come For Your Children (1978)
Par NOSFERATU le 19 Octobre 2021          Consultée 290 fois

Déjà le titre…qui nous fait penser à cette fameuse photo de Stiv Bators, le chanteur de ce crucial groupe punk américain, posant durant cette époque insensée avec la jolie Brooke Shields, alors agée de 14 ans, toute énamourée avec un sous titre : "Laisseriez vous votre fille sortir avec un DEAD BOYS ?", pastichant le célèbre "Laisseriez vous votre fille sortir avec un ROLLING STONE ?". La belle et la bête en quelque sorte… Ou plutôt Lolita avec un Humbert Humbert destroy… Fin des seventies, donc… Stiv et sa bande traine dans le New-York moite (voir le film d’Abel Ferrara dans son étrange driller killer pour vous donner l’ambiance du moment de la grosse pomme ) avec son pote SID VICIOUS. Il assistera en 79 presque au moment où le bassiste cinglé des SEX PISTOLS poignardera à mort sa copine junkie Nancy Spungen… en affirmant plus tard que ce n’est pas SID qui aurait accompli cet acte désespéré…

Le premier forfait nihiliste des DEAD BOYS, Young, loud and snotty est devenu avec le temps un classique de la vague punk rock de 77. Pour moi, le meilleur disque de cette année de la haine qui allumera la mèche à pas mal de courants postérieurs comme le hardcore, voire le grunge ou même le thrash métal (d’après les dires de Stiv, dans les notes de pochette d’une réédition du disque), prolongeant la violence sonique des STOOGES et la filiation avec la scène garage punk sixties. La maison de disque, Sire Record, pousse à l’enregistrement d’un second disque mais surtout aimerait arrondir les angles. Même le look des garçons morts change légèrement. Des habits provocateurs de nazis bikers félés, on passe à des costumes plus acceptables si l’on peut dire, de dandys décadents avec le costard cravate négligé qui influencera tous les futurs NICK CAVE en devenir… un peu comme celui des copains héroïnomanes de Johnny THUNDERS avec qui le groupe bordeline partage les mêmes obsessions sur les sixties (ROLLING STONES, garage punk…)

La production est un peu plus proprette que sur le premier skeud mais les riffs assassins restent assez acérés. L’atmosphère reste toujours garage, il n’y a qu’à voir le regard fou de STIV sur la pochette et nos DEAD BOYS ne sont pas tombés dans une power pop consensuelle à la CARS. On sent que le groupe le plus violent de cette vague s’est complètement immergé dans cette scène punk new yorkaise dans laquelle il a atterri d’une façon brutale depuis maintenant deux ans. Ainsi "3rd generation nation" qui ouvre les hostilités, a un coté RAMONES avec toujours la voix éraillée de BATORS qui a certainement influencé à la même période en France le Patrick EUDELINE d’ASPHALT JUNGLE. "Flame thrower love", entre DAMNED et HEARTBREAKERS dans sa construction, montre notre STIV plus agressif dans le chant. "Big City", sorte de heavy pop du meilleur gout, n’est pas loin du florilège des DICTATORS. "Calling on you" louche vers le BLONDIE première époque avec toutefois une férocité toute pistolienne.

Ces influences proprement locales montrent ainsi trois aspects du combo, un coté plutôt poppy appuyé mais qui n’enlève pas la violence originelle, marque de fabrique de ce dernier. Et aussi une dominante stonienne plus accentué. Le coté pop s’entend sur le chouette garage pop à la REAL KIDS de "I won’t look back" avec les vocaux du producteur Felix Pappalardi (oui le type du groupe hard rock classique MOUNTAIN, comme quoi…). La facette plus stoogienne s’illustre par l’hymne "I (I Don't Wanna Be No) Catholic Boy" avec les vocaux de deux RAMONES aux choeurs (Joey et Dee Dee). De même que sur "Son of sam" avec son introduction marquée par les aboiements d’un chien (D’IGGY aux "punks à chien", les punks, on le sait, ont toujours été attirés par les canidés…), son chant menaçant à la ALICE COOPER, l’idole de Stiv, ses bruits de pas, sa sirène de police, montrant une ambiance sordide des bas fonds new yorkais que l’on retrouve dans les premiers titres de leurs potes anglais DAMNED. Et surtout sur le dépressif "Ain’t no fun" repris plus tard par GUNS AND ROSES avec Michael MONROE d’HANOI ROCKS (autres grands suiveurs devant l’éternel) sur le bancal album de covers punks dénommé The spaghetti incident.

Pour ce qui est de l’influence des STONES, le disque est marqué par la reprise au vitriol de "Tell me" originellement composé en 64 par la bande à BRIAN JONES. Le groupe anglais emblématique du british boom a été une révélation pour Stiv comme pour beaucoup de jeunes garageux américains, bien qu’il fusse condamné à être le groupe stadium fadasse que nous connaissons encore aujourd’hui annonçant paradoxalement, on ne le répétera jamais, quitte à choquer les punks intégristes, le garage américain, les STOOGES et le punk. Comme les HEARTBREAKERS, le gang sauvage de BATORS affiche donc ses racines stoniennes qui se retrouvent aussi sur ce Dead and alive, préfigurant le courant sleaze… presque du LORDS OF THE NEW CHURCH (le futur grand groupe de Stiv des années 80) avant l’heure…

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   NOSFERATU

 
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- Stiv Bators (chant)
- Jimmy Zero (guitare et chœurs)
- Johnny Blitz (batterie)
- Cheetah Chrome (guitare et chœurs)
- Jeff Magnum (basse)


1. 3rd Generation Nation
2. I Won't Look Back
3. (i Don't Wanna Be No) Catholic Boy
4. Flame Thrower Love
5. Son Of Sam
6. Tell Me
7. Big City
8. Calling On You
9. Dead And Alive
10. Ain't It Fun



             



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