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The DEAD BOYS - Young Loud And Snotty (1977)
Par NOSFERATU le 11 Juillet 2016          Consultée 559 fois

Quand on me pose la question suivante, « dans le punk rock, tu préféres les CLASH ou les PISTOLS ? », à chaque fois, c’est la même réponse : « les DEAD BOYS ». D’où une nette préférence pour le punk américain découlant des sonorités « garage » des sixties et pour ce qui suivra là-bas ensuite avec le hardcore, la no wave, etc.

A l’origine de l’histoire des garçons morts, des types peu fréquentables traînent leur « no fun » à Cleveland, ville hypersinistrée économiquement, considérée comme le trou du cul du monde par les « loosers » du coin. La genèse du commando furibard commence ainsi par le groupe matrice ROCKET FROM THE TOMBS (quel super nom !), actif durant les années 1974-1976 dans la scène proto punk locale, ne jurant que par les STOOGES et CAPTAIN BEEFHEART. Par la suite, certains membres, dont l’extravagant David Thomas, forment les délirants PERE UBU, d’autres les DEAD BOYS, prévisageant ainsi un inquiétant « no future ».

Ces derniers migrent rapidement vers New York, ville alors en pleine effervescence punk. Mais nos punks de l’Ohio se trouvent rapidement une proximité avec surtout les NEW YORK DOLLS qui jouaient alors un glam rock dévastateur et les RAMONES, adeptes d’un minimalisme rock sans concession. Ils se retrouvent moins dans le côté « arty » du courant incarné par la PATTY SMITH et les TELEVISION. Joey Ramone, leader de qui vous savez, est impressionné par leur attitude « borderline », leurs dégaines ( une synthèse du look de bikers, de zonards et de nazis psychédéliques) et la zique sauvage qui va de pair. Il leur trouve alors un appart puis, étant un pilier du fameux CBGB, les invite rapidement dans ce bar louche où toute la scène « hors norme » new yorkaise fait ses armes. Hilly Kristal, le patron, devient même leur manager après avoir vu leurs shows cataclysmiques.

Sur scène, leur chanteur Stiv Bators incarne, en effet, à lui tout seul ses deux idoles, ALICE COOPER et IGGY POP, poussant l’outrage à son paroxysme, mimant des pendaisons, des fellations, n’hésitant pas à se mutiler. Une légende (forcément urbaine) dit que c’est lui qui aurait donné à l’Iguane le fameux pot de beurre de cacahuètes avec lequel ce dernier s’enduira le torse durant le concert mythique de Cinccinati en 70. On parlera ici de live ultra destroy. Si vous voulez savoir ce qu’est réellement la punkitude, visionnez les vidéos des BOYS en cette fin fracassante des « seventies » et vous comprendrez mieux. Dans les salles, des adeptes du bruitisme post punk à venir aussi divers que les futurs membres des TEENAGE JESUS, d’OVERKILL ou des BAD BRAINS prennent des notes. Vous pourrez y voir une certaine LYDIA LUNCH, la future sorcière « no wave » alors âgée de 16 ans, avouer durant une interview filmée au CBGB avoir couché avec tous les membres du groupe.

Hilly présente les sauvageons à la productrice Genya Ravan qui leur réserve l’Electric Ladyland, le studio d’un certain JIMI HENDRIX ! En moins de trois jours, les futures démos sont enregistrées à un rythme d’enfer, donnant l’ossature du premier album. L’enregistrement est « live », le tout est joué sans fioritures et les types de la compagnie Sire records qui les ont embauchés hallucinent devant l’hyper violence dégagée, ces sons directs (« in your face « comme on dirait actuellement) incroyablement abrasifs. La pochette nous plonge déjà dans un univers urbain inquiétant, genre « les guerriers de la nuit ». On y voit nos DEAD BOYS aux aguets, dans une rue sombre, un gang prêt à en découdre visiblement. Et c’est effectivement le cas dès qu’on écoute la galette. Déjà, il y a le célèbre hymne, « sonic reducer », vieux morceau des ROCKETS, dont l’auteur serait David Thomas, qui ouvre ce premier album marquant l’histoire tumultueuse du punk rock. Un roulement de batterie et un riff entêtant qui vous entrainent irrémédiablement dans un tsunami sonore terriblement raw and roll.

La guitare de Cheetah Chrome bien acérée rend hommage aux solos ravageurs de Wayne Kramer (MC5). La voix éraillée de Bators est pleine d’arrogance. On dirait un ado perturbé même si le bonhomme quand le disque sort a quand même 28 balais, mentant bien souvent à cette époque sur son âge ! Et tout le disque est de cet accabit. On sent l’influence avouée des STOOGES évidemment, du MC5 et de tous les groupes estampillés garage des « sixties ». Bators citera plus tard aussi parmi elles, les STONES époque Brian Jones, les DOORS et les plus méconnus PAUL REVERE AND THE RAIDERS. Le « skeud » crée ainsi la marque de fabrique du punk américain, différente des copieurs « rosbifs ». Le côté stoogien ressort allègrement au début de « all this and more », dont la rythmique tribale rappelle le « no fun » de la bande à Iggy ainsi que dans certains lyrics (« ain’t nothing to do »). Sur l’incroyable « I need lunch », les vocaux rappellent l’ALICE COOPER décadent des « early seventies », le titre évoquant un jeu de mots avec la groupie citée plus haut.

« What love is » aurait pu être créé par les DAMNED (j’ai failli dire GBH pour le son de gratte incendiaire) s’ils avaient vécu sur la côte est des Etats-Unis. Le terrible « Down in flames » est chaotique à souhait. Les DEAD KENNEDYS de « chemichal warfare » ont certainement écouté en boucle ce dernier. Les riffs ultra punk de « Ain’t nothing to do » (dont DEMOLITION 23 fera plus tard une excellente reprise, mieux que celle de ces opportunistes friqués nommés GUNS N ROSES) ont été pompés par tous les adeptes de la formule «trois accords déglingués » à travers le monde. La fausse ballade « not anymore » se transforme en complainte malsaine, d’une très grande noirceur. Seul le morceau extrait d’un concert, « hey little girl » apporte un soupçon de mélodie au milieu de ce carnage décibélique.

Çà canarde donc sévérement. A côté de ce chef-d’œuvre du destroy binaire sorti en 77, les chansonnettes des RAMONES sonnent (presque) comme du gentil BEACH BOYS, celles des PISTOLS comme du MONKEES poppy, celles des CLASH comme du vulgaire UB 40. Un concentré donc de « high energy » primaire mais terriblement vital.

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   NOSFERATU

 
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- Stiv Bators (chant)
- Cheetah Chrome (guitare)
- Jimmy Zero (guitare)
- Jeff Magnum (basse)
- Johnny Blitz (batterie)


- sonic Réducteur
- all This And More
- what Love Is
- not Anymore
- ain't Nothin' To Do
- caught With The Meat In Your Mouth
- hey Little Girl
- i Need Lunch
- high Tension Wire
- down In Flames
- medley 'not Anymore/ain't Nothin' To Do



             



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