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FREE - Fire And Water (1970)
Par BAAZBAAZ le 23 Septembre 2012          Consultée 1986 fois

Ouvrir le dossier Fire and Water implique de se pencher sur le cas de « All Right Now », énorme single joué inlassablement sur toutes les radios rock du monde depuis plus de quarante ans. Son origine remonte à 1969. Faute d’avoir vendu beaucoup d’exemplaires de ses premiers albums, FREE multiplie les tournées et se taille une solide réputation live. Mais son répertoire, constitué avant tout de mid-tempos bluesy, limite la quantité d’énergie brute que ses membres peuvent déployer sur scène. Le groupe est frustré de finir ses concerts sous les applaudissements polis d’un public un peu anesthésié. Afin de dynamiter ses performances, il décide de rompre avec le style – viscéral mais peu enclin à hystériser les foules – inventé sur le disque précédent. C’est alors qu’Andy Fraser, dans une bouffée d’inspiration, écrit la chanson qui va tout changer.

Mais que dire alors de « All Right Now », qu’on a sans doute bien trop entendue pour pouvoir en juger sereinement ? Avec son riff doré à l’or fin et son refrain racoleur, elle voit le groupe durcir le ton sans toutefois renouer avec le blues rock des débuts. Délestée de l’aspect sombre et désespéré de Tons of Sobs, cette chanson est plus positive, presque naïve. Mais ce côté très accessible – un peu facile et un peu hard FM – explique son influence : beaucoup en exploiteront religieusement la recette, que ce soit AC/DC (« Highway to Hell » en est une reprise discrète), FOREIGNER (sur « Feels Like the First Time ») ou simplement Paul Rodgers lui-même lorsqu’il en répétera la formule jusqu’à plus soif avec BAD COMPANY. Atypique dans la discographie de FREE, dont elle est peu représentative, il est paradoxal qu’elle en soit considérée aujourd’hui comme le symbole – du moins pour ceux qui ne font pas l’effort d’aller au-delà.

L’album ne saurait être réduit à cette seule composition. Confirmant la rupture avec son disque de 1969, FREE y place quelques brûlots hard rock rêches et rugueux. « Fire and Water » est ainsi un cas d’école de boogie insolent et féroce dont LYNYRD SKYNYRD saura tirer toutes les leçons quelques années plus tard (« Cry For the Bad Man » lui doit beaucoup). Et un sommet est atteint avec « Remember », dont l’indolence feinte s’estompe le temps d’un refrain saisissant. Seule « Mr Big » apparaît ici un peu redondante et moins percutante. Mais l’essentiel n’est pas là. Catapulté à nouveau au cœur de la musique, Kossoff lâche la bride à sa guitare flamboyante et marque chaque chanson au fer rouge. L’osmose au sein du groupe n’a sans doute jamais été aussi forte, et elle ne le sera jamais plus.

Mais Fire and Water n’est pas un simple disque de hard rock. Le groupe y perpétue le style lent et délicat dont il s’est rendu maître : brûlante, empreinte d’une terrible mélancolie, « Oh I Wept » est la preuve brillante de cette continuité. Et puis, surtout, il y a « Heavy Load ». Perle cachée de l’album, ce monument blues rock épique et fiévreux est sublimé par un piano aux accents tragiques. C’est l’une des meilleures compositions de Fraser et Rodgers, à la hauteur des chefs-d’œuvre que l’on trouvera sur Heartbreaker, le magnifique chant du cygne de 1973. Sombre et ardue, elle ne se livre qu’à ceux qui explorent l’âme du groupe et ne s’en tiennent pas aux singles les plus évidents. En comparaison de ces deux réussites, « Don’t Say you Love Me » paraît plus morne et semble annoncer la crise d’inspiration qui a suivi.

L’album sort en juin 1970 et c’est le début de la gloire. L’essai est transformé deux mois plus tard sur l’Ile de Wight, lors d’un concert mémorable où « All Right Now » remplit parfaitement son rôle en électrisant le public. L’ascension est instantanée, et FREE – grâce au succès de cette seule chanson – trouve une place confortable dans l’histoire du rock. Mais d’autres défis s’annoncent : se maintenir au sommet, durer, ne pas devenir prisonnier d’un unique hit, aussi impressionnant soit-il. Le groupe échouera scrupuleusement sur tous les tableaux. Ses membres ont l’impression de s’être vendus, subissent les critiques des puristes et s’épuisent dans d’interminables disputes quant à la suite à donner à Fire and Water. De son côté, le fragile Kossoff profite de la célébrité pour s’envoyer les wagons de drogue qui contribueront à sa déchéance et à sa mort précoce. Le conte de fée, comme souvent, précède de peu le déclin.

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   (2 chroniques)



- Paul Rodgers (chant)
- Paul Kossoff (guitare)
- Andy Fraser (basse)
- Simon Kirke (batterie)


1. Fire And Water
2. Oh I Wept
3. Remember
4. Heavy Load
5. Mr. Big
6. Don't Say You Love Me
7. All Right Now



             



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