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POST-PUNK/EXPERIMENTAL  |  STUDIO

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2021 Bright Green Field

SQUID - Bright Green Field (2021)
Par K-ZEN le 20 Avril 2022          Consultée 412 fois

SQUID. A un certain moment, sans doute, il aurait été utile que je vous définisse le terme, surtout si vous n’êtes pas familier avec un certain Carlo, anti-héros d’un dessin animé plutôt célèbre mettant en scène une éponge jaune. Mais ça, c’était avant cette fameuse série diffusée par N. qui a popularisé le mot plus que de raison. Je ne vous rappellerai donc pas que 'squid', en plus d’un magnétomètre utilisé pour mesurer de faibles champs magnétiques, n’est autre qu’un calamar.

Structuré autour du batteur/chanteur Ollie JUDGE, des guitaristes Louis BORLASE et Anton PEARSON, du bassiste Laurie NANKIVELL et du claviériste Arthur LEADBETTER, notre mollusque à cinq têtes débute officiellement ses activités à Brighton en 2017. Citant NEU ! et THIS HEAT comme influences, ils sortent en 2019 leur second E.P Town Centre très bien accueilli par la critique et produit par Dan Carey.

En mars 2020, ils signent chez Warp qui, décidément, n’est plus l’apanage des simples musiques électroniques à présent. Planifiant une tournée européenne au cours de 2020, ils mettent finalement à contribution le confinement et la pandémie de COVID-19 pour travailler sur leur premier album Bright Green Field. Il est à nouveau produit par Carey, déjà associé à d’autres projets dans la même veine alternative comme BLACK MIDI, FONTAINES D.C. ou BLACK COUNTRY, NEW ROAD.

Dans une interview pour Exclaim !, JUDGE déclare que les chansons composant l’album illustrent les endroits, les évènements et l’architecture existant en son sein. Nos précédentes sorties étaient espiègles et centrées sur des personnages, alors que cet album est plus sombre et concentré sur l’espace même. L’artwork est un bon révélateur, à même d’illustrer pratiquement cette démarche.

L’intérieur nous présente l’oscillation d’un pendule, ainsi que d’autres formes géométriques. Cercles. Triangles. Rectangles. Vagues sinusoïdes. Des intentions mathématiques sur fond d’une rigueur digne d’une froide démonstration. Fidèlement à ce qu’expliquait JUDGE, chaque piste se voit représentée par un ou plusieurs cubes colorés, dont le contenu hétéroclite s’avère impossible à identifier. Le syndrome TOOLien a fait des émules.

Toute aussi énigmatique, cette pochette. Aucune information ne filtre concernant le groupe, ou le titre affublant son œuvre. Comme un parfait manifeste d’intention ? Un ciel bleu. Des plaines, étendues verdoyantes et lumineuses sur lesquelles se voient allongée une présence. Il n’a pas deux trous rouges, mais des multitudes de flèches plantées dans son corps fait de feuilles mortes. Ou n’est-ce qu’une étendue urbaine qui a pris cette forme particulière, vaguement provocante, ce dormeur du val mécanique et manufacturé ?

Après un bref passage au square où on croit deviner le frottis d’une tôle sur des antennes paraboliques, "G.S.K." est un premier indicateur du constituant principal du son SQUID. Un riff coquin, une présence des vents notable, un aspect atmosphérique prégnant, un chant punk halluciné et vaguement démonstratif, aux confins de la flamboyance et un break urban funky à la CERTAIN RATIO. Va-t-on pouvoir en déduire quelque chose de censé pour la suite ? A part la vision d’un building pharmaceutique en plein centre de la cité, ce n’est pas gagné. Un champ lexical similaire anime "Documentary Filmmaker", lente combustion à feu doux dans une anonyme pension pour des millénaires via spoken words nous faisant songer à Tom WAITS voire Nick CAVE. Un titre transbahutant langueur et aigreur perfusées par de fréquentes sautes d’humeur.

"Narrator", monument de confusion décrivant la perte de repères entre réalité, rêves et souvenirs, mêle l’aspect dansant des GANG OF FOUR, le math fébrile concocté par les FOALS, mais aussi les structures mouvantes convoquées par CAPTAIN BEEFHEART en y ajoutant une pincée des martèlements industriels chers aux SWANS dans son intense et imposante conclusion. Intentions, réverbérations, subordination jusqu’à la folie. Dans la directe lignée asymétrique, "Boy Racers" se cancérise doucement jusqu’à aboutir à un break en forme de drone électronique et industriel inquiétant où un sax se débat avec des voix dont on ne sait si elles proviennent de cette carcasse de voiture encastrée dans un arbre ou d’une autre planète. Les choses d’une vie en somme.

Tout aussi intenses sont ces "Pamphlets" finaux traversés par des mellotrons, intitulé plutôt inhabituel d’ailleurs, ou le dissonant "Peel St.", allusion claire à la dernière maison de l’auteur Anna Kavan à Londres et à son livre post-apocalyptique Ice, dont on retrouve certains stigmates sur "2010", au lyrisme rageur hérité d’une fornication entre SLINT et FOALS.

"Paddling", armé d’une boîte à rythmes, sous couvert d’un refrain plus pop – c’est un single ! – et d’excellentes guitares très KING CRIMSON époque new wave, invoque un virus informatique se répandant dans une corrida synthétique. Ambiance similaire d’intercourses d’un aéroport désert ou confins d’un logiciel inconnu sur "Global Groove", feeling post-rock prégnant à la BARK PSYCHOSIS alimenté par un riff syncopé absolument stratosphérique.

Ma première impression globale mettait en exergue un léger manque de tube net pour véritablement avoir affaire à un excellent album. Je me décide tout de même à l’encourager car je pense qu’il va se bonifier avec le temps, une pagaille de constructions à multiples tiroirs où s’entrecroisent genres et influences, croisant même, le temps d’un interlude fantomatique typiquement anglais, les spectres de TALK TALK.

Comme un Trout Mask Replica qui aurait baigné dans une marmite punk.

3.5 arrondi à 4.

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   K-ZEN

 
  N/A



- Ollie Judge (batterie, chant)
- Louis Borlase (guitare)
- Anton Pearson (guitare)
- Laurie Nankivell (basse)
- Arthur Leadbetter (claviers)
- Martha Skye Murphy (chant sur « narrator »)
- Lewis Evans (saxophone alto sur « boy racers », « documentary f)
- Emma-jean Thackray (trompette sur « boy racers », « documentary filmma)
- Charlie Keen (trombone sur « boy racers », « documentary filmmak)
- Nataly Corolscaia (violon sur « g.s.k. » et « 2010 »)
- Yulia Knowles (alto sur « g.s.k. » et « 2010 »)
- Georgia Hannington (violoncelle sur « g.s.k. » et « 2010 »)
- Keith Mcgowan (« racket » sur « boy racers »)


1. Resolution Square
2. G.s.k.
3. Narrator
4. Boy Racers
5. Paddling
6. Documentary Filmmaker
7. 2010
8. The Flyover
9. Peel St.
10. Global Groove
11. Pamphlets



             



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