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MUSIQUE ROMANTIQUE  |  OEUVRE

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- Style : Piotr TchaÏkovski , Antonin Dvorak

Jean SIBELIUS - Symphonie N°1 (berglund) (1899)
Par SASKATCHEWAN le 8 Octobre 2022          Consultée 641 fois

Coincé entre les romantiques et les modernes, entre les XIXème et XXèmes siècles, le compositeur finlandais* Jean SIBELIUS n’a pas toujours recueilli les lauriers qu’il méritait. Il partage en cela une certaine parenté de destins avec RACHMANINOV, MAHLER, BAX ou JANÁČEK, bien que leur musique soit fondamentalement différente. L’injustice, certes, a depuis longtemps été réparée. Qui niera aujourd’hui que l’œuvre de SIBELIUS compte parmi les joyaux de la culture mondiale ? Sa musique, liée de manière inextricable au Kalevala récolté par Elias Lonnröt et mis en peinture par Akseli Gallen-Kalela, a contribué comme nulle autre à sortir la brillante culture finlandaise de l’anonymat.

Ce lien indéfectible à la tradition orale de son pays, SIBELIUS l’a exprimé dès ses premières incursions dans le domaine symphonique, avec Kullervo et la Suite Lemminkäinen. C’est cette dernière œuvre, en particulier la partie intitulée "Le cygne de Tuonela", qui va permettre au compositeur d’accéder à un début de notoriété internationale, et convaincre ce violoniste de formation de consacrer ses meilleures feuilles à l’orchestre complet. Son séjour à Berlin le met en contact avec les plus grands musiciens de son temps ; il se passionnne notamment pour les symphonies de BRUCKNER. Parmi les influences, citons encore TCHAÏKOVSKI avec qui SIBELIUS partage un certain sens de l’envolée grandiose et de la mélodie qui fait mouche, au moins pour ses deux premières symphonies.

La communauté d’âme entre les deux grands est au moins évidente dans l’introduction de la Première Symphonie, où le Finlandais dévoile un thème grandiose aux cordes que le Russe n’aurait pas renié. Avant cela, un timide solo de clarinette s’était élevé sur un fond menaçant de percussions. Ce n’est pas le dernier changement d’humeur que recèle ce premier mouvement dont les tableaux s’enchaînent sans répit. La musique de SIBELIUS, ici, a quelque chose de ces vidéos accélérées qu’affectionnent tant les offices de tourisme, où l’on voit la nature et les curiosités locales défiler dans un tourbillon de couleurs et de lumières. La comparaison, bien que triviale, se veut flatteuse. Toute la Finlande semble se serrer entre les lignes de la partition, les vents et la harpe évoquant les lacs, les sursauts des cordes le surgissement d’une forêt. Les grands compositeurs américains de musique de film ont puisé là quelques-uns de leurs meilleurs tours de magicien.*²

Le flamboiement du premier mouvement à peine dissipé, voilà l’intensité dramatique du second qui emporte tout sur son passage. Le murmure de l’orchestre s’amplifie, s’enhardit, s’accélère, se fait véritable tourbillon, dans un élan qui semble ne jamais vouloir s’arrêter. L’apaisement est pourtant là au bout de la course, comme un ciel majestueux qui surgit après un dédale de rocs et de verdure. Le troisième mouvement, après cela, fait figure d’interlude dispensable. Les cuivres rutilants sont comme engoncés dans leur écrin de cordes. Un jugement sévère qui est avant tout le signe d’une impatience, celle d’aborder la 'presque fantaisie' qui clôt la symphonie.

Le quatrième mouvement est d’abord une mélodie superbe, une promesse tenue, aussi, puisque l’on reconnaît le thème joué par la clarinette au début de l’œuvre. C’est ce timide solo qui va calmer le déchaînement frénétique de l’orchestre et finir par imposer sa voix à tous les instruments. L’orchestre, une fois envoûté, métamorphose cette petite mélodie en thème majestueux, qui amène une conclusion grandiose. La musique, quand elle se hisse à ces hauteurs, laisse croire que le merveilleux est bien de notre monde.

Ce n’est que la première symphonie. Il en reste six. Au XXIème siècle, accessible gratuitement en deux clics. Il ne faut pas passer l’arme à gauche avant d’avoir écouté SIBELIUS. Le Paradis, on n’est jamais sûr de le trouver au bout du tunnel, autant en savourer les quelques traces présentes ici-bas. Le chef d’orchestre Paavo Berglund ne vous dira pas le contraire, lui qui a enregistré trois fois (!) l’intégralité des symphonies de son compatriote. La version chroniquée ici est celle de l’orchestre philharmonique d’Helsinki captée en 1986. Je vous dis que c’est la meilleure et je me sauve avant que les partisans de l’orchestre de Bournemouth ne retrouvent leur sachet de gifles.


* J’utilise plutôt le terme finlandais de préférence à finnois pour parler de SIBELIUS car ce dernier, issu d’une famille suédoise, n’était pas à proprement parler Finnois. Il me semble également que sa musique est 'finlandaise', au sens où elle est étroitement liée à l’émergence de la Finlande en tant que nation puis État. Je garderai évidemment le terme 'finnois' pour parler de la langue.
*² Je pense en particulier à John WILLIAMS. On ne compte plus les on dirait Star Wars provoqués par l’envolée du second mouvement de cette Première symphonie.


Fiche Symphonie n°1
Opus : 39
Date de composition : 1898-1899
Date de création : 1899 à Helsinki
Date d’enregistrement : 1986 par Paavo Berglund et l’orchestre philharmonique d’Helsinki
Références du disque : Intégrale des symphonies et des poèmes symphoniques de Sibelius par Paavo Berglund et l’orchestre philharmonique d’Helsinki. EMI Classics, 2001.

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- Jean Sibelius (composition)
- Pavo Berglund (chef d'orchestre)
- Orchestre Philharmonique D'helsinki


1. Andante, Ma Non Troppo - Allegro Energico
2. Andante, Ma Non Troppo Lento
3. Scherzo: Allegro
4. Finale (quasi Una Fantasia)



             



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