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POST METAL  |  E.P

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2017 Wailing Of The Leonids

E.P

2022 Into The Unknown

WHEN THE LIGHT DIES - Into The Unknown (2022)
Par WATCHMAN le 17 Novembre 2022          Consultée 323 fois

En 2018, à l’occasion de sa chronique de l’album Memorial de RUSSIAN CIRCLES, mon collègue de la rédac Streetcleaner donnait cette merveilleuse définition du post-rock :
Le post-rock ou post-metal n’est pas un style aisé à traduire en mots. Bien sûr, on peut l’appréhender par le côté technique, mais est-ce là le plus important au fond ? Plus que toute autre musique rock ou metal, il a vocation à charrier des images, des atmosphères, des impressions, des sensations, faire parler notre imagination.
Au sein de Forces Parallèles, en bons disserteurs de musique qui se respectent, nous sommes néanmoins toujours disposés à mettre des mots sur l’une des choses pourtant les plus difficiles à définir, décrire et expliquer : l’art.
Et les artistes qui vont ici passer sous le scalpel de notre dissection musicale sont nos amis helvètes de WHEN THE LIGHT DIES qui nous reviennent avec Into The Unknown, un E.P présenté comme un épilogue à l’opus précédent, Wailing of the Leonids, paru voilà déjà cinq ans.
Juste avant de parler de la musique, petit détour rapide par la rubrique potins pour signaler un départ et deux arrivées au sein du line-up. Jack (qui officie également chez les excellents NevBorn) est venu remplacer Julien à la guitare et Gary s’occupe désormais de toute la partie imagerie. Un renfort pertinent lorsqu’on connaît l’importance de cet aspect dans ce style musical.

Wailing of The Leonids avait été conçu comme la narration d’une épopée sidérale de l’humanité à la recherche d’un nouveau foyer. Into The Unknown reprend les choses exactement où elles avaient été laissées. Le disque se compose d’un unique titre de 20 minutes où l’auditeur se voit transporté aux confins des galaxies, retrouvant par la même occasion l’équipage toujours en quête d’une nouvelle terre d’accueil pour l’humanité. On nage toujours dans l'atmosphère de science-fiction dystopique qui avait si bien été traitée par le disque précédent et dont le concept rappelle, dans un tout autre exercice cependant, le désormais cultissime film Interstellar de Christopher Nolan.

Away from the Pleïades
So far from the Leonids
The only wailing
(Is) ringing in our heads […]


Quatre parties peuvent être identifiées dans cette longue composition. La première qui s’échelonne sur les trois premières minutes, nous pourrions l'intituler "Ouverture/Décollage". Le vaisseau repart à l’assaut de l’espace car l’objectif n’a pas été atteint au terme de la première expédition. La seconde phase, qui est aussi la plus longue, s’étale grosso modo de la troisième à la onzième minute. C’est le voyage. L’odyssée spatiale à travers les différents systèmes, habités ou non, où l’équipage doit trouver sa route au milieu de forêts glaciales d’étoiles ainsi que de champs d’astéroïdes menaçants. Mais tout ceci n’était rien avant d’aborder l’étape la plus terrible de cette pérégrination. Terrible car incertaine. Incertaine puisque inconnue par définition. Je veux ici parler du fameux trou noir qui semble les happer entre les onzième et quinzième minutes. Une aspiration dans un long tunnel dénué de lumière. Là où leur appareil paraît remonter l’œsophage d’un béhémoth stellaire pas décidé le moins du monde à régurgiter sa proie. La tension monte clairement d’un cran et la sensation d’oppression se fait plus forte. Toujours plus oppressante à mesure que le temps s’égrène. Le rendu sonore de ce passage n’est d’ailleurs pas sans m’évoquer ce qu’ont pu proposer les Français de Oiseaux-Tempête au cours de leur période Tlamess (Sortilège) en 2020.

[…] Structures are collapsing
And time is shrinking
It’s like we ascent
To a brighter black […]


Mais la ténacité des humains finit par avoir raison de l’obstacle et telle la résurgence d’une rivière après un séjour souterrain, le vaisseau retrouve la lumière de l’infini galactique en réussissant à s’expulser du sinueux et sombre labyrinthe.
Est-ce pour autant l’aboutissement du voyage ? La destination finale, récompense de tous les risques encourus ? L’espoir maintes fois rêvé d’une possible nouvelle terre promise ? Chacun devra se faire sa propre opinion à l’écoute. L’inconnu ne pouvant, par définition et par essence, être formellement ni précisément décrit. À l’image des vocaux sombres, énigmatiques et à consonance quelque peu prophétique qui surgissent à la fin du morceau.

[…] Staring at our own end
Like we’ve always been
Fail is the last word
As we fall into the unknown


Avec Into The Unknown, WHEN THE LIGHT DIES clôt avec brio son chapitre consacré à l’espace. Maîtrisant toujours son savant mélange de post-rock et de post-metal, à la manière de formations telles que If These Trees Could Talk ou encore Isis, le groupe chaux-de-fonnier y incorpore un côté plus imagé que jamais et livre ici un véritable hommage à la conquête spatiale. Ce petit pas d’homme a néanmoins le mérite d'en faire faire un géant au groupe dans sa progression.
WHEN THE LIGHT DIES vous remercie d’avoir choisi sa compagnie. Il ne vous reste plus qu’à bien attacher votre ceinture et à profiter du voyage. Un voyage non pas inattendu, mais bel et bien vers l’inconnu.

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- Fred (guitare, claviers)
- Stéphane (basse)
- Caryl (batterie)
- Jack (guitare)


1. Into The Unknown



             



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